Bible-Centre

La Bible pour les débutants pour le 24 août 2005

La Bible de Jérusalem (fr)

Luc, Chapitre 20,  vers 1-26

V. Ministère de Jésus à Jérusalem> 1 Question des Juifs sur l’autorité de Jésus., 9 Parabole des vignerons homicides., 20 Le tribut dû à César.
Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 « Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : « Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. »
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : « Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. »
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
« Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
À ces mots, ils dirent : « À Dieu ne plaise ! »
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit :La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l’interrogèrent donc en disant : « Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? »
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit :
24 « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils dirent : « De César. »
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
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Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 g) De 20.1 à 21.5, suit de très près Mc. Il omet l’action symbolique du figuier desséché, Mc 11.12-14, 20-25, qu’il a remplacée par la parabole du figuier stérile, 13.6-9 ; il omet aussi la discussion sur le premier commandement, Mc 12.28-34, qu’il a déjà prise d’une autre source, 10.25-28.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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