Les causes de l'incrédulité ne sont que deux: le refus de voir l'évident et la peur. D'ailleurs, si l'on y réfléchit, il n'est pas difficile de comprendre que la racine est unique, et que c'est précisément la peur. Seulement, à ce qu'on voit, elle prend des formes différentes. Il y a la peur...
Les causes de l'incrédulité ne sont que deux: le refus de voir l'évident et la peur. D'ailleurs, si l'on y réfléchit, il n'est pas difficile de comprendre que la racine est unique, et que c'est précisément la peur. Seulement, à ce qu'on voit, elle prend des formes différentes. Il y a une peur ouverte, non dissimulée: dans de tels cas, l'homme reconnaît d'ordinaire simplement et directement qu'il refuse de voir et d'entendre certaines choses seulement parce qu'il a peur. Il comprend qu'après avoir entendu et vu quelque chose, il devra tirer certaines conclusions de ce qu'il a vu et entendu, puis changer quelque chose dans sa vie, et les changements peuvent avoir des conséquences pour le moins indésirables. Ici tout est clair: l'homme ne veut pas écouter Jésus, ne veut pas le suivre, parce qu'il ne veut pas de problèmes inutiles. C'est bien sûr mauvais, mais tout de même pas comme dans le second cas. Ici, tout est assez franc, et celui qui a peur comprend lui-même tout: il sait qu'il manque de courage et il se rend compte de son problème. De plus, vaincre une telle peur n'est pas simple, mais, dans l'ensemble, ce n'est pas si difficile: c'est justement une peur extérieure, elle entrave l'homme de l'extérieur en l'effrayant surtout par des conséquences extérieures.
La seconde raison est plus grave et plus profonde. Ici aussi il y a la peur, mais une autre, intérieure. Extérieurement, un tel homme peut ne rien craindre du tout. Il peut ne pas trembler à la pensée des conséquences de son choix. Mais pour son monde intérieur, un tel homme peut avoir peur, et même beaucoup.
D'ordinaire, la peur du premier type saisit l'homme séculier, non croyant, qui est porté à s'appuyer sur l'extérieur et à accorder une grande importance à ce qu'il est facile de perdre, par exemple en cas de persécutions. Mais la seconde peur est plutôt propre à l'homme religieux, pour qui la valeur principale est son monde intérieur. Un tel homme est convaincu qu'on ne peut pas lui prendre ce monde, même en lui ôtant la vie, et donc qu'il n'a rien à craindre de l'extérieur. Mais de l'intérieur, le monde de l'homme religieux est très vulnérable, et un tel homme veille sans cesse soigneusement à ce que personne ne détruise d'une manière ou d'une autre sa religiosité. S'il sent dans les paroles de quelqu'un une menace pour sa religiosité, il devient aussitôt aveugle et sourd, simplement par instinct de conservation.
Seul le Sauveur peut délivrer de ces deux peurs, car il peut faire participer chacun de ceux qui lui font confiance à la vie de son Royaume. Et le souffle du Royaume entré dans le cœur de l'homme ne peut lui être enlevé ni détruit. Alors la peur disparaît aussi, car il n'y a plus rien à craindre.