Bible-Centre

La Bible en cinq ans pour le 11 juin 2008

La Bible de Jérusalem (fr)

2 Chroniques, Chapitre 13,  vers 23

IV. Les premières réformes de la monarchie> 1 2. ABIYYA ET LA FIDÉLITÉ AU SACERDOCE LÉGITIME, 19 Fin du règne.
23 Puis Abiyya se coucha avec ses pères et on l’enterra dans la Cité de David ; son fils Asa régna à sa place.Le pays, de son temps, fut tranquille pendant dix ans.
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

L’Ancien Testament comprend un second groupe de livres historiques, qui doublent en grande partie et ensuite prolongent l’histoire deutéronomiste qui s’étend de Josué à la fin des Rois. Ce sont les deux livres des Chroniques, puis celui d’Esdras et, selon l’opinion commune, celui de Néhémie. Les deux livres des Chroniques n’en formaient primitivement qu’un seul et les livres d’Esdras et de Néhémie faisaient partie du même ensemble, œuvre d’un seul auteur. Non seulement on y retrouve le même style et les mêmes idées fondamentales, mais la répétition, au début de Esd 1, des versets qui terminent 2 Ch 36 certifie l’unité de composition.

Les livres des Chroniques (d’après le titre hébreu ; la Bible grecque et la Vulgate les appellent « Paralipomènes », c’est-à-dire les livres qui donnent les « choses omises », qui apportent un complément) sont donc une œuvre du judaïsme postexilique, d’une époque où le peuple, privé de son indépendance politique, jouissait cependant d’une sorte d’autonomie reconnue par les maîtres de l’Orient : il vivait sous la direction de ses prêtres, selon les règles de sa loi religieuse. Le Temple et ses cérémonies étaient le centre de la vie nationale. Mais ce cadre légaliste et rituel est vivifié par un courant de piété personnelle, par les doctrines de sagesse, par le souvenir des gloires ou des défaillances du passé et la confiance dans les promesses des prophètes.

L’auteur des Chroniques, un lévite de Jérusalem, appartient profondément à ce milieu.

Il écrit après Esdras et Néhémie, notablement plus tard puisqu’il peut combiner à sa guise les sources qui les concernent. Le début de l’époque grecque, avant 300 av. J.-C., paraît être la date la plus vraisemblable. L’ouvrage reçut ensuite des additions, venant d’une ou de plusieurs mains, en particulier les tables généalogiques de 1 Ch 2-9 furent augmentées et des listes nominatives furent ajoutées, probablement celles des partisans de David, 12, celles des prêtres et des lévites, 15, et la longue addition de 1 Ch 23.3 – 27.34, qui recense le personnel cultuel et administratif de David.

Ces compléments, qui peuvent avoir utilisé de bons documents, restent dans la ligne de pensée du Chroniste.

Il manifeste un grand intérêt pour le Temple. Le clergé joue dans son œuvre un rôle prééminent, non seulement les prêtres et les lévites, selon l’esprit du Deutéronome et des textes sacerdotaux du Pentateuque, mais les classes inférieures du clergé, les portiers et les chantres, désormais assimilés aux lévites. La sanctification du clergé s’étend aux laïcs par leur participation aux sacrifices de communion, qui retrouvent chez le Chroniste leur importance ancienne. Cette communauté sainte n’est pas restreinte aux seuls Judéens : par-delà l’apostasie du royaume d’Israël, dont il parle le moins possible, il retrouve les Douze Tribus unies sous le sceptre de David et, au-delà des circonstances présentes, il attend la réunion de tous les fils d’Israël. Les païens eux-mêmes ne sont pas exclus de la prière du Temple. « Israël » est pour lui tout le peuple fidèle, avec qui Dieu avait fait alliance autrefois, avec qui il a renouvelé cette alliance en la personne de David. C’est sous David que se sont le mieux réalisées les conditions du règne de Dieu sur la terre, de la théocratie ; c’est dans l’esprit de David que la communauté doit vivre, avec un constant souci de réforme qui est un retour aux traditions, pour que Dieu lui garde sa faveur et accomplisse les promesses.

Le centre permanent d’intérêt de cette longue histoire est le Temple de Jérusalem et son culte, depuis les préparations sous David jusqu’à la restauration accomplie par la communauté revenue de l’Exil.

Ces grandes pensées du Chroniste expliquent la composition de son ouvrage. Les premiers chapitres, 1 Ch 1-9, donnent des listes généalogiques qui s’attardent davantage sur la tribu de Juda et la descendance de David, sur les lévites, sur les habitants de Jérusalem. Cela sert d’introduction à l’histoire de David qui occupe toute la fin du premier livre, 10-29. Les démêlés avec Saül sont omis, comme la faute avec Bethsabée, les drames de famille et les révoltes, mais la prophétie de Natân est mise en relief, 1 Ch 17, et une place considérable est faite aux institutions religieuses : transport de l’arche et organisation du culte à Jérusalem, 13, 15-16, préparatifs pour la construction du Temple, 21-29. David a dressé le plan, assemblé les matériaux, réglé les fonctions du clergé jusque dans les détails, et il a laissé la réalisation à son fils Salomon. Dans l’histoire de celui-ci, 2 Ch 1-9, la construction du Temple, la prière du roi lors de la dédicace et les promesses que Dieu fait en réponse occupent la plus grande place. À partir du schisme, le Chroniste ne se préoccupe que du royaume de Juda et de la dynastie davidique. Les rois sont jugés d’après leur fidélité ou leur infidélité aux principes de l’alliance, selon qu’ils se rapprochent ou s’écartent du modèle donné par David, 2 Ch 10-36. Les désordres sont suivis de réformes, dont les plus profondes sont celles d’Ézéchias et de Josias ; ce dernier roi a des successeurs impies qui précipitent le désastre, mais les Chroniques s’achèvent par la permission donnée par Cyrus de reconstruire le Temple. On a dit qu’elles se continuaient par les livres d’Esdras et de Néhémie.

Pour écrire cette histoire, l’auteur s’est servi d’abord des livres canoniques, ceux de la Genèse et des Nombres pour les listes du début, surtout ceux de Samuel et des Rois. Il les utilise librement, il choisit ce qui va à son propos, il ajoute et retranche. Cependant il ne cite jamais ces sources essentielles que nous pouvons vérifier. En revanche, il se réfère à un certain nombre d’autres ouvrages, des « livres » des rois d’Israël ou des rois d’Israël et de Juda, un « midrash » du livre des Rois, des « paroles » ou des « visions » de tel ou tel prophète. Ces écrits nous sont inconnus et on discute sur leur contenu et leurs relations mutuelles. Ils décrivaient probablement les différents règnes à la lumière des interventions prophétiques. Il est douteux que le Chroniste ait utilisé aussi des traditions orales.

Puisque le Chroniste a eu des sources que nous ignorons et qui pouvaient être dignes de foi, il n’y a pas lieu de suspecter en principe tout ce qu’il ajoute aux livres canoniques que nous connaissons. Chaque cas doit être examiné pour lui-même et des recherches récentes ont, sur plusieurs points, vengé le Chroniste du discrédit où le tenaient beaucoup d’exégètes. Mais il arrive aussi qu’il donne des informations incompatibles avec le tableau que tracent Samuel ou les Rois, ou bien qu’il modifie sciemment ce que disent ces derniers livres. Ce procédé – qui serait inexcusable chez un historien moderne dont la mission est de raconter, en l’expliquant, l’enchaînement des faits – se justifie par l’intention de l’auteur : il n’est pas un historien, il est un théologien qui, à la lumière des expériences anciennes et d’abord de l’expérience davidique, « pense » les conditions du royaume idéal ; il fait confluer dans une synthèse le passé, le présent et l’avenir : il projette à l’époque de David toute l’organisation cultuelle qu’il a sous les yeux, il omet tout ce qui pourrait amoindrir son héros. En dehors des informations nouvelles qu’il contient et dont on peut éprouver la valeur, son ouvrage vaut moins pour une reconstitution du passé que comme un tableau de l’état et des préoccupations de son époque.

Car il écrit pour ses contemporains. Il leur rappelle que la vie de la nation dépend de sa fidélité à Dieu et que cette fidélité s’exprime par l’obéissance à la Loi et la régularité d’un culte animé par la vraie piété. Il veut faire de son peuple une communauté sainte, pour laquelle se réaliseront les promesses faites à David. Les hommes religieux du judaïsme contemporain du Christ vivront de son esprit, avec parfois des déviations qu’il n’avait pas prévues. Son enseignement sur la primauté du spirituel et sur la conduite par Dieu de tous les événements du monde a une valeur permanente.

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2 Chroniques, Chapitre 14

IV. Les premières réformes de la monarchie> 1 3. ASA ET SES RÉFORMES CULTUELLES, 1 La paix d’Asa., 8 L’invasion de Zérah.
Asa fit ce qui est bien et juste aux yeux de Yahvé, son Dieu.
Il supprima les autels de l’étranger et les hauts lieux, il brisa les stèles, mit en pièces les ashéras
et dit aux Judéens de rechercher Yahvé, le Dieu de leurs pères, et de pratiquer loi et commandement.
Il supprima de toutes les villes de Juda les hauts lieux et les autels à encens. Aussi le royaume fut-il calme sous son règne ;
il restaura les villes fortifiées de Juda, car le pays était calme et ne participa à aucune guerre en ces années-là, Yahvé lui ayant donné la tranquillité.
« Restaurons ces villes, dit-il à Juda, entourons-les d’un mur, de tours, de portes et de barres ; le pays est encore à notre disposition car nous avons cherché Yahvé, notre Dieu ; aussi nous a-t-il recherchés et nous a-t-il donné la tranquillité sur toutes nos frontières. »Ils restaurèrent et prospérèrent.
Asa disposa d’une armée de trois cent mille Judéens, portant le bouclier et la lance, et de deux cent quatre-vingt mille Benjaminites portant la rondache et tirant de l’arc, tous preux valeureux.
Zérah le Kushite fit une incursion avec une armée de mille milliers et de trois cents chars, et il atteignit Maresha.
Asa sortit à sa rencontre et se rangea en bataille dans la vallée de Çephata, à Maresha.
10 Asa invoqua Yahvé son Dieu et dit : « Il n’en est point comme toi, Yahvé, pour secourir le puissant aussi bien que celui qui est sans force. Porte-nous secours, Yahvé notre Dieu ! C’est sur toi que nous nous appuyons et c’est en ton nom que nous nous heurtons à cette foule. Yahvé, tu es notre Dieu. Que le mortel ne te résiste pas ! »
11 Yahvé battit les Kushites devant Asa et les Judéens : les Kushites s’enfuirent
12 et Asa les poursuivit avec son armée jusqu’à Gérar. Il tomba tant de Kushites qu’ils ne purent subsister, car ils s’étaient brisés devant Yahvé et son camp. On ramassa une grande quantité de butin,
13 on conquit toutes les villes aux alentours de Gérar, car la Terreur de Yahvé s’était appesantie sur elles, et on les pilla toutes, car il s’y trouvait beaucoup de butin.
14 On s’en prit même aux tentes des troupeaux et l’on razzia nombre de moutons et de chameaux, puis l’on revint à Jérusalem.
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

3 x) Le Chroniste renchérit sur l’éloge que 1 R 15 fait d’Asa, et lui attribue une réforme religieuse sur laquelle il reviendra au chap. 15.


8 y) Cet épisode, absent de 1 R, ne doit pas être inventé il est trop attaché à des lieux précis et ne cadre pas avec l’image de paix que le Chroniste donne de presque tout le règne d’Asa, cf. vv. 5-6 ; 15.19. Mais on ne sait pas qui est ce Zérah. Comme Kush désigne normalement la Nubie, il peut être un mercenaire nubien, commandant une garnison égyptienne laissée par Sheshonq dans le Sud du pays, cf. 12.3 ; 16.8. Mais Kush peut désigner aussi des nomades du Négeb (cf. la femme kushite de Moïse, Nb 12.1) qui seraient venus razzier Juda, v. 14. En tout cas, le chiffre des combattants est sûrement exagéré.


L’Ancien Testament comprend un second groupe de livres historiques, qui doublent en grande partie et ensuite prolongent l’histoire deutéronomiste qui s’étend de Josué à la fin des Rois. Ce sont les deux livres des Chroniques, puis celui d’Esdras et, selon l’opinion commune, celui de Néhémie. Les deux livres des Chroniques n’en formaient primitivement qu’un seul et les livres d’Esdras et de Néhémie faisaient partie du même ensemble, œuvre d’un seul auteur. Non seulement on y retrouve le même style et les mêmes idées fondamentales, mais la répétition, au début de Esd 1, des versets qui terminent 2 Ch 36 certifie l’unité de composition.

Les livres des Chroniques (d’après le titre hébreu ; la Bible grecque et la Vulgate les appellent « Paralipomènes », c’est-à-dire les livres qui donnent les « choses omises », qui apportent un complément) sont donc une œuvre du judaïsme postexilique, d’une époque où le peuple, privé de son indépendance politique, jouissait cependant d’une sorte d’autonomie reconnue par les maîtres de l’Orient : il vivait sous la direction de ses prêtres, selon les règles de sa loi religieuse. Le Temple et ses cérémonies étaient le centre de la vie nationale. Mais ce cadre légaliste et rituel est vivifié par un courant de piété personnelle, par les doctrines de sagesse, par le souvenir des gloires ou des défaillances du passé et la confiance dans les promesses des prophètes.

L’auteur des Chroniques, un lévite de Jérusalem, appartient profondément à ce milieu.

Il écrit après Esdras et Néhémie, notablement plus tard puisqu’il peut combiner à sa guise les sources qui les concernent. Le début de l’époque grecque, avant 300 av. J.-C., paraît être la date la plus vraisemblable. L’ouvrage reçut ensuite des additions, venant d’une ou de plusieurs mains, en particulier les tables généalogiques de 1 Ch 2-9 furent augmentées et des listes nominatives furent ajoutées, probablement celles des partisans de David, 12, celles des prêtres et des lévites, 15, et la longue addition de 1 Ch 23.3 – 27.34, qui recense le personnel cultuel et administratif de David.

Ces compléments, qui peuvent avoir utilisé de bons documents, restent dans la ligne de pensée du Chroniste.

Il manifeste un grand intérêt pour le Temple. Le clergé joue dans son œuvre un rôle prééminent, non seulement les prêtres et les lévites, selon l’esprit du Deutéronome et des textes sacerdotaux du Pentateuque, mais les classes inférieures du clergé, les portiers et les chantres, désormais assimilés aux lévites. La sanctification du clergé s’étend aux laïcs par leur participation aux sacrifices de communion, qui retrouvent chez le Chroniste leur importance ancienne. Cette communauté sainte n’est pas restreinte aux seuls Judéens : par-delà l’apostasie du royaume d’Israël, dont il parle le moins possible, il retrouve les Douze Tribus unies sous le sceptre de David et, au-delà des circonstances présentes, il attend la réunion de tous les fils d’Israël. Les païens eux-mêmes ne sont pas exclus de la prière du Temple. « Israël » est pour lui tout le peuple fidèle, avec qui Dieu avait fait alliance autrefois, avec qui il a renouvelé cette alliance en la personne de David. C’est sous David que se sont le mieux réalisées les conditions du règne de Dieu sur la terre, de la théocratie ; c’est dans l’esprit de David que la communauté doit vivre, avec un constant souci de réforme qui est un retour aux traditions, pour que Dieu lui garde sa faveur et accomplisse les promesses.

Le centre permanent d’intérêt de cette longue histoire est le Temple de Jérusalem et son culte, depuis les préparations sous David jusqu’à la restauration accomplie par la communauté revenue de l’Exil.

Ces grandes pensées du Chroniste expliquent la composition de son ouvrage. Les premiers chapitres, 1 Ch 1-9, donnent des listes généalogiques qui s’attardent davantage sur la tribu de Juda et la descendance de David, sur les lévites, sur les habitants de Jérusalem. Cela sert d’introduction à l’histoire de David qui occupe toute la fin du premier livre, 10-29. Les démêlés avec Saül sont omis, comme la faute avec Bethsabée, les drames de famille et les révoltes, mais la prophétie de Natân est mise en relief, 1 Ch 17, et une place considérable est faite aux institutions religieuses : transport de l’arche et organisation du culte à Jérusalem, 13, 15-16, préparatifs pour la construction du Temple, 21-29. David a dressé le plan, assemblé les matériaux, réglé les fonctions du clergé jusque dans les détails, et il a laissé la réalisation à son fils Salomon. Dans l’histoire de celui-ci, 2 Ch 1-9, la construction du Temple, la prière du roi lors de la dédicace et les promesses que Dieu fait en réponse occupent la plus grande place. À partir du schisme, le Chroniste ne se préoccupe que du royaume de Juda et de la dynastie davidique. Les rois sont jugés d’après leur fidélité ou leur infidélité aux principes de l’alliance, selon qu’ils se rapprochent ou s’écartent du modèle donné par David, 2 Ch 10-36. Les désordres sont suivis de réformes, dont les plus profondes sont celles d’Ézéchias et de Josias ; ce dernier roi a des successeurs impies qui précipitent le désastre, mais les Chroniques s’achèvent par la permission donnée par Cyrus de reconstruire le Temple. On a dit qu’elles se continuaient par les livres d’Esdras et de Néhémie.

Pour écrire cette histoire, l’auteur s’est servi d’abord des livres canoniques, ceux de la Genèse et des Nombres pour les listes du début, surtout ceux de Samuel et des Rois. Il les utilise librement, il choisit ce qui va à son propos, il ajoute et retranche. Cependant il ne cite jamais ces sources essentielles que nous pouvons vérifier. En revanche, il se réfère à un certain nombre d’autres ouvrages, des « livres » des rois d’Israël ou des rois d’Israël et de Juda, un « midrash » du livre des Rois, des « paroles » ou des « visions » de tel ou tel prophète. Ces écrits nous sont inconnus et on discute sur leur contenu et leurs relations mutuelles. Ils décrivaient probablement les différents règnes à la lumière des interventions prophétiques. Il est douteux que le Chroniste ait utilisé aussi des traditions orales.

Puisque le Chroniste a eu des sources que nous ignorons et qui pouvaient être dignes de foi, il n’y a pas lieu de suspecter en principe tout ce qu’il ajoute aux livres canoniques que nous connaissons. Chaque cas doit être examiné pour lui-même et des recherches récentes ont, sur plusieurs points, vengé le Chroniste du discrédit où le tenaient beaucoup d’exégètes. Mais il arrive aussi qu’il donne des informations incompatibles avec le tableau que tracent Samuel ou les Rois, ou bien qu’il modifie sciemment ce que disent ces derniers livres. Ce procédé – qui serait inexcusable chez un historien moderne dont la mission est de raconter, en l’expliquant, l’enchaînement des faits – se justifie par l’intention de l’auteur : il n’est pas un historien, il est un théologien qui, à la lumière des expériences anciennes et d’abord de l’expérience davidique, « pense » les conditions du royaume idéal ; il fait confluer dans une synthèse le passé, le présent et l’avenir : il projette à l’époque de David toute l’organisation cultuelle qu’il a sous les yeux, il omet tout ce qui pourrait amoindrir son héros. En dehors des informations nouvelles qu’il contient et dont on peut éprouver la valeur, son ouvrage vaut moins pour une reconstitution du passé que comme un tableau de l’état et des préoccupations de son époque.

Car il écrit pour ses contemporains. Il leur rappelle que la vie de la nation dépend de sa fidélité à Dieu et que cette fidélité s’exprime par l’obéissance à la Loi et la régularité d’un culte animé par la vraie piété. Il veut faire de son peuple une communauté sainte, pour laquelle se réaliseront les promesses faites à David. Les hommes religieux du judaïsme contemporain du Christ vivront de son esprit, avec parfois des déviations qu’il n’avait pas prévues. Son enseignement sur la primauté du spirituel et sur la conduite par Dieu de tous les événements du monde a une valeur permanente.

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