Bible-Centre

Lecture en trois ans pour le 8 mars 2006

La Bible de Jérusalem (fr)

Esther, Chapitre 2,  vers 1-11

II. Mardochée et Esther> 1 Esther devient reine.
Quelque temps après, sa fureur calmée, le roi Assuérus se souvint de Vasthi, il se rappela la conduite qu’elle avait eue, les décisions prises à son sujet.
Les courtisans de service auprès du roi lui dirent : « Que l’on recherche pour le roi des jeunes filles, vierges et belles.
Que le roi constitue des commissaires dans toutes les provinces de son royaume afin de rassembler tout ce qu’il y a de jeunes filles vierges et belles à la citadelle de Suse, dans le harem, sous l’autorité de Hégé, eunuque du roi, gardien des femmes. Celui-ci leur donnera tout ce qu’il faut pour leurs soins de beauté
et la jeune fille qui aura plu au roi succédera comme reine à Vasthi. » L’avis convint au roi, et c’est ce qu’il fit.
Or, à la citadelle de Suse vivait un Juif nommé Mardochée, fils de Yaïr, fils de Shiméï, fils de Qish, de la tribu de Benjamin,
qui avait été exilé de Jérusalem parmi les déportés emmenés avec le roi de Juda, Jékonias, par le roi de Babylone, Nabuchodonosor,
et élevait alors une certaine Hadassa, autrement dit Esther, fille de son oncle, car orpheline de père et de mère. Elle avait belle prestance et agréable aspect, et, à la mort de ses parents, Mardochée l’avait prise avec lui comme si elle eût été sa fille.
L’ordre royal et le décret proclamés, une foule de jeunes filles furent donc rassemblées à la citadelle de Suse et confiées à Hégé. Esther fut prise et amenée au palais royal. Or, confiée comme les autres à l’autorité de Hégé, gardien des femmes,
la jeune fille lui plut et gagna sa faveur. Il prit à cœur de lui donner au plus vite ce qui lui revenait pour sa parure et pour sa subsistance et, de plus, lui attribua sept suivantes choisies de la maison du roi, puis la transféra, avec ses suivantes, dans un meilleur appartement du harem.
10 Esther n’avait révélé ni son peuple ni sa parenté, car Mardochée le lui avait défendu.
11 Chaque jour celui-ci se promenait devant le vestibule du harem pour avoir des nouvelles de la santé d’Esther et de tout ce qui lui advenait.
Lire la suite:Esther, Chapitre 2
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 g) L’hébr. implique que le roi regrette Vasthi. Le grec et Lucien suggèrent au contraire qu’il l’a oubliée.


7 h) Le nom d’Esther est sans doute d’origine babylonienne (Ishtar) comme celui de Mardochée (Marduk) mais on peut penser au persan stareh, « étoile ». Hadassa est un nom hébreu (« myrte »).


7 i) Grec lit à la fin « Il l’avait élevée dans le but d’en faire sa femme. » La tradition juive postérieure à l’ère chrétienne a suivi cette leçon et fait d’Esther la femme de Mardochée.


10 j) La situation rappelle celle de Daniel et de ses trois compagnons, Dn 1 . Mais en Dn, la faveur des jeunes Hébreux auprès du roi, qui connaît leur origine, est clairement rapportée à leur fidélité à la Loi.


Le livre d’Esther raconte, comme celui de Judith, une délivrance de la nation par l’intermédiaire d’une femme. Les Juifs établis en Perse sont menacés d’extermination par la haine d’un vizir omnipotent, Aman, et sont sauvés grâce à l’intervention d’Esther, une jeune compatriote devenue reine, elle-même dirigée par son oncle Mardochée ; c’est un retournement complet de la situation : Aman est pendu, Mardochée prend sa place, les Juifs massacrent leurs ennemis. La fête des Purim est instituée pour commémorer cette victoire et on recommande aux Juifs de la célébrer chaque année.

Ce récit illustre l’hostilité dont les Juifs étaient l’objet dans le monde antique, à cause de la singularité de leur vie qui les mettait en opposition avec la loi du prince (comparer la persécution d’Antiochus Épiphane) ; leur nationalisme exacerbé est une réaction de défense. Sa violence nous choque mais nous devons nous souvenir que le livre est antérieur à la révélation chrétienne. Il faut aussi faire la part de la convention littéraire : ces intrigues de harem et ces tueries ne servent qu’à la présentation dramatique d’une thèse, qui est une thèse religieuse. L’élévation de Mardochée et d’Esther et la délivrance qui en résulte rappellent l’histoire de Daniel, et surtout celle de Joseph, opprimé puis exalté pour le salut de son peuple. Dans le récit de la Genèse sur Joseph, Dieu ne manifeste pas extérieurement sa puissance et cependant il dirige les événements. De même, dans le livre hébreu d’Esther, qui évite de nommer Dieu, la Providence conduit toutes les péripéties du drame. Les acteurs le savent et mettent toute leur confiance en Dieu, qui réalisera son dessein de salut, même si défaillent les instruments humains qu’il a choisis, cf. Est 4.13-17 qui donne la clé du livre. Les additions grecques sont d’un ton plus religieux (elles ont fourni tous les passages d’Esther utilisés par la liturgie chrétienne), mais elles ne font qu’expliciter ce que l’auteur hébreu laissait deviner.

La version grecque existait en 114 (ou 78) av. J.-C., où elle est envoyée en Égypte pour authentiquer la fête des Purim, Est 10.3l. Le texte hébreu est antérieur ; d’après 2 M 15.36, les Juifs de Palestine célébraient, en 160 av. J.-C., un « jour de Mardochée », qui suppose connus l’histoire d’Esther et peut-être le livre lui-même. Celui-ci peut avoir été composé dans le deuxième quart du IIe siècle av. J.-C. Son rapport original avec la fête des Purim est incertain : le passage d’Est 9.20-32 est d’un style différent et paraît être une addition. Les origines de la fête sont obscures et il est possible que le livre lui ait été rattaché secondairement (2 M 15.36 ne donne pas le nom de « Purim » au « jour de Mardochée ») et ait servi à la justifier historiquement.

Réduire

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.