Pour beaucoup aujourd'hui, la question de la résurrection passe au second plan, laissant la place aux réflexions sur l'après-mort, l'immortalité de l'âme, les récompenses et les châtiments d'outre-tombe, le paradis et l'enfer. Or, dans la Bible, sur tout cela, s'il en est dit quelque chose, c'est très peu. De toute évidence, les auteurs bibliques étaient préoccupés non par ce qui nous préoccupe souvent aujourd'hui, mais par tout autre chose: ce qu'ils appelaient la résurrection d'entre les morts.
À première vue, il peut sembler que la différence n'est pas fondamentale: en fin de compte, il s'agit de toute façon de la vie après la mort, et les détails n'ont pas une telle importance. En réalité, la différence entre l'immortalité de l'âme et la résurrection est très grande. Qu'est-ce donc que l'immortalité de l'âme? De quelle vie, de quel après-mort pourrait-on parler dans ce cas?
Du point de vue biblique, l'après-mort qui attend l'homme se révèle assez sombre: il ne s'agit pas d'une vie pleine, mais d'une pitoyable ressemblance de vie qui ne peut guère satisfaire qui que ce soit. Il n'est pas question de disparition complète de l'homme après la mort, mais ce qui l'attend après la mort ne peut être appelé vie qu'avec une grande réserve. Il ne reste de l'homme qu'une ombre; il perd les sentiments, les pensées, il perd presque le souvenir de sa propre vie et du monde des vivants, une ombre où ne couve à peine qu'un reste de conscience. Ce n'est pas par hasard que, lorsque les apôtres virent Jésus ressuscité, ils pensèrent avoir devant eux l'ombre du Maître sortie du tombeau: aucun d'eux n'attendait un autre après-mort, et la rencontre avec une ombre, même celle d'un proche, ne pouvait apporter rien de bon aux vivants. Ni d'un après-mort bienheureux, ni d'une rétribution posthume semblable à celle dont parlent les mythes égyptiens ou grecs, la Bible ne nous dit rien.
En revanche, elle parle de résurrection, et l'image de Jésus ressuscité nous montre très clairement la différence entre l'après-mort et la résurrection. La résurrection n'est pas la conservation des pitoyables restes de la vie après la mort du corps, mais le retour à la vie dans toute sa plénitude, qui exige la transfiguration de la nature humaine elle-même. Telle est précisément l'humanité transfigurée de Jésus ressuscité: d'un côté, il peut passer à travers une porte fermée, qui n'est plus pour lui un obstacle; de l'autre, il est capable de manger la même nourriture terrestre ordinaire que chacun de nous mange. Il n'est pas une ombre; il donne expressément aux disciples de le toucher pour qu'ils s'en assurent. Il est un homme de chair et de sang, bien que cette chair et ce sang vivent selon d'autres lois que celles selon lesquelles nous vivons.
Et il donne aux apôtres la possibilité de comprendre qu'il n'est pas simplement revenu à la vie, mais qu'il a vaincu, surmonté la mort, qui n'a plus de pouvoir sur lui. De même, elle n'a pas de pouvoir sur la vie du Royaume qu'il a apporté au monde et qu'il propose à chacun de nous.
