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La Bible en cinq ans pour le 2 mai 2008

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Chroniques, Chapitre 9

I. Autour de David : Les généalogies> 1 Jérusalem ville israélite et ville sainte., 35 9. SAÜL, PRÉDÉCESSEUR DE DAVID, 35 Origines de Saül.
1 Tous les Israélites furent répartis par groupes et se trouvaient inscrits sur le livre des rois d’Israël et de Juda quand ils furent déportés à Babylone à cause de leurs prévarications.
2 Les premiers à habiter dans leurs villes et leur patrimoine furent les Israélites, les prêtres, les lévites et les « donnés »;
3 à Jérusalem habitèrent des Judéens, des Benjaminites, des Éphraïmites et des Manassites.
4 Utaï, fils d’Ammihud, fils de Omri, fils d’Imri, fils de Bani, l’un des fils de Pérèç fils de Juda.
5 Des Shélanites, Asaya, l’aîné, et ses fils.
6 Des fils de Zérah, Yéuel. Plus leurs frères : six cent quatre-vingt-dix hommes.
7 Parmi les fils de Benjamin : Sallu fils de Meshullam, fils de Hodavya, fils de Hassenua ;
8 Yibneya fils de Yeroham ; Éla fils de Uzzi, fils de Mikri ; Meshullam fils de Shephatya, fils de Réuel, fils de Yibniyya.
9 Ils avaient neuf cent cinquante-six frères groupés selon leur parenté. Tous ces hommes étaient chefs, chacun de leur famille.
10 Parmi les prêtres : Yedaya, Yehoyarib, Yakîn,
11 Azarya fils de Hilqiyya, fils de Meshullam, fils de Sadoq, fils de Merayot, fils d’Ahitub, chef du Temple de Dieu.
12 Adaya, fils de Yeroham, fils de Pashehur, fils de Malkiyya, Maasaï fils de Adiel, fils de Yahzéra, fils de Meshullam, fils de Meshillémit, fils d’Immer.
13 Ils avaient des frères, chefs de famille, mille sept cent soixante vaillants preux qui étaient affectés au service du Temple de Dieu.
14 Parmi les lévites : Shemaya, fils de Hashshub, fils d’Azriqam, fils de Hashabya des fils de Merari,
15 Baqbaqar, Héresh, Galal. Mattanya, fils de Mika, fils de Zikri, fils d’Asaph,
16 Obadya, fils de Shemaya, fils de Galal, fils de Yedutûn, Bérékya, fils d’Asa, fils d’Elqana, qui demeurait dans les villages des Netophatites.
17 Les portiers : Shallum, Aqqub, Talmôn, Ahimân et leurs frères. Shallum, le chef,
18 se tient encore maintenant à la porte royale, à l’orient. C’étaient eux les portiers des camps des Lévites :
19 Shallum, fils de Qoré, fils d’Ébyasaph, fils de Coré, et ses frères les Coréites, de la même famille, vaquaient au service liturgique ; ils gardaient les seuils de la Tente, et leurs pères, responsables du camp de Yahvé, en avaient gardé l’accès.
20 Pinhas, fils d’Éléazar, en avait été autrefois le chef responsable (que Yahvé soit avec lui !).
21 Zacharie, fils de Meshélémya, était portier à l’entrée de la Tente du Rendez-vous.
22 Les portiers des seuils appartenaient tous à l’élite ; il y en avait deux cent douze. Ils étaient groupés dans leurs villages. Ce sont eux qu’établirent David et Samuel le voyant, à cause de leur fidélité.
23 Ils avaient avec leurs fils la responsabilité des portes du Temple de Yahvé, de la maison de la Tente.
24 Aux quatre points cardinaux se tenaient des portiers, à l’est, à l’ouest, au nord et au sud.
25 Leurs frères, qui habitaient leurs villages, venaient se joindre à eux de temps en temps pour une semaine ;
26 car les quatre chefs des portiers, eux, y demeuraient en permanence. C’étaient les Lévites qui étaient responsables des chambres et des réserves de la maison de Dieu.
27 Ils passaient la nuit aux alentours de la maison de Dieu car ils en avaient la garde et devaient l’ouvrir chaque matin.
28 Certains d’entre eux avaient la charge des objets du culte ; ils les comptaient quand ils les rentraient et les sortaient.
29 Certains autres étaient responsables du mobilier, de tout le mobilier sacré, de la fleur de farine, du vin, de l’huile, de l’encens et des parfums,
30 tandis que ceux qui préparaient le mélange aromatique destiné aux parfums étaient des prêtres.
31 L’un des Lévites, Mattitya — c’était le premier-né de Shallum le Coréite —, fut, à cause de sa fidélité, chargé de la confection des offrandes cuites à la plaque.
32 Parmi leurs frères, quelques Qehatites étaient chargés des pains à disposer en rangées, chaque sabbat.
33 Voici les chantres, chefs de familles lévitiques. Ils avaient été détachés dans les pièces du Temple, car ils étaient chargés d’officier jour et nuit.
34 Tels étaient les chefs des familles lévitiques groupés selon leur parenté. Ces chefs habitaient Jérusalem.
35 À Gabaôn habitaient le père de Gabaôn, Yeïel, dont la femme s’appelait Maaka,
36 et son fils premier-né Abdôn, ainsi que Çur, Qish, Baal, Ner, Nadab,
37 Gedor, Ahyo, Zekarya et Miqlot.
38 Miqlot engendra Shiméam. Mais eux, contrairement à leurs frères, habitaient Jérusalem avec leurs frères.
39 Ner engendra Qish, Qish engendra Saül, Saül engendra Jonathan, Malki-Shua, Abinadab, Eshbaal.
40 Fils de Jonathan : Meribbaal. Meribbaal engendra Mika.
41 Fils de Mika : Pitôn, Mélek, Taréa.
42 Ahaz engendra Yara, Yara engendra Alémèt, Azmavèt et Zimri ; Zimri engendra Moça.
43 Moça engendra Binéa.Rephaya son fils, Éléasa son fils, Açel son fils.
44 Açel eut six fils dont voici les noms : Azriqam, son premier-né, Yishmaël, Shéarya, Obadya, Hanân ; tels sont les fils de Açel.
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 h) Cette liste que le v. 1 date d’avant l’Exil s’inspire en fait de la liste de repeuplement de Jérusalem sous Néhémie, Ne 11, avec certaines différences qui reflètent peut-être la situation d’une époque encore plus tardive. Tout le chap. paraît additionnel.


3 i) Éphraïm et Manassé représentent les tribus du Nord. Pour le livre, Jérusalem, ville sainte, est la ville de toutes les tribus. Mais dans l’énumération qui suit, n’apparaîtront que Benjamin, Juda et Lévi.


17 j) Parmi le personnel cultuel, la plus grande place est donnée aux portiers, vv. 17-26 leurs fonctions sont dites remonter au désert, vv. 19-21, et avoir continué sous Samuel et David à la « maison de la Tente », v. 23 ; ils sont loués pour leur fidélité, v. 22 ; ils descendent tous de Coré, descendant de Lévi, v. 19. En fait, les portiers n’ont été assimilés que tardivement aux lévites ; ils ne le sont pas encore au moment du Retour, cf. Esd 2.42 ; Ne 7.45, et la liste de Ne 11, dont s’inspire ce chap., les classe à part, cf. 11.19. Une fois agrégés aux lévites, ils cherchent à s’égaler aux chantres, cf. vv. 17, 27 et 2 Ch 20.19. Douze psaumes sont attribués aux fils de Coré.


19 k) Le Chroniste assimile Jérusalem au camp israélite décrit par les textes sacerdotaux.


33 l) On attendrait ici une liste des chantres, comme pour les autres groupes.


38 m) Cf. 8.29.


L’Ancien Testament comprend un second groupe de livres historiques, qui doublent en grande partie et ensuite prolongent l’histoire deutéronomiste qui s’étend de Josué à la fin des Rois. Ce sont les deux livres des Chroniques, puis celui d’Esdras et, selon l’opinion commune, celui de Néhémie. Les deux livres des Chroniques n’en formaient primitivement qu’un seul et les livres d’Esdras et de Néhémie faisaient partie du même ensemble, œuvre d’un seul auteur. Non seulement on y retrouve le même style et les mêmes idées fondamentales, mais la répétition, au début de Esd 1, des versets qui terminent 2 Ch 36 certifie l’unité de composition.

Les livres des Chroniques (d’après le titre hébreu ; la Bible grecque et la Vulgate les appellent « Paralipomènes », c’est-à-dire les livres qui donnent les « choses omises », qui apportent un complément) sont donc une œuvre du judaïsme postexilique, d’une époque où le peuple, privé de son indépendance politique, jouissait cependant d’une sorte d’autonomie reconnue par les maîtres de l’Orient : il vivait sous la direction de ses prêtres, selon les règles de sa loi religieuse. Le Temple et ses cérémonies étaient le centre de la vie nationale. Mais ce cadre légaliste et rituel est vivifié par un courant de piété personnelle, par les doctrines de sagesse, par le souvenir des gloires ou des défaillances du passé et la confiance dans les promesses des prophètes.

L’auteur des Chroniques, un lévite de Jérusalem, appartient profondément à ce milieu.

Il écrit après Esdras et Néhémie, notablement plus tard puisqu’il peut combiner à sa guise les sources qui les concernent. Le début de l’époque grecque, avant 300 av. J.-C., paraît être la date la plus vraisemblable. L’ouvrage reçut ensuite des additions, venant d’une ou de plusieurs mains, en particulier les tables généalogiques de 1 Ch 2-9 furent augmentées et des listes nominatives furent ajoutées, probablement celles des partisans de David, 12, celles des prêtres et des lévites, 15, et la longue addition de 1 Ch 23.3 – 27.34, qui recense le personnel cultuel et administratif de David.

Ces compléments, qui peuvent avoir utilisé de bons documents, restent dans la ligne de pensée du Chroniste.

Il manifeste un grand intérêt pour le Temple. Le clergé joue dans son œuvre un rôle prééminent, non seulement les prêtres et les lévites, selon l’esprit du Deutéronome et des textes sacerdotaux du Pentateuque, mais les classes inférieures du clergé, les portiers et les chantres, désormais assimilés aux lévites. La sanctification du clergé s’étend aux laïcs par leur participation aux sacrifices de communion, qui retrouvent chez le Chroniste leur importance ancienne. Cette communauté sainte n’est pas restreinte aux seuls Judéens : par-delà l’apostasie du royaume d’Israël, dont il parle le moins possible, il retrouve les Douze Tribus unies sous le sceptre de David et, au-delà des circonstances présentes, il attend la réunion de tous les fils d’Israël. Les païens eux-mêmes ne sont pas exclus de la prière du Temple. « Israël » est pour lui tout le peuple fidèle, avec qui Dieu avait fait alliance autrefois, avec qui il a renouvelé cette alliance en la personne de David. C’est sous David que se sont le mieux réalisées les conditions du règne de Dieu sur la terre, de la théocratie ; c’est dans l’esprit de David que la communauté doit vivre, avec un constant souci de réforme qui est un retour aux traditions, pour que Dieu lui garde sa faveur et accomplisse les promesses.

Le centre permanent d’intérêt de cette longue histoire est le Temple de Jérusalem et son culte, depuis les préparations sous David jusqu’à la restauration accomplie par la communauté revenue de l’Exil.

Ces grandes pensées du Chroniste expliquent la composition de son ouvrage. Les premiers chapitres, 1 Ch 1-9, donnent des listes généalogiques qui s’attardent davantage sur la tribu de Juda et la descendance de David, sur les lévites, sur les habitants de Jérusalem. Cela sert d’introduction à l’histoire de David qui occupe toute la fin du premier livre, 10-29. Les démêlés avec Saül sont omis, comme la faute avec Bethsabée, les drames de famille et les révoltes, mais la prophétie de Natân est mise en relief, 1 Ch 17, et une place considérable est faite aux institutions religieuses : transport de l’arche et organisation du culte à Jérusalem, 13, 15-16, préparatifs pour la construction du Temple, 21-29. David a dressé le plan, assemblé les matériaux, réglé les fonctions du clergé jusque dans les détails, et il a laissé la réalisation à son fils Salomon. Dans l’histoire de celui-ci, 2 Ch 1-9, la construction du Temple, la prière du roi lors de la dédicace et les promesses que Dieu fait en réponse occupent la plus grande place. À partir du schisme, le Chroniste ne se préoccupe que du royaume de Juda et de la dynastie davidique. Les rois sont jugés d’après leur fidélité ou leur infidélité aux principes de l’alliance, selon qu’ils se rapprochent ou s’écartent du modèle donné par David, 2 Ch 10-36. Les désordres sont suivis de réformes, dont les plus profondes sont celles d’Ézéchias et de Josias ; ce dernier roi a des successeurs impies qui précipitent le désastre, mais les Chroniques s’achèvent par la permission donnée par Cyrus de reconstruire le Temple. On a dit qu’elles se continuaient par les livres d’Esdras et de Néhémie.

Pour écrire cette histoire, l’auteur s’est servi d’abord des livres canoniques, ceux de la Genèse et des Nombres pour les listes du début, surtout ceux de Samuel et des Rois. Il les utilise librement, il choisit ce qui va à son propos, il ajoute et retranche. Cependant il ne cite jamais ces sources essentielles que nous pouvons vérifier. En revanche, il se réfère à un certain nombre d’autres ouvrages, des « livres » des rois d’Israël ou des rois d’Israël et de Juda, un « midrash » du livre des Rois, des « paroles » ou des « visions » de tel ou tel prophète. Ces écrits nous sont inconnus et on discute sur leur contenu et leurs relations mutuelles. Ils décrivaient probablement les différents règnes à la lumière des interventions prophétiques. Il est douteux que le Chroniste ait utilisé aussi des traditions orales.

Puisque le Chroniste a eu des sources que nous ignorons et qui pouvaient être dignes de foi, il n’y a pas lieu de suspecter en principe tout ce qu’il ajoute aux livres canoniques que nous connaissons. Chaque cas doit être examiné pour lui-même et des recherches récentes ont, sur plusieurs points, vengé le Chroniste du discrédit où le tenaient beaucoup d’exégètes. Mais il arrive aussi qu’il donne des informations incompatibles avec le tableau que tracent Samuel ou les Rois, ou bien qu’il modifie sciemment ce que disent ces derniers livres. Ce procédé – qui serait inexcusable chez un historien moderne dont la mission est de raconter, en l’expliquant, l’enchaînement des faits – se justifie par l’intention de l’auteur : il n’est pas un historien, il est un théologien qui, à la lumière des expériences anciennes et d’abord de l’expérience davidique, « pense » les conditions du royaume idéal ; il fait confluer dans une synthèse le passé, le présent et l’avenir : il projette à l’époque de David toute l’organisation cultuelle qu’il a sous les yeux, il omet tout ce qui pourrait amoindrir son héros. En dehors des informations nouvelles qu’il contient et dont on peut éprouver la valeur, son ouvrage vaut moins pour une reconstitution du passé que comme un tableau de l’état et des préoccupations de son époque.

Car il écrit pour ses contemporains. Il leur rappelle que la vie de la nation dépend de sa fidélité à Dieu et que cette fidélité s’exprime par l’obéissance à la Loi et la régularité d’un culte animé par la vraie piété. Il veut faire de son peuple une communauté sainte, pour laquelle se réaliseront les promesses faites à David. Les hommes religieux du judaïsme contemporain du Christ vivront de son esprit, avec parfois des déviations qu’il n’avait pas prévues. Son enseignement sur la primauté du spirituel et sur la conduite par Dieu de tous les événements du monde a une valeur permanente.

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