Bible-Centre

Lecture en trois ans pour le 9 mars 2006

La Bible de Jérusalem (fr)

Esther, Chapitre 2,  vers 12-23

II. Mardochée et Esther> 1 Esther devient reine., 19 Mardochée et Aman.
12 Chaque jeune fille devait se présenter à son tour au roi Assuérus au terme du délai fixé par le statut des femmes, soit douze mois. L’emploi de ce temps de préparation était tel : pendant six mois les jeunes filles usaient de l’huile de myrrhe, et pendant six autres mois du baume et des onguents employés pour les soins de beauté féminine.
13 Quand elle se présentait au roi, chaque jeune fille obtenait tout ce qu’elle demandait pour le prendre avec elle en passant du harem au palais royal.
14 Elle s’y rendait au soir et, le lendemain matin, regagnait un autre harem, confié à Shaashgaz, l’eunuque royal préposé à la garde des concubines. Elle ne retournait pas vers le roi à moins que le roi ne s’en fût épris et ne la rappelât nommément.
15 Mais Esther, fille d’Abihayil, lui-même oncle de Mardochée qui l’avait adoptée pour fille, son tour venu de se rendre chez le roi, ne demanda rien d’autre que ce qui lui fut indiqué par l’eunuque royal Hégé, commis à la garde des femmes. Et voici qu’Esther trouva grâce devant tous ceux qui la virent.
16 Elle fut conduite au roi Assuérus, au palais royal, le dixième mois, qui est Tébèt, en la septième année de son règne,
17 et le roi la préféra à toutes les autres femmes, elle trouva devant lui faveur et grâce plus qu’aucune autre jeune fille. Il posa donc le diadème royal sur sa tête et la choisit pour reine à la place de Vasthi.
18 Après cela le roi donna un grand festin, le festin d’Esther, à tous les grands officiers et serviteurs, accorda un jour de repos à toutes les provinces et prodigua des présents avec une libéralité royale.
19 En passant, comme les jeunes filles, dans le second harem,
20 Esther n’avait révélé ni sa parenté ni son peuple, ainsi que le lui avait prescrit Mardochée dont elle continuait à observer les instructions comme au temps où elle était sous sa tutelle.
21 Mardochée était alors attaché à la Royale Porte. Mécontents, deux eunuques royaux, Bigtân et Téresh, du corps des gardes du seuil, complotèrent de porter la main sur le roi Assuérus.
22 Mardochée en eut vent, informa la reine Esther et celle-ci, à son tour, en parla au roi au nom de Mardochée.
23 Après enquête, le fait se révéla exact. Ces deux-là furent envoyés au gibet et, en présence du roi, une relation de l’histoire fut consignée dans le livre des Chroniques.
Lire la suite:Esther, Chapitre 3
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

19 k) Texte corrigé. Hébr. (suivi par Vulg.) « Lorsque les jeunes filles furent rassemblées pour la deuxième fois, Mardochée siégeait à la Porte »; grec « Mardochée était en fonction dans le palais ». La mention de Mardochée et de sa fonction est inattendue ici. Elle revient bien en place au v. 21, dont elle est sans doute une dittographie.


20 l) Le grec, plus religieux que l’hébr., lit « Quant à Esther, elle n’avait pas fait connaître sa patrie. Mardochée lui avait en effet recommandé de craindre Dieu et d’observer ses commandements comme au temps où elle était avec lui. Et Esther n’avait pas changé de conduite. »


21 m) L’expression désigne l’ensemble des services royaux, ou, en d’autres cas, les bâtiments qui les abritaient (nous traduisons alors « la Porte Royale »).


Le livre d’Esther raconte, comme celui de Judith, une délivrance de la nation par l’intermédiaire d’une femme. Les Juifs établis en Perse sont menacés d’extermination par la haine d’un vizir omnipotent, Aman, et sont sauvés grâce à l’intervention d’Esther, une jeune compatriote devenue reine, elle-même dirigée par son oncle Mardochée ; c’est un retournement complet de la situation : Aman est pendu, Mardochée prend sa place, les Juifs massacrent leurs ennemis. La fête des Purim est instituée pour commémorer cette victoire et on recommande aux Juifs de la célébrer chaque année.

Ce récit illustre l’hostilité dont les Juifs étaient l’objet dans le monde antique, à cause de la singularité de leur vie qui les mettait en opposition avec la loi du prince (comparer la persécution d’Antiochus Épiphane) ; leur nationalisme exacerbé est une réaction de défense. Sa violence nous choque mais nous devons nous souvenir que le livre est antérieur à la révélation chrétienne. Il faut aussi faire la part de la convention littéraire : ces intrigues de harem et ces tueries ne servent qu’à la présentation dramatique d’une thèse, qui est une thèse religieuse. L’élévation de Mardochée et d’Esther et la délivrance qui en résulte rappellent l’histoire de Daniel, et surtout celle de Joseph, opprimé puis exalté pour le salut de son peuple. Dans le récit de la Genèse sur Joseph, Dieu ne manifeste pas extérieurement sa puissance et cependant il dirige les événements. De même, dans le livre hébreu d’Esther, qui évite de nommer Dieu, la Providence conduit toutes les péripéties du drame. Les acteurs le savent et mettent toute leur confiance en Dieu, qui réalisera son dessein de salut, même si défaillent les instruments humains qu’il a choisis, cf. Est 4.13-17 qui donne la clé du livre. Les additions grecques sont d’un ton plus religieux (elles ont fourni tous les passages d’Esther utilisés par la liturgie chrétienne), mais elles ne font qu’expliciter ce que l’auteur hébreu laissait deviner.

La version grecque existait en 114 (ou 78) av. J.-C., où elle est envoyée en Égypte pour authentiquer la fête des Purim, Est 10.3l. Le texte hébreu est antérieur ; d’après 2 M 15.36, les Juifs de Palestine célébraient, en 160 av. J.-C., un « jour de Mardochée », qui suppose connus l’histoire d’Esther et peut-être le livre lui-même. Celui-ci peut avoir été composé dans le deuxième quart du IIe siècle av. J.-C. Son rapport original avec la fête des Purim est incertain : le passage d’Est 9.20-32 est d’un style différent et paraît être une addition. Les origines de la fête sont obscures et il est possible que le livre lui ait été rattaché secondairement (2 M 15.36 ne donne pas le nom de « Purim » au « jour de Mardochée ») et ait servi à la justifier historiquement.

Réduire

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.