Le dénouement de l'histoire de Ruth est très caractéristique ; on a envie de l'appeler une « fin heureuse ». Entre autres choses...
Le dénouement de l'histoire de Ruth est très caractéristique ; on a envie de l'appeler une « fin heureuse ». Entre autres choses, l'auteur du livre avait manifestement besoin d'un tel dénouement. Il veut que nous voyions que l'accomplissement des commandements de Dieu conduit précisément à la bénédiction, au rétablissement miraculeux d'une vie humaine qui se défait. Mais l'inspiration divine de l'auteur ne se manifeste pas dans ce but didactique. Il nous apprend que Ruth est désormais incluse dans la généalogie du Messie : elle et Booz sont devenus les ancêtres du roi David, et donc de son Descendant. Voilà ce qui importe vraiment : l'accomplissement des commandements et la fidélité dans les grandes et les petites choses associent une personne, ici Ruth, à l'œuvre que Dieu accomplit dans le monde. La prospérité que Ruth a trouvée dans la maison de Booz passe au second plan. Toute la vie de Ruth acquiert un sens éternel et une dimension nouvelle, éternelle.
6 u) À l’achat de la terre, devoir du go’el auquel consentait l’homme, Booz lie le mariage avec Ruth selon la loi du lévirat. L’enfant qui naîtra sera héritier légal de Mahlôn et d’Élimélek, et c’est à lui que reviendra la terre. Le premier go’el craint d’y perdre, et renonce à ses prérogatives en faveur de Booz.
8 v) La coutume rapportée en Dt 25.9-10 a un sens différent c’est alors la femme elle-même qui marque son mépris à l’homme trop lâche pour l’épouser au nom de son beau-frère défunt. Ici, le geste sanctionne simplement un contrat d’échange. Mettre le pied sur un champ ou y jeter sa sandale, c’est en prendre possession, Ps 60.10 ; 108.10. La chaussure devient ainsi le symbole du droit de propriété. En la retirant et en la remettant à l’acquéreur, le possesseur lui transmet ce droit.
12 w) L’ancêtre de Booz et d’Éphrata.
Le livret de Ruth est placé à la suite des Juges dans la Septante, la Vulgate et les traductions modernes. Dans la Bible hébraïque, il est rangé avec les Hagiographes comme l’un des cinq rouleaux, les « megillôt », qu’on lisait aux principales fêtes, Ruth servant pour la fête de la Pentecôte. Bien que son sujet rattache le livre à la période des Juges, cf. 1.1, il ne faisait pas partie de la rédaction deutéronomiste qui s’est étendue de Josué à la fin des Rois.
C’est l’histoire de Ruth la Moabite qui, après la mort de son mari, un homme de Bethléem émigré en Moab, revient en Juda avec sa belle-mère Noémi et épouse Booz, un parent de son mari, en application de la loi du lévirat ; de ce mariage naît Obed qui sera le grand-père de David.
Une addition, 4.18-22, donne une généalogie de David, parallèle à celle de 1 Ch 2.5-15.
La date de composition est très discutée et l’on a proposé toutes les périodes depuis David et Salomon jusqu’à Néhémie. Les arguments avancés pour une date tardive : place dans le canon hébreu, langue, coutumes familiales, doctrine, ne sont pas décisifs et le livret, moins les derniers versets, pourrait avoir été composé à l’époque monarchique. C’est une histoire édifiante, dont l’intention principale est de montrer comment est récompensée la confiance qu’on met en Dieu, dont la miséricorde s’étend jusque sur une étrangère, 2.12. Cette foi en la Providence et cet esprit universaliste sont l’enseignement durable du récit. Le fait que Ruth a été reconnue comme la bisaïeule de David a donné un prix particulier au livret, et saint Matthieu a inclus le nom de Ruth dans la généalogie du Christ, Mt 1.5.