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La Bible en cinq ans pour le 22 novembre 2006

La Bible de Jérusalem (fr)

Josué, Chapitre 21

II. Répartition du pays entre les tribus> 1 Les villes lévitiques., 9 Part des Qehatites., 27 Part des fils de Gershôn., 34 Part des fils de Merari., 43 Conclusion du partage.
Alors les chefs de famille des Lévites s’en vinrent trouver le prêtre Éléazar, Josué, fils de Nûn, et les chefs de famille des tribus d’Israël,
alors qu’on se trouvait à Silo, au pays de Canaan, et leur dirent : « Yahvé, par l’intermédiaire de Moïse, a ordonné qu’on nous donne des villes pour y demeurer, et leurs pâturages pour notre bétail. »
Les Israélites donnèrent donc aux Lévites, sur leur héritage, selon l’ordre de Yahvé, les villes en question avec leurs pâturages.
On tira au sort pour les clans des Qehatites : aux fils du prêtre Aaron, d’entre les Lévites, échurent treize villes des tribus de Juda, de Siméon et de Benjamin ;
aux autres fils de Qehat, selon leurs clans, échurent dix villes des tribus d’Éphraïm, de Dan et de la demi-tribu de Manassé.
Aux fils de Gershôn, selon leurs clans, échurent treize villes des tribus d’Issachar, d’Asher, de Nephtali et de la demi-tribu de Manassé en Bashân.
Aux fils de Merari selon leurs clans, échurent douze villes des tribus de Ruben, de Gad et de Zabulon.
Les Israélites assignèrent par le sort ces villes et leurs pâturages aux Lévites, comme l’avait ordonné Yahvé par l’intermédiaire de Moïse.
Ils donnèrent de la tribu de Juda et de la tribu de Siméon les villes que voici dont les noms furent donnés.
10 Ce fut d’abord la part des fils d’Aaron, appartenant au clan des Qehatites, aux fils de Lévi, car le premier lot était pour eux.
11 Ils leur donnèrent Qiryat-Arba la ville du père d’Anaq — c’est Hébron — dans la montagne de Juda, avec les pâturages environnants.
12 Mais la campagne de cette ville avec ses villages, ils les donnèrent en propriété à Caleb, fils de Yephunné.
13 Aux fils du prêtre Aaron, ils donnèrent Hébron, ville de refuge pour le meurtrier, avec ses pâturages, ainsi que Libna et ses pâturages,
14 Yattir et ses pâturages, Eshtemoa et ses pâturages,
15 Holôn et ses pâturages, Debir et ses pâturages,
16 Ashân et ses pâturages, Yutta et ses pâturages, et Bet-Shémesh et ses pâturages : neuf villes prises sur ces deux tribus.
17 De la tribu de Benjamin, Gabaôn et ses pâturages, Géba et ses pâturages,
18 Anatot et ses pâturages, et Almôn et ses pâturages : quatre villes.
19 Total des villes des prêtres fils d’Aaron : treize villes et leurs pâturages.
20 Quant aux clans des fils de Qehat, aux Lévites qui restaient parmi les fils de Qehat, les villes de leur lot furent prises sur la tribu d’Éphraïm.
21 On leur donna Sichem, ville de refuge pour le meurtrier, avec ses pâturages, dans la montagne d’Éphraïm, ainsi que Gézer et ses pâturages,
22 Qibçayim et ses pâturages, et Bet-Horôn et ses pâturages : quatre villes.
23 De la tribu de Dan, Elteqé et ses pâturages, Gibbetôn et ses pâturages,
24 Ayyalôn et ses pâturages, et Gat-Rimmôn et ses pâturages : quatre villes.
25 De la demi-tribu de Manassé, Tanak et ses pâturages, et Yibleam et ses pâturages : deux villes.
26 Total : dix villes avec leurs pâturages pour les clans qui restaient parmi les fils de Qehat.
27 Aux fils de Gershôn, de clans lévitiques, on donna, de la demi-tribu de Manassé, Golân en Bashân, ville de refuge pour le meurtrier, et Ashtarot, avec leurs pâturages : deux villes.
28 De la tribu d’Issachar, Qishyôn et ses pâturages, Daberat et ses pâturages,
29 Yarmut et ses pâturages, et En-Gannim et ses pâturages : quatre villes.
30 De la tribu d’Asher, Mishéal et ses pâturages, Abdôn et ses pâturages,
31 Helqat et ses pâturages, et Rehob et ses pâturages : quatre villes.
32 De la tribu de Nephtali, Qédesh en Galilée, ville de refuge pour le meurtrier, avec ses pâturages, Hammot-Dor et ses pâturages, et Qartân et ses pâturages : trois villes.
33 Total des villes des Gershonites, selon leurs clans : treize villes et leurs pâturages.
34 Au clan des fils de Merari, au reste des Lévites, échurent, de la tribu de Zabulon, Yoqnéam et ses pâturages, Qarta et ses pâturages,
35 Rimmôna et ses pâturages, et Nahalal et ses pâturages : quatre villes.
36 De l’autre côté du Jourdain de Jéricho, de la tribu de Ruben, Béçèr dans le désert, sur le plateau, ville de refuge pour le meurtrier, avec ses pâturages, Yahaç et ses pâturages,
37 Qedémot et ses pâturages, et Méphaat et ses pâturages : quatre villes.
38 De la tribu de Gad, Ramot en Galaad, ville de refuge pour le meurtrier, avec ses pâturages, Mahanayim et ses pâturages,
39 Heshbôn et ses pâturages, et Yazèr et ses pâturages. Total des villes : quatre.
40 Total des villes qui furent le lot des fils de Merari selon leurs clans, du reste des clans lévitiques : douze villes.
41 Le nombre total des villes des Lévites au milieu du domaine des Israélites était de quarante-huit villes avec leurs pâturages.
42 Ces villes comprenaient chacune la ville et ses pâturages alentour. Il en allait ainsi pour toutes les villes.
43 C’est ainsi que Yahvé donna aux Israélites tout le pays qu’il avait juré de donner à leurs pères. Ils en prirent possession et s’y établirent.
44 Yahvé leur procura le repos de tous côtés, tout comme il l’avait juré à leurs pères et, de tous leurs ennemis, aucun ne réussit à tenir devant eux. Tous leurs ennemis, Yahvé les livra entre leurs mains.
45 De toutes les promesses que Yahvé avait faites à la maison d’Israël, aucune ne manqua son effet : tout se réalisa.
Lire la suite:Josué, Chapitre 22
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 k) La tribu de Lévi, qui n’a pas d’autonomie politique, n’a pas reçu de territoire, 13.14, 33 ; 14.3-4 ; 18.7, mais on accorde aux Lévites la résidence en certaines villes et des droits sur les pâturages voisins, cf. Nb 35.1-8. Ce chap., l’un des plus récents du livre, est la systématisation utopique d’un état de fait qui peut remonter à l’époque de Salomon où toutes les villes mentionnées étaient effectivement au pouvoir d’Israël. La liste peut s’appuyer sur la répartition des Lévites après la fondation du Temple de Jérusalem ; elle inclut les six villes de refuge, qui répondent à une intention différente.


5 l) « selon leurs clans » conj., cf. v. 7 ; « des clans de la tribu » hébr. De même au v. 6.


9 m) Fin du v. incertaine.


16 n) « Ashân » mss grecs, cf. 1 Ch 6.44 ; « Ayin » (« la source ») hébr.


25 o) « Yibleam » conj., cf. 17.11 ; hébr. répète « Gat-Rimmôn ».


27 p) « Ashtarot » syr., cf. 1 Ch 6.56 ; be’ eshterah hébr.


35 q) « Rimmôna » conj. d’après 19.13 ; 1 Ch 6.62 ; « Dimnah » hébr.


37 r) Les vv. 36-37, omis par le TM, se trouvent dans de nombreux mss hébr. et sont donnés ici, corrigés d’après le grec et 1 Ch 6.62-63.


Le livre de Josué se divise en trois parties : a) la conquête de la Terre Promise, 1-12 ; b) la répartition du territoire entre les tribus, 13-21 ; c) la fin de la carrière de Josué, et spécialement son dernier discours et l’assemblée de Sichem, 22-24. Il est certain que ce livre n’a pas été écrit par Josué lui-même, comme l’a admis la tradition juive, et qu’il met en œuvre des sources variées. Dans la première partie, on reconnaît, dans les chap. 2-9, un groupe de traditions qui se rattachent très probablement au sanctuaire benjaminite de Gilgal. Les chap. 2 et 9, l’histoire d’une femme, Rahab, et celle d’un groupe d’étrangers, les Gabaonites, encadrent ce premier ensemble littéraire. Dans les chap. 10-11, on trouve deux histoires de batailles, celle de Gabaôn et celle de Mérom, auxquelles est rattachée la conquête de tout le sud puis de tout le nord du pays. L’histoire des Gabaonites, chap. 9, en enjambant sur 10.1-6, fait le lien entre ces deux groupes de chapitres, vraisemblablement réunis avant la fin de l’époque monarchique.

Les traditions recueillies dans les chap. 3-8 ont été conservées à Gilgal, un sanctuaire de Benjamin ; la figure de Josué, qui est un Éphraïmite, pourrait bien y être secondaire ; sa présence dans les récits veut souligner que, dès avant la royauté, l’entrée en Canaan s’est faite sous un chef unique. L’aspect étiologique de ces récits, c’est-à-dire leur souci d’expliquer des faits ou des situations qui restent observables, est indéniable et obéit à une motivation historique. Dans les récits relatifs à Jéricho, chap. 6, et à Aï, chap. 8, l’historicité des événements rapportés est difficile à prouver et ne reçoit pas l’appui des découvertes archéologiques.

La seconde partie est un exposé géographique d’un genre tout différent. Le chap. 13 localise les tribus de Ruben et de Gad et la demi-tribu de Manassé, déjà installées par Moïse en Transjordanie, d’après Nb 32, cf. Dt 3.12-17. Les chap. 14-19 concernent les tribus à l’ouest du Jourdain et combinent deux sortes de documents : une description des limites des tribus, qui est d’une précision très inégale et qui remonte pour le fond à l’époque prémonarchique, et des listes de villes qui ont été ajoutées. La plus détaillée est celle des villes de Juda, 15, qui, complétée par une partie de villes de Benjamin, Jos 18.25-28, répartit les villes en douze districts ; elle reflète une division administrative du royaume de Juda, probablement sous Josaphat. En manière de compléments, le chap. 20 énumère les villes de refuge dont la liste n’est pas antérieure au règne de Salomon ; le chap. 21, sur les villes lévitiques, est une addition postérieure à l’Exil, qui utilise cependant les souvenirs de l’époque monarchique.

Dans la troisième partie, le chap. 22, sur le retour des tribus d’outre-Jourdain et l’érection d’un autel au bord du fleuve, porte les marques de rédactions deutéronomiste et sacerdotale ; il a pour origine une tradition particulière dont l’âge et le sens sont incertains. Le chap. 24 préserve le vieux et authentique souvenir d’une assemblée à Sichem et du pacte religieux qui y fut conclu.

À la rédaction deutéronomiste, on peut attribuer, outre des retouches de détail, les passages suivants : 1 (en grande partie) ; 8.30-35 ; 10.28-43 ; 11.11-24 ; 12 (sauf la liste) ; 22.1-8 ; 23 ; la révision de 24. La manière dont le chap. 24, retouché dans l’esprit du Deutéronome, a été maintenu à côté du chap. 23, qui s’en inspire mais est d’une autre main, fournit l’indice de deux éditions successives du livre.

Celui-ci présente la conquête de toute la Terre Promise comme le résultat d’une action d’ensemble des tribus sous la conduite de Josué. Le récit de Jg 1 offre un tableau différent : on y voit chaque tribu luttant pour son territoire et souvent mise en échec ; c’est une tradition d’origine judéenne, dont les éléments ont pénétré dans la partie géographique de Josué, Jos 13.1-6 ; 14.6-15 ; 15.13-19 ; 17.12-18. Cette image d’une conquête dispersée et incomplète est plus proche de la réalité historique, que l’on ne peut restituer que d’une manière conjecturale. L’installation dans le Sud de la Palestine se fit à partir de Cadès et du Négeb et surtout par des groupes qui ne furent que progressivement intégrés à Juda : les Calébites, Qenizzites, etc., et les Siméonites. L’installation en Palestine centrale fut l’œuvre des groupes qui traversèrent le Jourdain sous la conduite de Josué et qui comprenaient les éléments des tribus d’Éphraïm-Manassé et de Benjamin. L’installation dans le Nord eut une histoire particulière : les tribus de Zabulon, Issachar, Asher et Nephtali étaient établies depuis un temps indéterminé et ne sont pas descendues en Égypte. À Sichem, elles se rallièrent à la foi yahviste que le groupe de Josué avait apportée et elles acquirent leurs territoires définitifs en luttant contre les Cananéens qui les avaient asservies ou qui les menaçaient. Dans ces différentes régions, l’installation se fit en partie par des actions guerrières, en partie par une infiltration pacifique et par des alliances avec les précédents occupants du pays. Il faut retenir comme historique le rôle de Josué dans l’installation en Palestine centrale, depuis le passage du Jourdain jusqu’à l’assemblée de Sichem. Considérant la date qui a été indiquée pour l’Exode (Introduction au Pentateuque), on peut proposer la chronologie suivante : entrée des groupes du Sud vers 1250, occupation de la Palestine centrale par les groupes venant d’outre-Jourdain à partir de 1225, expansion des groupes du Nord vers 1200 av. J.-C.

De cette histoire complexe, que nous ne restituons que par hypothèse, le livre de Josué donne un tableau idéalisé et simplifié. Il est idéalisé : l’épopée de la sortie d’Égypte se continue dans cette conquête où Dieu intervient miraculeusement en faveur de son peuple. Il est simplifié : tous les épisodes se sont polarisés autour de la grande figure de Josué, qui mène les combats de la Maison de Joseph, 1-12, et à qui est attribuée une répartition du territoire qui ne s’effectua pas par lui ni d’un coup, 13-21. Le livre s’achève par les adieux et la mort de Josué, 23, 24 ; ainsi, du début à la fin, il en est le personnage principal. En lui, les Pères de l’Église ont reconnu une préfiguration de Jésus : non seulement il porte le même nom sauveur, mais le passage du Jourdain, introduisant avec lui dans la Terre Promise, est le type du baptême en Jésus qui introduit à Dieu, et la conquête et la répartition du territoire sont devenues l’image des victoires et de l’expansion de l’Église.

Cette terre de Canaan est bien, dans l’horizon de l’Ancien Testament, le vrai sujet du livre : le peuple, qui avait trouvé son Dieu au désert, reçoit maintenant sa terre, et il la reçoit de son Dieu. Car c’est Yahvé qui a combattu pour les Israélites, Jos 23.3-10 ; 24.11-12, et leur a donné en héritage le pays qu’il avait promis aux Pères, 23.5, 14.

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