Déjà Jérémie, peu avant l'exil, avait parlé de l'époque messianique comme d'un temps de renouvellement des relations de Dieu avec Son peuple. La notion même d'une alliance nouvelle, messianique, est liée à la révélation reçue par Jérémie. Ézéchiel dit la même chose...
Déjà Jérémie, peu avant l'exil, avait parlé de l'époque messianique comme d'un temps de renouvellement des relations de Dieu avec Son peuple. La notion même d'une alliance nouvelle, messianique, est liée à la révélation reçue par Jérémie. Ézéchiel dit la même chose: les nouvelles relations entre Dieu et l'homme, comme entre Dieu et le peuple de Dieu dans son ensemble, supposent un changement de la qualité spirituelle de chaque personne concrète. C'est de cela que parle le prophète lorsqu'il mentionne un «coeur nouveau» et un «esprit nouveau»: car le coeur, conformément à l'usage biblique général, désigne le centre spirituel de la personne humaine, tandis que le souffle («l'esprit»), que Dieu a insufflé à l'homme «dans les narines» lors de la création, constitue cette dynamique spirituelle personnelle qui détermine ce que l'homme sera devant Dieu. Et si le coeur n'est pas rendu vivant, si on le laisse «de pierre», comme chez l'homme déchu, aucun renouvellement des relations ne pourra avoir lieu.
Une telle compréhension était particulièrement actuelle sur fond des représentations populaires du Messie et du Royaume, qui ne voyaient dans le Messie qu'un roi juste, et dans le Royaume un État terrestre ordinaire, où règne la justice et où sont établies des lois justes, conformes à la Torah. Les prophètes, eux, on le voit, ne se lassaient pas de rappeler qu'aucun État, aucun dirigeant et aucune loi ne sont capables par eux-mêmes de changer la nature humaine, ni de libérer l'homme déchu du péché. Et sans une telle libération, il ne peut être question d'aucune vie dans le Royaume.