La question de l'autorité, posée par les pharisiens à Jésus, leur revient manifestement comme un boomerang : à Son tour, Il leur pose une question en retour...
La question de l'autorité, posée par les pharisiens à Jésus, leur revient manifestement comme un boomerang : à Son tour, Il leur pose une question en retour, à laquelle ils n'ont pas tant du mal à répondre qu'ils ont simplement peur de répondre franchement. D'où vient donc cette peur ? Bien sûr, il existe des questions « gênantes », auxquelles on n'a pas envie de répondre, et auxquelles on oppose d'ordinaire, sous une forme ou sous une autre, le traditionnel « sans commentaire ». Mais en posant leur question, les pharisiens devaient-ils s'attendre à une question en retour ?
Pouvaient-ils prévoir qu'à une question « gênante » ils recevraient une réponse « gênante » ? Oui, sans doute. Mais peut-être ne s'attendaient-ils tout de même pas à ce que ce Prédicateur se mette à jouer autrement que selon les règles qu'ils avaient établies. Car derrière la question de l'autorité se tenait quelque chose de tout à fait compréhensible et déterminé, à peu près dans le même sens où, plus tôt déjà, les représentants du Sanhédrin avaient posé une question à Jean le Baptiste : qui es-tu ? Un prophète ? Le Messie ? Que devons-nous rapporter à ton sujet ? Et si tu n'es ni l'un ni l'autre, sur quel fondement fais-tu ce que tu fais ? On pose à Jésus la question de l'autorité manifestement dans le même sens, en attendant qu'Il Se déclare prophète, Messie... enfin, quelqu'un qui ait le droit de faire ce qu'Il a fait dans le Temple en chassant les marchands.
Il n'a pas l'intention de « rentrer dans le cadre ». Il pose une question de fond : par quelle autorité Jean faisait-il ce qu'il faisait ? Il comprend évidemment très bien que Jean, comme tout véritable prophète, a reçu son autorité de Son Père céleste ; et si les pharisiens reconnaissaient Jean comme un homme de Dieu, il leur faudrait regarder Son ministère à Lui aussi avec d'autres yeux. Bien sûr, il ne s'agit pas ici de prouver quelque chose à quelqu'un ni de Se justifier aux yeux de qui que ce soit.
Il s'agit du fait que, pour les pharisiens eux-mêmes, un tel regard, un regard « hors des règles », était au fond la seule possibilité de voir le Christ Lui-même et Son Royaume dans leur vraie lumière. Mais il fallait commencer par rejeter toutes les peurs, les craintes et les préjugés humains. En posant aux pharisiens la question sur Jean, Jésus leur propose au fond de faire précisément cela. Mais ils refusent : ils ont peur. Et par ce refus, eux aussi font leur choix. Pas le meilleur, loin de là, mais un choix pleinement conscient.