Amos, Chapitre 7
III. Les visions> 1 Première vision : les sauterelles., 4 Deuxième vision : la sécheresse., 7 Troisième vision : l’étain., 10 Conflit avec Amasias. Amos expulsé de Béthel.
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1 h) « produisait » yôçer ; on corrige parfois en « une éclosion » yeçer , supposé par le grec. — Au lieu de hébr. « c’est le regain », le grec précise « des larves sans ailes ». — Le roi prélevait sans doute une partie de la première coupe.
2 i) L’intercession est une des fonctions propres du ministère prophétique, Gn 20.7. Cf. aussi 2 M 15.14 ; Jr 15.1, 11 ; 18.20 ; Ez 9.8 ; Dn 9.15-19 ; sur l’intercession de Moïse, cf. Ex 32.11. Mais quand le peuple s’obstine dans le péché, Dieu n’accepte plus l’intercession du prophète, cf. Jr 14.7-11. Ici Amos n’intervient que dans les deux premières visions, il se tait dans les trois dernières.
3 j) C’est-à-dire renonça à exécuter son dessein.
4 k) Le « feu » est la sécheresse, 1.2 ; 4.6-8, qui dévore tout (Jl 1.19-20 ; 2.3). On pense aussi au feu céleste qui détruisit Sodome et Gomorrhe (Gn 19.24s).
4 l) L’océan souterrain, d’où proviennent les eaux.
7 m) L’étain (anak , mot unique, expliqué par l’akkadien annaku « étain ») est un métal mou ; le mur sera peu solide, à l’opposé d’un mur d’airain (Jr 1.18 ; 15.20) ou de fer (Ez 4.3). Mais anak signifie le plomb en arabe. D’où la traduction traditionnelle « fil à plomb » Dieu va tout détruire et raser (cf. 2 R 21.13 ; Isa 34.11 ; Lm 2.8). Il faut alors omettre dans l’hébr. le mot anak après « un mur ». L’étain est bedîl dans Za 4.10, et le plomb, `opheret (Za 5.7).
8 n) Littéralement « je ne passerai plus pour lui (sous-entendu sur sa faute), cf. Mi 7.18. Refrain repris dans 8.2 ; il remplace celui des deux premières visions (7.3.6).
10 o) Ce récit en prose, qui provient du groupe des disciples d’Amos, est intercalé entre la troisième et la quatrième vision. Il suit immédiatement la prophétie contre la maison royale, 7.9, et décrit les réactions que cette annonce a suscitées.
12 p) Le terme comporte peut-être ici une nuance de mépris (« visionnaire »).
13 q) Amasias assimile Amos aux prophètes de carrière qui vivent de leur profession, cf. 1 S 9.7, mais il ne l’accuse pas d’être un faux prophète ; au contraire, par son intervention et son accusation de conspiration (v. 10), il montre qu’il redoute les conséquences de la prédication du prophète la parole d’Amos, efficace, est considérée comme la cause directe des malheurs qu’elle annonce.
14 r) « frère prophète », litt. « fils de prophète », sémitisme indiquant l’appartenance à un groupe, cf. 2 R 2.3. — « bouvier », litt. « qui s’occupe du bétail » avec un terme qui désigne normalement le gros bétail. Cf. 1.1 (où il y a un terme différent). — En pinçant la tige des fruits du sycomore, qui servent de fourrage, on en hâte la maturation.
17 s) Toute terre étrangère, souillée par la présence des idoles, est impure, Os 9.3-4 ; la terre d’Israël, qu’habite Yahvé, Os 8.1 ; Za 9.8 ; Jr 12.7, est pure, 2 R 5.17, et « sainte », Ex 19.12 ; Za 2.16 ; 2 M 1.7.
Amos était berger à Teqoa, sur la lisière du désert de Juda, 1.1 ; étranger aux confréries de prophètes, il a été pris par Yahvé de derrière son troupeau et envoyé pour prophétiser à Israël, 7.14. Après un court ministère qui eut pour cadre principal le sanctuaire schismatique de Béthel, 7.10s, et s’exerça probablement aussi à Samarie, cf. 3.9 ; 4.1 ; 6.1, il fut expulsé d’Israël et revint à ses occupations premières.
Il prêche sous le règne de Jéroboam II, 783-743, époque humainement glorieuse, où le royaume du Nord s’étend et s’enrichit, mais où le luxe des grands insulte à la misère des opprimés et où la splendeur du culte masque l’absence d’une religion vraie. Avec la rudesse simple et fière et avec la richesse d’images d’un homme de la campagne, Amos condamne au nom de Dieu la vie corrompue des cités, les injustices sociales, la fausse assurance qu’on met en des rites où l’âme ne s’engage pas, 5.21-22. Yahvé, souverain Seigneur du monde, qui punit toutes les nations, 1-2, châtiera durement Israël, que son élection oblige à une plus grande justice morale, 3.2. Le « Jour de Yahvé » (l’expression vient ici pour la première fois) sera ténèbres et non lumière, 5.18s, la vengeance sera terrible, 6.8s, exercée par un peuple que Dieu appelle, 6.14, l’Assyrie qui n’est pas nommée mais qui occupe l’horizon du prophète. Toutefois Amos ouvre une petite espérance, la perspective d’un salut pour la maison de Jacob, 9.8, pour le « reste » de Joseph, 5.15 (premier emploi prophétique de ce terme). Cette profonde doctrine sur Dieu, maître universel et tout-puissant, défenseur de la justice, est exprimée avec une assurance absolue, sans que jamais le prophète ait l’air d’innover : sa nouveauté est dans la force avec laquelle il rappelle les exigences du pur Yahvisme.
Le livre nous est parvenu dans un certain désordre ; en particulier, le récit en prose, 7.10-17, qui sépare deux visions, se placerait mieux à la fin des oracles. On peut hésiter sur l’attribution à Amos lui-même de quelques courts passages. Les doxologies, 4.13 ; 5.8-9 ; 9.5-6, ont peut-être été ajoutées pour la lecture liturgique. Les courts oracles contre Tyr, Édom, 1.9-12, et Juda, 2.4-5, semblent dater de l’Exil. La discussion porte davantage sur 9.8-10 et surtout sur 9.11-15. Il n’y a pas de raison sérieuse de suspecter le premier de ces passages, mais il est vraisemblable que le second a été ajouté : on ne doit pas tirer argument des promesses de salut qu’il contient et qui, dès le début, furent un thème de la prédication des prophètes, ici Amo 5.15 et à la même époque chez Osée, mais ce qui est dit de la hutte branlante de David, de la vengeance contre Édom, d’un retour et d’un rétablissement d’Israël, suppose l’époque de l’Exil et peut être attribué, avec quelques autres retouches, à une édition deutéronomiste du livre.