Que nous a donné la venue du Christ? Le salut contre le mal? Oui, bien sûr... mais le mal et la souffrance n'ont pas disparu du monde d'un coup de baguette magique. Jésus lui-même ne fait pas que subir de terribles souffrances sur la Croix: il les subit sans faute de sa part. Et c'est lui encore qui dit que ceux qui veulent être ses disciples doivent de la même manière prendre leur croix et le suivre. En quoi consiste donc ce salut contre le mal?
Peut-être est-ce une approche trop humaine. Dans l'une des lectures évangéliques, Jésus rappelle que si tu t'es seulement libéré d'un esprit mauvais, mais que sa place dans ton cœur est restée inoccupée, il t'arrivera finalement quelque chose de pire encore. Être sauvé seulement de ce que nous considérons comme mauvais, c'est hélas trop peu. Trop peu pour l'homme qui regarde la vérité en face. Mais, heureusement, c'est trop peu aussi pour le Créateur.
C'est pourquoi il nous propose quelque chose d'incommensurablement meilleur: l'adoption filiale. Nous pouvons entrer dans la famille de Jésus de Nazareth, devenir ses frères et sœurs adoptifs. Bien plus, la possibilité nous est ouverte d'une union exceptionnelle, essentielle, avec lui, la même que celle de sa Mère. Être frères de Jésus, et par conséquent être adoptés par son Père et sa Mère, partager avec lui sa divino-humanité: pour tout cela une seule chose est requise, dire au Père comme Jésus lui-même: « Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui soit faite ».
Le salut contre ce qui est désagréable, mauvais, maléfique, c'est une approche humaine. Un tel escapisme n'est guère propre à Dieu. Il ne fuit pas le mal, mais lui fait face sur la Croix et le vainc. Tu peux chercher le confort et une douceur pieuse, mais alors tu passeras de l'enfer de la violence directement à l'enfer de l'hypocrisie; ou bien tu peux consentir à l'adoption par le Père céleste. Oui, c'est un chemin difficile, parfois douloureusement difficile, et ton Frère adoptif, Jésus, y est mort. Mais en devenant son frère, tu partageras aussi avec lui sa victoire sur le mal. Le choix entre la défaite, la fuite et la victoire t'appartient.
