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Lecture en trois ans pour le 5 juin 2008

La Bible de Jérusalem (fr)

Jéremie, Chapitre 49

V. Oracles contre les nations> 1 Oracle contre Ammon., 7 Oracle contre Édom., 23 Oracle contre des villes syriennes., 28 Oracle contre les tribus arabes., 34 Oracle contre Élam.
Aux fils d’Ammon.Ainsi parle Yahvé :Israël n’a-t-il pas de fils,
n’a-t-il pas d’héritier ?
Pourquoi Milkom a-t-il hérité de Gad
et son peuple en occupe-t-il les villes ?
Eh bien ! Voici venir des jours
— oracle de Yahvé —
où je ferai résonner pour Rabba des Ammonites
le cri de guerre.
Elle deviendra une ruine désolée,
ses filles seront incendiées.
Alors Israël héritera de ses héritiers,
dit Yahvé.
Gémis, Heshbôn, parce qu’Ar a été dévastée.
Hurlez, filles de Rabba !
revêtez-vous de sacs, élevez la lamentation,
errez dans les enclos !
Car Milkom va partir en exil
avec ses prêtres et ses princes tous ensemble.
Comme tu te glorifiais de ta Vallée,
fille rebelle,
tu te fiais à tes réserves :
« Qui osera venir contre moi ? »
Voici, je vais amener contre toi l’épouvante
— oracle du Seigneur Yahvé Sabaot —
de tous les alentours ;
vous serez chassés, chacun devant soi,
et personne pour rassembler les fuyards.
(Mais ensuite je ramènerai les captifs des fils d’Ammon, oracle de Yahvé.)
À Édom.Ainsi parle Yahvé Sabaot.
N’y a-t-il plus de sagesse dans Témân,
le conseil a-t-il disparu chez les gens intelligents ;
leur sagesse s’est-elle évanouie ?
Fuyez ! Détournez-vous ! Cachez-vous bien,
habitants de Dédân,
car j’amène sur Ésaü sa ruine,
le temps de son châtiment.
Si des vendangeurs viennent chez toi,
ils ne laisseront rien à grappiller ;
si ce sont des voleurs nocturnes,
ils saccageront tout leur content.
10 Car c’est moi qui dénude Ésaü,
je mets à découvert ses cachettes :
il ne peut plus se dissimuler.
Sa race est anéantie,
de même ses frères et ses voisins ; il n’existe plus !
11 Laisse tes orphelins, je les ferai vivre,
et que tes veuves se confient en moi !
12 Car ainsi parle Yahvé : Vois, ceux qui n’auraient pas dû boire la coupe la boiront sûrement, et toi, tu resterais impuni ? Tu ne resteras pas impuni, mais tu la boiras pour de bon !
13 Car j’en ai fait le serment par moi-même — oracle de Yahvé —, Boçra deviendra un objet de stupeur et de raillerie, une ruine et une malédiction ; toutes ses villes seront réduites en ruines perpétuelles.
14 J’ai reçu de Yahvé un message,
un héraut était dépêché parmi les nations :
« Rassemblez-vous ! Marchez contre ce peuple !
Debout pour le combat ! »
15 Car, vois, je te rends petit parmi les nations,
méprisé parmi les hommes.
16 Cela t’a égaré de répandre l’effroi,
de t’exalter en ton cœur,
toi qui habites au creux de la Roche
et t’accroches au sommet de la hauteur !
Quand tu hausserais ton nid comme l’aigle,
je t’en précipiterais, oracle de Yahvé.
17 Édom deviendra un objet de stupeur ; tous ceux qui passeront près d’elle, stupéfaits, siffleront devant toutes ses blessures.
18 Comme au bouleversement de Sodome, de Gomorrhe et des cités voisines, dit Yahvé, personne n’y habitera plus, aucun humain n’y séjournera plus.
19 Voici que, tel un lion, il monte des halliers du Jourdain
vers le pâturage toujours vert.
En un clin d’œil, je les en ferai déguerpir,
pour y établir celui que je choisirai.
Qui en effet est mon égal ?
Qui pourrait m’assigner en justice ?
Quel est donc le pasteur
qui tiendrait devant moi ?
20 Aussi apprenez le dessein
que Yahvé a formé contre Édom,
et le plan qu’il a résolu
contre les habitants de Témân :
Certainement on les traînera comme les plus petits du troupeau !
Certainement on va saccager leur prairie devant eux !
21 Au bruit de leur chute, la terre tremble,
l’écho en retentit jusqu’à la mer des Roseaux.
22 Voici comme un aigle qui monte et plane
et va déployer ses ailes sur Boçra.
Le cœur des guerriers d’Édom, en ce jour-là,
sera pareil au cœur d’une femme en travail.
23 À Damas.Hamat et Arpad sont honteuses
car elles ont reçu une mauvaise nouvelle.
Elles sont soulevées par l’inquiétude
comme la mer qui ne peut se calmer.
24 Damas est découragée et s’apprête à la fuite,
un tremblement l’a saisie
(angoisse et douleurs l’ont prise comme une femme en couches).
25 Comment ne serait-elle pas abandonnée, la fière cité,
la ville joyeuse ?
26 Aussi ses jeunes hommes tomberont sur ses places et tous ses hommes de guerre périront, en ce jour-là — oracle de Yahvé Sabaot.
27 J’allumerai le feu dans les remparts de Damas
et il dévorera les palais de Ben-Hadad.
28 À Qédar et aux royaumes de Haçor, que vainquit Nabuchodonosor, roi de Babylone. Ainsi parle Yahvé.
Levez-vous, montez contre Qédar,
anéantissez les fils de l’Orient !
29 Leurs tentes et leurs moutons, qu’on les prenne,
leurs étoffes et tous leurs ustensiles ;
qu’on s’empare de leurs chameaux
et qu’on crie sur eux : « Terreur de tous côtés ! »
30 Fuyez, partez vite, cachez-vous bien,
habitants de Haçor — oracle de Yahvé —,
car Nabuchodonosor, roi de Babylone, a médité contre vous un projet,
formé contre vous un plan :
31 « Debout ! Montez contre une nation tranquille
qui demeure en sécurité — oracle de Yahvé —,
qui n’a ni portes ni verrous,
qui habite à l’écart.
32 Leurs chameaux seront une proie,
leurs moutons innombrables un butin ! »
Je vais les disperser à tout vent,
ces Tempes-rasées,
et de tous côtés je ferai venir leur ruine,
oracle de Yahvé.
33 Haçor deviendra un repaire de chacals,
une solitude pour toujours.
Personne n’y habitera plus,
aucun humain n’y séjournera plus.
34 Parole de Yahvé qui fut adressée au prophète Jérémie au sujet d’Élam, au commencement du règne de Sédécias, roi de Juda.
35 Ainsi parle Yahvé Sabaot.Voici, je vais briser l’arc d’Élam,
nerf de sa puissance.
36 J’amènerai sur Élam quatre vents,
des quatre extrémités du ciel,
et je disperserai les Élamites à tous ces vents ;
il n’y aura pas de nation où n’arrivent des gens chassés d’Élam.
37 Je ferai trembler les Élamites devant leurs ennemis,
devant ceux qui en veulent à leur vie.
J’amènerai sur eux le malheur,
ma colère ardente — oracle de Yahvé.
J’enverrai l’épée à leur poursuite,
jusqu’à ce que je les aie exterminés.
38 J’établirai mon trône en Élam,
j’en extirperai roi et princes,
oracle de Yahvé.
39 Mais à la fin des jours, je ramènerai les captifs d’Élam, oracle de Yahvé.
Lire la suite:Jéremie, Chapitre 50
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 k) Oracle authentique, sauf le v. 2 sans doute plus tardif.


1 l) Le territoire des Ammonites, en Transjordanie, au nord de Moab, avait pour capitale Rabba (v. 2) ou Rabbat-Ammon, aujourd’hui Amman. Lors de la conquête, ce territoire avait été attribué à la tribu de Gad, cf. Nb 32 ; Jos 13.24-28 ; en le prenant aux Israélites, après 734 puis de nouveau en 721, les Ammonites et avec eux Milkom, leur dieu national, avaient donc usurpé un droit. — Ici et au v. 3, on lit « Milkom », avec les versions et 1 R 11.5, 7, 33 ; 2 R 23.13, plutôt que malkam , « leur roi », de l’hébr.


2 m) Les villes qui dépendent de Rabba, leur métropole.


3 n) Heshbôn, cité moabite, cf. 48.1, probablement conquise par les Ammonites. — « Ar » (en Transjordanie, cf. Nb 21.28) conj. ; l’hébr. porte « Aï », ville de Cisjordanie.


4 o) « de ta Vallée » conj. ; « des vallées, ta vallée ruisselle » hébr.—La vallée principale du pays ammonite est celle du Yabboq.


7 p) Cet oracle doit être placé vers 605. Noter le parallèle avec Ab 1-9.


7 q) « intelligents » grec ; « fils » hébr. (simple corr. vocalique). La sagesse édomite était célèbre, cf. 1 R 5.10-11 ; Jb 2.11 ; Ba 3.22-23, etc.


8 r) Dédân l’oasis d’El-Éla en Arabie ; en Ez 25.13 Témân (peut-être l’actuelle Tawilân, proche de Pétra) et Dédân semblent représenter les limites (nord et sud) d’Édom. — Sur Ésaü ou Édom, cf. Gn 36.8.


13 s) Distincte de la Boçra de Moab (48.24), Boçra, capitale d’Édom, est à identifier avec la Buseira actuelle, une quarantaine de km au sud de la mer Morte.


16 t) La « Roche » d’Édom, cf. 2 R 14.7 ; Isa 16.1, longtemps identifiée avec la ville de Pétra, serait plutôt à chercher plus au nord, dans la région de Boçra.


21 u) L’hébr. répète ici « son bruit », omis par grec. — Il s’agit ici de la mer Rouge.


23 v) Cet oracle, qui n’est pas annoncé en 25.13-26, peut se rapporter à la panique qui, en Syrie, alors possession égyptienne, aurait suivi la défaite de l’Égypte à Karkémish en 605 ; cf. 46.2.


23 w) « comme la mer » kay conj. ; « dans la mer » bayyam hébr. — Hamat, cf. 39.5. Arpad, actuellement Tell Erfad, au nord d’Alep.


25 x) « ville joyeuse » syr., Targ., Vulg. ; « ville de ma joie » hébr.


27 y) Ben Hadad III, fils de Hazaël et roi à Damas vers 840, cf. 2 R 13.24 ; Am 1.4.


28 z) Haçor, nom collectif désignant les Arabes semi-sédentaires par opposition aux Bédouins du désert. « royaume » est à prendre ici au sens large de groupement sous l’autorité d’un chef de tribu.


34 a) Élam est le nom des hauts plateaux situés à l’est de la Mésopotamie, d’où déferleront les invasions mèdes et perses. Jérémie a pu, dès 597, pressentir la conquête d’Élam par les Perses.


Un peu plus d’un siècle après Isaïe, vers 650 av. J.-C., Jérémie naissait d’une famille sacerdotale installée aux environs de Jérusalem. Mieux que pour aucun autre prophète, sa vie et son caractère nous sont connus par les récits biographiques à la troisième personne qui parsèment son livre et dont voici la suite chronologique : 19.1 – 20.6 ; 26 ; 36 ; 45 ; 28-29 ; 51.59-64 ; 34.8-22 ; 37-44. Les « Confessions de Jérémie », 11.18 – 12.6 ; 15.10-21 ; 17.14-18 ; 18.18-23 ; 20.7-18, proviennent du prophète lui-même. Elles ne constituent pas une autobiographie, mais elles sont un témoignage émouvant des crises intérieures qu’il a traversées et qui sont décrites dans le style des Psaumes de lamentation. Appelé tout jeune par Dieu, en 626, la treizième année de Josias, 1.2, il a vécu la période tragique où se prépara et s’accomplit la ruine du royaume de Juda. La réforme religieuse et la restauration nationale de Josias éveillèrent des espoirs qui furent anéantis par la mort du roi à Megiddo en 609 et par le bouleversement du monde oriental, la chute de Ninive en 612 et l’expansion de l’empire chaldéen. Dès 605, Nabuchodonosor a imposé sa domination à la Palestine, puis Juda s’est révolté à l’instigation de l’Égypte qui intriguera jusqu’à la fin et, en 597, Nabuchodonosor conquiert Jérusalem et déporte une partie de ses habitants. Une nouvelle révolte ramène les armées chaldéennes et, en 587, Jérusalem est prise, le Temple est incendié, une seconde déportation a lieu. Jérémie a traversé cette dramatique histoire, prêchant, menaçant, prédisant la ruine, avertissant en vain les rois incapables qui se succèdent sur le trône de David, accusé de défaitisme par les militaires, persécuté, incarcéré. Après la prise de Jérusalem, et bien qu’il vît dans les exilés l’espoir de l’avenir, Jérémie choisit de rester en Palestine auprès de Godolias, nommé gouverneur par les Chaldéens. Mais celui-ci fut assassiné et un groupe de Juifs, craignant les représailles, s’enfuit en Égypte, entraînant Jérémie. C’est probablement là qu’il mourut.

Le drame de cette vie n’est pas seulement dans les événements auxquels Jérémie fut mêlé, il est aussi dans le prophète lui-même. Il avait une âme tendre, faite pour aimer, et il a été envoyé « pour arracher et renverser, pour exterminer et démolir », 1.10, il a eu à prédire surtout le malheur, 20.8. Il était désireux de paix et il a eu toujours à lutter, contre les siens, contre les rois, les prêtres, les faux prophètes, tout le peuple, « homme de querelle et de discorde pour tout le pays », 15.10. Il a été déchiré par la mission à laquelle il ne pouvait pas se soustraire, 20.9. Ses dialogues intérieurs avec Dieu sont semés de cris de douleur : « Pourquoi ma souffrance est-elle continue ? » 15.18, et le passage poignant qui annonce Job : « Maudit soit le jour où je suis né... », 20.14 et la suite.

Mais cette souffrance a épuré son âme et l’a ouverte au commerce divin. Ce qui nous rend Jérémie si cher et si proche, c’est la religion intérieure et cordiale qu’il a pratiquée, avant de la formuler dans l’annonce de la Nouvelle Alliance, 31.31-34. Cette religion personnelle l’a conduit à un approfondissement de l’enseignement traditionnel : Dieu scrute les reins et les cœurs, 11.20, il rend à chacun selon ses actes, 31.29-30 ; l’amitié avec Dieu, 2.2, est rompue par le péché, qui sort du cœur mauvais, 4.4 ; 17.9 ; 18.12. Ce côté affectif l’apparente à Osée dont il a subi l’influence ; cette intériorisation de la Loi, ce rôle du cœur dans les rapports avec Dieu, ce souci de la personne individuelle le rapprochent du Deutéronome. Jérémie a certainement vu avec faveur la réforme de Josias qui s’inspirait de ce livre, mais il a été cruellement déçu par son inefficacité pour changer la vie morale et religieuse du peuple.

La mission de Jérémie a échoué de son vivant, mais sa figure n’a cessé de grandir après sa mort. Par sa doctrine d’une Alliance nouvelle, fondée sur la religion du cœur, il a été le père du Judaïsme dans sa ligne la plus pure, et l’on relève son influence dans Ézéchiel, la seconde partie d’Isaïe et plusieurs Psaumes. L’époque maccabéenne le compte parmi les protecteurs du peuple, 2 M 2.1-8 ; 15.12-16. En mettant les valeurs spirituelles au premier plan, en dévoilant les rapports intimes que l’âme doit avoir avec Dieu, il a préparé la Nouvelle Alliance chrétienne, et sa vie d’abnégation et de souffrance au service de Dieu, après avoir pu fournir des traits à l’image du Serviteur dans Isa 53, fait de Jérémie une figure du Christ.

Cette influence durable suppose que les enseignements de Jérémie ont été souvent lus, médités et commentés. Cette action de toute une lignée spirituelle se reflète dans la composition de son livre. Il ne se présente pas, loin de là, comme une œuvre d’un seul jet. En dehors des oracles poétiques et des récits biographiques, il contient des discours en prose dans un style proche de celui du Deutéronome. Leur authenticité a été contestée et on les a attribués à des rédacteurs « deutéronomistes » d’après l’Exil. En fait, leur style est celui de la prose judéenne du VIIe et du début du VIe siècle av. J.-C., leur théologie est celle du courant religieux auquel appartiennent aussi bien Jérémie que le Deutéronome. Ils sont l’écho authentique de la prédication de Jérémie, recueillie par ses auditeurs. Toute cette tradition jérémienne ne s’est pas transmise sous une forme unique. La version grecque offre une recension qui est notablement plus courte (un huitième) que le texte massorétique et souvent différente dans le détail ; les découvertes de Qumrân prouvent que les deux recensions existaient en hébreu. De plus, le grec met les oracles contre les nations après 25.13 et dans un autre ordre que l’hébreu, qui les rejette à la fin du livre, 46-51. Ces prophéties ont peut-être formé d’abord une collection particulière et elles ne proviennent pas toutes de Jérémie : au moins, les oracles contre Moab et Édom ont été fortement retravaillés et le long oracle contre Babylone, 50-51, date de la fin de l’Exil. Le chap. 52 Se donne lui-même comme un appendice historique, qui est parallèle à 2 R 24.18 – 25.30. D’autres compléments de moindre étendue ont été insérés dans le cours du livre et témoignent de l’usage qu’en faisaient et de l’estime qu’en avaient les captifs de Babylone et la communauté renaissante après l’Exil. Il y a aussi une abondance de doublets, qui supposent un travail rédactionnel. Enfin, les indications chronologiques, qui sont nombreuses, ne se suivent pas. Le désordre actuel du livre est le résultat d’un long travail de composition, dont il est bien difficile de retracer toutes les étapes.

Le chap. 36 nous donne cependant les indications précieuses : en 605, Jérémie dicta à Baruch les oracles qu’il avait prononcés depuis le début de son ministère, 36.2, c’est-à-dire depuis 626. Ce rouleau, brûlé par Joiaqim, fut récrit et complété, 36.32. Sur le contenu de ce recueil, on ne peut faire que des hypothèses. Il semble avoir été introduit par 25.1-12 et groupait les pièces antérieures à 605 qu’on trouve dans les chap. 1-18, mais il contenait aussi, d’après 36.2, des oracles anciens contre les nations, auxquels se réfère 25.13-38. Les compléments qui y furent ajoutés ensuite sont, dans les mêmes sections, des pièces postérieures à 605 et d’autres oracles contre les nations. On y inséra les feuillets des « Confessions », dont le détail a été donné plus haut. On y joignit deux petits livrets, sur les rois, 21.11 – 23.8, et sur les prophètes, 23.9-40, qui ont pu avoir existé d’abord à part.

On isole déjà ainsi deux parties dans le livre : l’une contient des menaces contre Juda et Jérusalem, 1.1 – 25.13, l’autre des prophéties contre les nations, 25.13-38 et 46-51. Une troisième partie est constituée par 26-35, où l’on a rassemblé dans un ordre arbitraire des morceaux qui ont un ton plus optimiste. Ces pièces sont presque toutes en prose et proviennent en grande partie d’une biographie de Jérémie, qu’on attribue à Baruch. Il faut mettre à part les chap. 30-31 qui sont un livret poétique de consolation. La quatrième partie, 36-44, en prose, continue la biographie de Jérémie et donne le récit de ses souffrances pendant et après le siège de Jérusalem. Elle se termine par 45.1-5, qui est comme la signature de Baruch.

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