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Lecture en trois ans pour le 8 mars 2014

King James Version (en)

Luke, Chapter 9,  verses 28-45

7 Herod desireth to see Christ; Christ feedeth five thousand, 38 inquireth what opinion the world had of him; foretelleth his passion; proposeth to all the pattern of his patience. The transfiguration. He healeth the lunatic, 43 again forewarneth his disciples of his passion
28 And it came to pass about an eight days after these sayings, he took Peter and John and James, and went up into a mountain to pray.
29 And as he prayed, the fashion of his countenance was altered, and his raiment was white and glistering.
30 And, behold, there talked with him two men, which were Moses and Elias:
31 Who appeared in glory, and spake of his decease which he should accomplish at Jerusalem.
32 But Peter and they that were with him were heavy with sleep: and when they were awake, they saw his glory, and the two men that stood with him.
33 And it came to pass, as they departed from him, Peter said unto Jesus, Master, it is good for us to be here: and let us make three tabernacles; one for thee, and one for Moses, and one for Elias: not knowing what he said.
34 While he thus spake, there came a cloud, and overshadowed them: and they feared as they entered into the cloud.
35 And there came a voice out of the cloud, saying, This is my beloved Son: hear him.
36 And when the voice was past, Jesus was found alone. And they kept it close, and told no man in those days any of those things which they had seen.
37 And it came to pass, that on the next day, when they were come down from the hill, much people met him.
38 And, behold, a man of the company cried out, saying, Master, I beseech thee, look upon my son: for he is mine only child.
39 And, lo, a spirit taketh him, and he suddenly crieth out; and it teareth him that he foameth again, and bruising him hardly departeth from him.
40 And I besought thy disciples to cast him out; and they could not.
41 And Jesus answering said, O faithless and perverse generation, how long shall I be with you, and suffer you? Bring thy son hither.
42 And as he was yet a coming, the devil threw him down, and tare him. And Jesus rebuked the unclean spirit, and healed the child, and delivered him again to his father.
43 And they were all amazed at the mighty power of God. But while they wondered every one at all things which Jesus did, he said unto his disciples,
44 Let these sayings sink down into your ears: for the Son of man shall be delivered into the hands of men.
45 But they understood not this saying, and it was hid from them, that they perceived it not: and they feared to ask him of that saying.
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9 


9:28  Mat 17:1; Mar 9:2.


9:31 In glory - Like Christ with whom they talked.


9:32 They saw his glory - The very same expression in which it is described by St. John, Joh 1:14; and by St. Peter, Pe2 1:16.


9:34 A cloud came and overshadowed them all. And they, the apostles, feared, while they (Moses and Elijah) entered into the cloud, which took them away.


9:37  Mat 17:14; Mar 9:14.


9:44 Let these sayings sink down into your ears - That is, consider them deeply. In joy remember the cross. So wisely does our Lord balance praise with sufferings. Mat 17:22; Mar 9:31.


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28 k) De nombreux traits originaux trahissent chez une autre source que Mc. De l’ensemble se dégage une présentation de la Transfiguration différente de celles de Mt et de Mc. Alors que Mt met en valeur la manifestation de Jésus comme nouveau Moïse, cf. Mt 17.1, et que Mc décrit une épiphanie du Messie caché, cf. Mc 9.2, Lc, ou du moins la source qu’il combine avec Mc, songe davantage à une expérience personnelle de Jésus qui, au cours d’une prière ardente et transformante, est éclairé par le ciel sur le « départ » (litt. exode), c’est-à-dire la mort, cf. Sg 3.2 ; 7.6 ; 2 P 1.15, qu’il doit accomplir à Jérusalem, la ville qui tue les prophètes, cf. 13.33-34.


30 l) Moïse et Élie n’étant nommés que pour identifier les « deux hommes » mentionnés d’abord, on peut penser que, dans la source combinée par avec Mc, ceux-ci étaient deux anges, cf. 24.4 ; Ac 1.10, qui instruisaient et confortaient Jésus, cf. 22.43. Sur la signification de Moïse et Élie dans la tradition de Mt, cf. Mt 17.1.


32 m) Ou bien « Demeurés quand même éveillés ». Ce sommeil accablant des disciples, propre à Lc, rappelle celui de Gethsémani, 22.45, où il est plus naturel et d’où il pourrait provenir.


35 n) Var. « mon Fils bien-aimé », cf. Mt et Mc. ­ Le titre d’« Élu », cf. 23.35 ; Isa 42.1, alterne avec celui de « Fils de l’homme » dans les Paraboles d’Hénok.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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