Bible-Centre

Lecture en trois ans pour le 4 mars 2006

La Bible de Jérusalem (fr)

Ruth, Chapitre 4,  vers 1-13

1 BOOZ ÉPOUSE RUTH
Or Booz était monté à la porte et s’y était assis, et voici que le parent dont Booz avait parlé vint à passer. « Toi, dit Booz, approche et assieds-toi ici. » L’homme s’approcha et vint s’asseoir.
Booz prit dix hommes parmi les anciens de la ville : « Asseyez-vous ici », dit-il, et ils s’assirent.
Alors il dit à celui qui avait droit de rachat : « La pièce de terre qui appartenait à notre frère Élimélek, Noémi qui est revenue des Champs de Moab, la met en vente.
Je me suis dit que j’allais t’en informer en disant : « Acquiers-la en présence de ceux qui sont assis là et des anciens de mon peuple ». Si tu veux exercer ton droit de rachat, rachète, mais si tu ne le veux pas, déclare-le-moi pour que je le sache. Tu es le premier à avoir le droit de rachat, moi je ne viens qu’après toi. » L’autre répondit : « Oui ! je veux racheter. »
Mais Booz dit : « Le jour où, de la main de Noémi, tu acquerras ce champ, tu acquiers aussi Ruth la Moabite, la femme de celui qui est mort, pour perpétuer le nom du mort sur son patrimoine. »
Celui qui avait droit de rachat répondit alors : « Je ne puis exercer mon droit, car je craindrais de nuire à mon patrimoine. Exerce pour toi-même mon droit de rachat, car moi je ne puis l’exercer. »
Or c’était autrefois la coutume en Israël, en cas de rachat ou d’héritage, pour valider toute affaire : l’un ôtait sa sandale et la donnait à l’autre. Telle était en Israël la manière de témoigner.
Celui qui avait droit de rachat dit donc à Booz : « Fais l’acquisition pour toi-même », et il retira sa sandale.
Booz dit aux anciens et à tout le peuple : « Vous êtes témoins aujourd’hui que j’acquiers de la main de Noémi tout ce qui appartenait à Élimélek et tout ce qui appartenait à Mahlôn et à Kilyôn,
10 et que j’acquiers en même temps pour femme Ruth la Moabite, veuve de Mahlôn, pour perpétuer le nom du mort sur son héritage et pour que le nom du mort ne soit pas retranché d’entre ses frères ni de la porte de sa ville. Vous en êtes aujourd’hui les témoins. »
11 Tout le peuple qui se trouvait à la porte répondit : « Nous en sommes témoins », et les anciens répondirent : « Que Yahvé rende la femme qui va entrer dans ta maison semblable à Rachel et à Léa qui, à elles deux, ont édifié la maison d’Israël. Deviens puissant en Éphrata et fais-toi un nom dans Bethléem.
12 Que grâce à la postérité que Yahvé t’accordera de cette jeune femme, ta maison soit semblable à celle de Pérèç, que Tamar enfanta à Juda. »
13 Booz prit Ruth et elle devint sa femme. Il alla vers elle, Yahvé donna à Ruth de concevoir et elle enfanta un fils.
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Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

6 u) À l’achat de la terre, devoir du go’el auquel consentait l’homme, Booz lie le mariage avec Ruth selon la loi du lévirat. L’enfant qui naîtra sera héritier légal de Mahlôn et d’Élimélek, et c’est à lui que reviendra la terre. Le premier go’el craint d’y perdre, et renonce à ses prérogatives en faveur de Booz.


8 v) La coutume rapportée en Dt 25.9-10 a un sens différent c’est alors la femme elle-même qui marque son mépris à l’homme trop lâche pour l’épouser au nom de son beau-frère défunt. Ici, le geste sanctionne simplement un contrat d’échange. Mettre le pied sur un champ ou y jeter sa sandale, c’est en prendre possession, Ps 60.10 ; 108.10. La chaussure devient ainsi le symbole du droit de propriété. En la retirant et en la remettant à l’acquéreur, le possesseur lui transmet ce droit.


12 w) L’ancêtre de Booz et d’Éphrata.


Le livret de Ruth est placé à la suite des Juges dans la Septante, la Vulgate et les traductions modernes. Dans la Bible hébraïque, il est rangé avec les Hagiographes comme l’un des cinq rouleaux, les « megillôt », qu’on lisait aux principales fêtes, Ruth servant pour la fête de la Pentecôte. Bien que son sujet rattache le livre à la période des Juges, cf. 1.1, il ne faisait pas partie de la rédaction deutéronomiste qui s’est étendue de Josué à la fin des Rois.

C’est l’histoire de Ruth la Moabite qui, après la mort de son mari, un homme de Bethléem émigré en Moab, revient en Juda avec sa belle-mère Noémi et épouse Booz, un parent de son mari, en application de la loi du lévirat ; de ce mariage naît Obed qui sera le grand-père de David.

Une addition, 4.18-22, donne une généalogie de David, parallèle à celle de 1 Ch 2.5-15.

La date de composition est très discutée et l’on a proposé toutes les périodes depuis David et Salomon jusqu’à Néhémie. Les arguments avancés pour une date tardive : place dans le canon hébreu, langue, coutumes familiales, doctrine, ne sont pas décisifs et le livret, moins les derniers versets, pourrait avoir été composé à l’époque monarchique. C’est une histoire édifiante, dont l’intention principale est de montrer comment est récompensée la confiance qu’on met en Dieu, dont la miséricorde s’étend jusque sur une étrangère, 2.12. Cette foi en la Providence et cet esprit universaliste sont l’enseignement durable du récit. Le fait que Ruth a été reconnue comme la bisaïeule de David a donné un prix particulier au livret, et saint Matthieu a inclus le nom de Ruth dans la généalogie du Christ, Mt 1.5.

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