Toutes les actions humaines décrites dans la Bible ne sont pas pour nous des exemples à suivre. La Bible est un livre très réaliste ; elle dit la vérité non seulement sur Dieu, mais aussi sur nous et sur notre histoire...
Toutes les actions humaines décrites dans la Bible ne sont pas pour nous des exemples à suivre. La Bible est un livre très réaliste ; elle dit la vérité non seulement sur Dieu, mais aussi sur nous et sur notre histoire. Hélas, les hommes se comportent souvent de la manière la plus inappropriée, même les meilleurs d'entre nous. C'est ce qui explique certaines des actions peu honorables des personnages bibliques. Puisque les auteurs de la Bible ne se sont pas donné pour tâche d'embellir la réalité et de tout peindre en rose, ils nous disent la vérité sur leurs héros. Oui, certains d'entre eux mentent. Mais il n'y a rien de bon à cela. Dans le même temps, il faut se rappeler qu'ils étaient des hommes de leur temps, et que les conceptions de ce qui est permis et inacceptable dans l'Ancien Testament diffèrent considérablement de celles du Nouveau Testament. L'humanité n'a pas été immédiatement prête à accepter la plénitude des exigences morales, et même aujourd'hui, on ne peut pas dire que nous y soyons prêts.
En ce qui concerne le « pieux mensonge », on peut dire qu'il n'est pas permis, mais qu'il se produit néanmoins. Et Dieu peut transformer en bien les résultats de nos mauvaises actions, mais nous ne pouvons pas compter là-dessus. Il y a des situations où une personne n'est pas en mesure ou n'a pas la possibilité d'agir correctement. C'est précisément pour de telles situations que les chrétiens prient en disant : « ne nous soumets pas à la tentation ».
Enfin, à la question de savoir s'il est permis de mentir si..., il est impossible de donner une réponse générale sans se pencher sur la situation spécifique. De manière générale, on ne le peut pas. Mais l'apôtre Paul a une expression remarquable : « Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même dans ce qu'il approuve ! ». Dans chaque cas particulier, le chrétien peut apporter à Dieu son problème de choix moral et recevoir de l'aide.
Une dernière chose : « honorer » quelqu'un ne signifie pas pour autant lui donner le droit de disposer de notre vie spirituelle. Des parents incroyants ne peuvent pas autoriser ou interdire à leurs enfants d'aller à l'Église à un âge conscient, et encore moins lorsqu'ils sont majeurs. Cependant, dans de telles situations, il faut toujours prier et chercher des moyens d'éviter les conflits, afin de ne pas donner aux autres, y compris aux parents, une occasion de chute. Avec les conjoints, ce n'est pas aussi simple, mais on peut également dire que la principale arme spirituelle ici est l'amour et la prière.
1 g) L’hébr. implique que le roi regrette Vasthi. Le grec et Lucien suggèrent au contraire qu’il l’a oubliée.
7 h) Le nom d’Esther est sans doute d’origine babylonienne (Ishtar) comme celui de Mardochée (Marduk) mais on peut penser au persan stareh, « étoile ». Hadassa est un nom hébreu (« myrte »).
7 i) Grec lit à la fin « Il l’avait élevée dans le but d’en faire sa femme. » La tradition juive postérieure à l’ère chrétienne a suivi cette leçon et fait d’Esther la femme de Mardochée.
10 j) La situation rappelle celle de Daniel et de ses trois compagnons, Dn 1 . Mais en Dn, la faveur des jeunes Hébreux auprès du roi, qui connaît leur origine, est clairement rapportée à leur fidélité à la Loi.
Le livre d’Esther raconte, comme celui de Judith, une délivrance de la nation par l’intermédiaire d’une femme. Les Juifs établis en Perse sont menacés d’extermination par la haine d’un vizir omnipotent, Aman, et sont sauvés grâce à l’intervention d’Esther, une jeune compatriote devenue reine, elle-même dirigée par son oncle Mardochée ; c’est un retournement complet de la situation : Aman est pendu, Mardochée prend sa place, les Juifs massacrent leurs ennemis. La fête des Purim est instituée pour commémorer cette victoire et on recommande aux Juifs de la célébrer chaque année.
Ce récit illustre l’hostilité dont les Juifs étaient l’objet dans le monde antique, à cause de la singularité de leur vie qui les mettait en opposition avec la loi du prince (comparer la persécution d’Antiochus Épiphane) ; leur nationalisme exacerbé est une réaction de défense. Sa violence nous choque mais nous devons nous souvenir que le livre est antérieur à la révélation chrétienne. Il faut aussi faire la part de la convention littéraire : ces intrigues de harem et ces tueries ne servent qu’à la présentation dramatique d’une thèse, qui est une thèse religieuse. L’élévation de Mardochée et d’Esther et la délivrance qui en résulte rappellent l’histoire de Daniel, et surtout celle de Joseph, opprimé puis exalté pour le salut de son peuple. Dans le récit de la Genèse sur Joseph, Dieu ne manifeste pas extérieurement sa puissance et cependant il dirige les événements. De même, dans le livre hébreu d’Esther, qui évite de nommer Dieu, la Providence conduit toutes les péripéties du drame. Les acteurs le savent et mettent toute leur confiance en Dieu, qui réalisera son dessein de salut, même si défaillent les instruments humains qu’il a choisis, cf. Est 4.13-17 qui donne la clé du livre. Les additions grecques sont d’un ton plus religieux (elles ont fourni tous les passages d’Esther utilisés par la liturgie chrétienne), mais elles ne font qu’expliciter ce que l’auteur hébreu laissait deviner.
La version grecque existait en 114 (ou 78) av. J.-C., où elle est envoyée en Égypte pour authentiquer la fête des Purim, Est 10.3l. Le texte hébreu est antérieur ; d’après 2 M 15.36, les Juifs de Palestine célébraient, en 160 av. J.-C., un « jour de Mardochée », qui suppose connus l’histoire d’Esther et peut-être le livre lui-même. Celui-ci peut avoir été composé dans le deuxième quart du IIe siècle av. J.-C. Son rapport original avec la fête des Purim est incertain : le passage d’Est 9.20-32 est d’un style différent et paraît être une addition. Les origines de la fête sont obscures et il est possible que le livre lui ait été rattaché secondairement (2 M 15.36 ne donne pas le nom de « Purim » au « jour de Mardochée ») et ait servi à la justifier historiquement.