L'image de Jésus renversant les tables des changeurs, ces bureaux de change antiques, et les bancs des vendeurs de colombes, l'équivalent sioniste du comptoir de cierges, est si inhabituelle...
L'image de Jésus renversant les tables des changeurs, ces bureaux de change antiques, et les bancs des vendeurs de colombes, l'équivalent sioniste du comptoir de cierges, est si inhabituelle qu'au cours de leur vie les chrétiens doivent souvent répondre à des questions perplexes : pourquoi agit-Il ainsi ? Cela contredit radicalement le petit visage sucré de cette peinture religieuse que l'on appelle « troisième moitié du XIXe siècle », mais non le Fils de Dieu réel. Pourtant, en effet, le Seigneur, dont il est dit qu'Il ne brisera pas le roseau froissé et n'éteindra pas la mèche qui fume (Is 42.3), ne devrait apparemment pas agir de la sorte.
Ce que Jésus accomplit à ce moment s'appelle un acte prophétique. Ainsi Osée et Isaïe donnent à leurs enfants des noms symboliques comme témoins de l'accomplissement des prophéties ; ainsi Jérémie achète un champ à Anatoth lorsque tout Israël va être occupé d'un jour à l'autre. Ce sont des images visibles qui entrent dans la conscience de gens qui ne veulent pas écouter, qui ont des oreilles et n'entendent pas. Cependant, cette action du Christ n'est pas une prophétie, mais l'accomplissement d'une prophétie : « Le zèle de Ta maison Me dévore » (Ps 68.10), dit le très célèbre psaume messianique. L'évangéliste Jean, au nom des disciples, écrit au deuxième chapitre de son Évangile qu'ils comprirent précisément ainsi cette action de Jésus : Il agit comme, selon les prophéties, le Messie doit agir.
Franchement, c'est vraiment un signe distinctif du Messie, car nous tous traitons les convenances sociales et les stéréotypes d'onction avec un respect bien plus grand que la sainteté du Tout-Puissant. Parce que Lui nous pardonnera peut-être notre manque de révérence, tandis que la société ne pardonnera pas le reproche, comme elle ne l'a pas pardonné à Jésus.
21
21:1 Mar 11:1; Luk 19:29; Joh 12:12.
21:5 The daughter of Sion - That is, the inhabitants of Jerusalem: the first words of the passage are cited from Isa 62:11; the rest from Zec 9:9. The ancient Jewish doctors were wont to apply these prophecies to the Messiah. On an ass - The Prince of Peace did not take a horse, a warlike animal. But he will ride on that by and by, Rev 19:11. In the patriarchal ages, illustrious persons thought it no disgrace to make use of this animal: but it by no means appears, that this opinion prevailed, or this custom continued, till the reign of Tiberias. Was it a mean attitude wherein our Lord then appeared? Mean even to contempt! I grant it: I glory in it: it is for the comfort of my soul for the honour of his humility, and for the utter confusion of all worldly pomp and grandeur.
21:7 They set him thereon - That is, on the clothes.
21:8 A great multitude spread their garments in the way - A custom which was usual at the creation of a king, Ki2 9:13.
21:9 The multitudes cried, saying - Probably from a Divine impulse; for certainly most of them understood not the words they uttered.Hosanna - (Lord save us) was a solemn word in frequent use among the Jews. The meaning is, "We sing hosanna to the Son of David.Blessed is he, the Messiah, of the Lord. Save. Thou that art in the highest heavens." Our Lord restrained all public tokens of honour from the people till now, lest the envy of his enemies should interrupt his preaching before the time . But this reason now ceasing, he suffered their acclamations, that they might be a public testimony against their wickedness, who in four or five days after cried out, Crucify him, crucify him. The expressions recorded by the other evangelists are somewhat different from these: but all of them were undoubtedly used by some or others of the multitude.
21:11 This is Jesus from Nazareth - What a stumbling block was this!if he was of Nazareth, he could not be the Messiah. But they who earnestly desired to know the truth would not stumble thereat: for upon inquiry (which such would not fail to make) they would find, he was not of Nazareth, but Bethlehem.
21:12 He cast out all that sold and bought - Doves and oxen for sacrifice. He had cast them out three years before, Joh 2:14; bidding them not make that house a house of merchandise. Upon the repetition of the offence, he used sharper words. In the temple - That is, in the outer court of it, where the Gentiles used to worship. The money changers - The exchangers of foreign money into current coin, which those who came from distant parts might want to offer for the service of the temple. Mar 11:11, Mar 11:15; Luk 19:45.
21:13 A den of thieves - A proverbial expression, for a harbour of wicked men. Isa 56:7; Jer 7:11.
21:16 Psa 8:2.
21:17 Mar 11:11-12.
5 p) Dans la pensée du prophète, cet attirail modeste du Roi messianique devait manifester le caractère humble et pacifique de son règne. Matthieu applique cette prophétie à Jésus, Messie humble.
9 q) Terme hébraïque (au sens premier « Sauve donc ») devenu une acclamation, cf. Ps 118.26.
12 r) Ils fournissaient aux pèlerins la monnaie et les victimes requises pour les offrandes. Mais cet usage légitime donnait lieu à des abus.
Les grandes lignes de la vie de Jésus que nous rencontrons chez saint Marc se retrouvent dans l’évangile de saint Matthieu, mais l’accent est mis de façon différente. Le plan d’abord est autre. Récits et discours alternent : 1-4, récit : enfance et début du ministère ; 5-7, discours : sermon sur la montagne (béatitudes, entrée dans le Royaume) ; 8-9, récit : dix miracles montrant l’autorité de Jésus, invitation aux disciples ; 10 : discours missionnaire ; 11-12, récit : Jésus rejeté par « cette génération »; 13, discours : sept paraboles sur le Royaume ; 14-17, récit : Jésus reconnu par les disciples ; 18, discours : la vie communautaire dans l’Église ; 9-22, récit : autorité de Jésus, dernière invitation ; 23-25, discours apocalyptique : malheurs, venue du Royaume ; 26-28, récit : mort et résurrection. On remarquera la correspondance des récits (nativité et vie nouvelle, autorité et invitation, refus et reconnaissance), et le rapport entre le premier et le cinquième discours, et entre le deuxième et le quatrième ; le troisième discours forme le centre de la composition. Comme par ailleurs Matthieu reproduit beaucoup plus complètement que Marc l’enseignement de Jésus (qu’il a en grande partie en commun avec Luc) et insiste sur le thème du « Royaume des Cieux », 3.2 ; 4.17, on peut caractériser son évangile comme une instruction narrative sur la venue du Royaume des Cieux.
Ce Royaume de Dieu (= des Cieux), qui doit rétablir parmi les hommes l’autorité souveraine de Dieu comme Roi enfin reconnu, servi et aimé, avait été préparé et annoncé par l’Ancienne Alliance. Aussi Matthieu, écrivant pour une communauté de chrétiens venus du judaïsme et sans doute discutant avec les rabbins, s’attache-t-il particulièrement à montrer dans la personne et l’œuvre de Jésus l’accomplissement des Écritures. À chaque tournant de son œuvre, il se réfère à l’AT pour prouver comment la Loi et les Prophètes sont « accomplis », c’est-à-dire non seulement réalisés dans leur attente, mais encore menés à une perfection qui les couronne et les dépasse. Il le fait pour la personne de Jésus, confirmant de textes scripturaires sa race davidique, 1.1-17, sa naissance d’une vierge, 1.23, à Bethléem, 2.6, son séjour en Égypte, son établissement à Capharnaüm, 4.14-16, son entrée messianique à Jérusalem, 21.5, 16 ; il le fait pour son œuvre, de guérisons miraculeuses, 11.4-5, d’enseignement qui « accomplit » la Loi, 5.17, en lui donnant une interprétation nouvelle et plus intérieure, 5.21-48 ; 19.3-9, 16-21. Et il ne souligne pas moins fortement comment l’humilité de cette personne et l’échec apparent de cette œuvre se trouvent aussi accomplir les Écritures : le massacre des Innocents, 2.17s, l’enfance cachée de Nazareth, 2.23, la mansuétude compatissante du « Serviteur », 12.17-21 ; cf. 8.17 ; 11.29 ; 12.7, l’abandon des disciples, 26.31, le prix dérisoire de la trahison, 27.9-10, l’arrestation, 26.54, l’ensevelissement durant trois jours, 12.40, tout cela était le dessein de Dieu annoncé par l’Écriture. Et de même l’incrédulité des foules, 13.13-15, et surtout des disciples des pharisiens, attachés à leurs traditions humaines, 15.7-9 et auxquels ne peut être donné qu’un enseignement mystérieux en paraboles, 13.14-15, 35, ceci encore était annoncé par les Écritures. Sans doute les autres synoptiques utilisent-ils aussi cet argument scripturaire, mais Matthieu le renforce notablement, au point d’en faire un trait marquant de son évangile. Ceci, joint à la construction systématique de son exposé, fait de son ouvrage la charte de l’économie nouvelle qui accomplit les desseins de Dieu dans le Christ.
Pour Matthieu Jésus est le Fils de Dieu et Emmanuel, Dieu avec nous dès le début. À la fin de l’évangile, Jésus en tant que Fils de l’homme est doté de toute autorité divine sur le Royaume de Dieu, aux cieux comme sur la terre. Le titre Fils de Dieu revient aux moments décisifs du récit : le baptême, 3.17 ; la confession de Pierre, 16.16 ; la transfiguration, 17.5 ; le procès de Jésus et sa crucifixion, 26.63 ; 27.40, 43, 54. Lié à ce titre-là, on trouve celui de Fils de David (dix fois, ainsi 9.27), en vertu duquel Jésus est le nouveau Salomon, guérisseur et sage. En effet Jésus parle comme la Sagesse incarnée, 11.25-30 et 23.37-39. Le titre Fils de l’homme, qui parcourt l’évangile, culminant à la dernière scène majestueuse, 28.18-20, vient de Dn 7.13-14, où il se trouve en rapport étroit avec le thème du Royaume.
L’annonce de la venue du Royaume entraîne une conduite humaine qui dans Matthieu s’exprime surtout par la poursuite de la justice et l’obéissance à la Loi. La justice, thème préféré de Matthieu (3.15 ; 5.6, 10, 20 ; 6.1, 33 ; 21.32), est ici la réponse humaine d’obéissance à la volonté du Père, plutôt que le don divin du pardon qu’elle est pour saint Paul. La validité de la Loi (Torah) mosaïque est affirmée, 5.17-20, mais son développement par les pharisiens est rejeté en faveur de son interprétation par Jésus, qui insiste surtout sur les préceptes éthiques, sur le Décalogue et sur les grands commandements de l’amour de Dieu et du prochain, et qui parle d’autres sujets (le divorce, 5.31-32 ; 19.1-10) dans la mesure où ils revêtent un aspect moral.
Parmi les évangélistes Matthieu se distingue aussi par son intérêt explicite pour l’Église, 16.18 ; 18.18 (deux fois). Il cherche à donner à la communauté des croyants des principes de conduite et des chefs autorisés. Ces principes sont évoqués dans les grands discours, surtout au chap. 18 qui contient des principes en vue de prendre des décisions et de résoudre des conflits : la sollicitude pour la brebis égarée et pour les petits, le pardon et l’humilité. Matthieu n’a pas le triple ministère des évêques, des presbytres et des diacres, mais il mentionne les sages ou les chefs instruits, et en particulier les apôtres, avec Pierre à leur tête, 10.2, qui participent à l’autorité de Jésus lui-même, 10.40 ; 9.8 ; il mentionne aussi les prophètes, les scribes, les sages, 10.41 ; 13.52 ; 23.34. Comme juge de dernière instance il y a Pierre, 16.19. Puisque le pouvoir, bien que nécessaire, est dangereux, les chefs ont besoin de l’humilité, 18.1-9. Matthieu ne se fait aucune illusion au sujet de l’Église. N’importe qui peut échouer (même Pierre, 26.69-75) ; les prophètes peuvent dire le faux, 7.15 ; dans l’Église saints et pécheurs sont mélangés jusqu’au dernier tri, 13.36-43 ; 22.11-14 ; 25. Néanmoins, les portes de l’Hadès ne prévaudront pas contre elle, 16.18, et elle est envoyée en mission au monde entier, 28.18-20. Le style de vie apostolique ou missionnaire est décrit en 9.36-11.1. Tout l’évangile est encadré par le formulaire selon lequel Dieu est uni avec son peuple par Jésus Christ, Mt 1.23 ; 28.18-20. Les rejetés de l’ancien Israël, 21.31-32, unis aux païens convertis, deviennent de nouveau le peuple de Dieu, 21.43. On comprend que cet évangile si complet et si bien organisé, rédigé dans une langue moins savoureuse mais plus correcte que celle de Marc, ait été reçu et utilisé par l’Église naissante avec une faveur marquée.