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Lecture en trois ans pour le 8 juin 2005

La Bible de Jérusalem (fr)

Jéremie, Chapitre 50

V. Oracles contre les nations> 1 Oracle contre Babylone., 2 Chute de Babylone, libération d’Israël., 21 Chute de Babylone annoncée à Jérusalem., 29 Le péché d’insolence., 33 Yahvé rédempteur d’Israël., 41 Le peuple du Nord et le lion du Jourdain.
Parole qu’a prononcée Yahvé contre Babylone, contre le pays des Chaldéens, par le ministère du prophète Jérémie.
Annoncez-le parmi les nations, publiez-le,
hissez un signal et publiez-le,
ne cachez rien, proclamez :
Babylone est prise, Bel honteux, Mérodak écroulé.
(Ses idoles sont honteuses,
ses Saletés écroulées.)
Car du Nord monte contre elle une nation
qui fera de son pays une désolation ;
nul n’y habitera plus,
hommes et bêtes ont fui et disparu.
En ces jours et en ce temps — oracle de Yahvé —,
les enfants d’Israël reviendront
(eux et les enfants de Juda ensemble),
ils feront route en pleurant
et chercheront Yahvé leur Dieu.
Ils réclameront Sion,
vers elle, ils tourneront leur face :
« Venez ! Attachons-nous à Yahvé
par une alliance éternelle que l’on n’oublie pas ! »
Les gens de mon peuple étaient des brebis perdues.
Leurs bergers les égaraient, les montagnes les dévoyaient ;
de montagne en colline, ils allaient,
oubliant leur bercail.
Tous ceux qui les trouvaient les dévoraient,
leurs ennemis disaient : « Nous ne sommes pas en faute
puisqu’ils ont péché contre Yahvé, la demeure de justice,
et contre l’espoir de leurs pères — Yahvé ! »
Fuyez du milieu de Babylone
et du pays des Chaldéens, sortez !
Soyez comme des boucs en tête d’un troupeau.
Car voici : je vais susciter et faire monter contre Babylone
une coalition de grandes nations ;
arrivant du pays du Nord, elles se rangeront contre elle :
c’est par là qu’on doit la prendre ;
les flèches sont celles d’un guerrier habile
qui ne revient jamais les mains vides.
10 La Chaldée sera mise au pillage,
tous ses pilleurs seront rassasiés, oracle de Yahvé.
11 Ah ! Réjouissez-vous ! Triomphez,
vous, les ravageurs de mon héritage !
Bondissez comme une génisse dans l’herbe !
Hennissez comme des étalons !
12 Votre mère est couverte de honte,
celle qui vous enfanta rougit de confusion.
Maintenant elle est la dernière des nations :
désert, aridité et steppe.
13 La colère de Yahvé fera qu’on n’y habite plus,
elle deviendra une solitude totale.
Quiconque passera près de Babylone en restera stupéfait
et sifflera devant toutes ses blessures.
14 Rangez-vous contre Babylone, encerclez-la,
vous tous qui bandez l’arc !
Tirez sur elle, ne ménagez pas les flèches,
car elle a péché contre Yahvé !
15 Poussez contre elle le cri de guerre, de tous côtés !
Elle tend la main, ses bastions croulent,
ses remparts sont renversés.
C’est la vengeance de Yahvé ! Vengez-vous d’elle !
Faites-lui ce qu’elle a fait !
16 Retranchez de Babylone celui qui sème
et celui qui tient la faucille
au temps de la moisson.
Loin de l’épée dévastatrice,
que chacun retourne à son peuple,
que chacun fuie vers son pays !
17 Israël était une brebis égarée
que pourchassaient des lions.Le premier qui le dévora fut le roi d’Assur et celui qui, le dernier, lui brisa les os, ce fut Nabuchodonosor, roi de Babylone.
18 C’est pourquoi ainsi parle Yahvé Sabaot, le Dieu d’Israël : Me voici pour visiter le roi de Babylone et son pays, comme j’ai visité le roi d’Assur.
19 Et je vais ramener Israël à son pacage
pour qu’il paisse au Carmel et en Bashân ;
sur la montagne d’Éphraïm et en Galaad,
il sera rassasié.
20 En ces jours et en ce temps — oracle de Yahvé —,
on cherchera l’iniquité d’Israël : elle ne sera plus ;
les péchés de Juda : on ne les trouvera plus ;
car je pardonnerai au reste que je laisse.
21 « Monte au pays de Meratayim,
monte contre lui et contre les habitants de Peqod :
massacre-les, extermine-les jusqu’au dernier
— oracle de Yahvé.
Exécute tous mes ordres ! »
22 Fracas de bataille dans le pays !
Désastre immense !
23 Comment a-t-il été brisé et mis en pièces,
le marteau du monde entier ?
Comment est-elle devenue un objet d’épouvante,
Babylone parmi les nations ?
24 Je t’ai tendu un piège et tu as été prise, Babylone,
sans t’en apercevoir.
Tu as été trouvée et maîtrisée,
car tu t’en prenais à Yahvé !
25 Yahvé a ouvert son arsenal
et sorti les armes de sa colère.
C’est qu’il y avait du travail pour le Seigneur Yahvé Sabaot
au pays des Chaldéens !
26 — « Venez-y de partout,
ouvrez ses greniers,
entassez-la comme gerbes, exterminez-la,
que rien n’en reste !
27 Massacrez tous ses taureaux,
qu’ils descendent à l’abattoir !
Malheur à eux, il est arrivé, leur Jour,
le temps de leur châtiment. »
28 Écoutez ! Fuyards et rescapés
du pays de Babylone
viennent annoncer dans Sion
la vengeance de Yahvé notre Dieu,
la vengeance de son Temple !
29 Convoquez les archers contre Babylone,
tous ceux qui bandent l’arc !
Campez contre elle tout autour,
qu’on ne lui laisse pas d’issue.
Payez-la selon ses œuvres,
tout ce qu’elle a fait, faites-le lui.
Car elle fut insolente contre Yahvé,
contre le Saint d’Israël.
30 Aussi ses jeunes gens tomberont sur ses places et tous ses hommes de guerre périront, en ce jour-là, oracle de Yahvé !
31 C’est contre toi que j’en ai, « Insolence »
— oracle du Seigneur Yahvé Sabaot —,
ton Jour est arrivé,
le temps où je te châtie.
32 « Insolence » va être culbutée, elle tombera,
nul ne la relèvera ;
je mettrai le feu à ses villes,
il dévorera tous ses alentours.
33 Ainsi parle Yahvé Sabaot :
Les enfants d’Israël sont opprimés
(et les enfants de Juda avec eux),
tous ceux qui les ont faits captifs les tiennent,
ils refusent de les lâcher.
34 Mais leur Rédempteur est puissant,
Yahvé Sabaot est son nom.
Il va prendre en main leur cause
afin de donner du repos au pays,
mais de faire trembler les habitants de Babylone.
35 Épée contre les Chaldéens — oracle de Yahvé —,
contre les habitants de Babylone,
contre ses princes et ses sages !
36 Épée contre ses devins : qu’ils déraisonnent !
Épée contre ses héros : qu’ils soient pris de panique !
37 Épée contre ses chevaux et ses chars,
et contre le ramassis qu’elle recèle : qu’ils soient comme des femmes !
Épée contre ses trésors : qu’on les pille !
38 Sécheresse contre ses eaux : qu’elles tarissent !
Car c’est un pays d’idoles, ils se passionnent pour leurs Épouvantails !
39 Aussi des lynx y gîteront avec des chacals,
des autruches y auront leur demeure.
Elle ne sera plus habitée, à jamais,
d’âge en âge elle ne sera plus peuplée.
40 Comme lorsque Dieu renversa Sodome,
Gomorrhe et les villes voisines
— oracle de Yahvé —,
personne n’y habitera plus,
aucun humain n’y séjournera plus.
41 Voici qu’un peuple arrive du Nord,
une grande nation et des rois nombreux
se lèvent des confins de la terre.
42 Ils tiennent fermement l’arc et le javelot,
ils sont barbares et impitoyables ;
leur bruit est comme le mugissement de la mer ;
ils montent des chevaux,
ils sont prêts à combattre comme un seul homme
contre toi, fille de Babylone.
43 Le roi de Babylone a appris la nouvelle,
ses mains ont défailli,
l’angoisse l’a pris,
une douleur comme pour celle qui enfante.
44 Voici que, tel un lion, il monte des halliers du Jourdain
vers le pâturage toujours vert.
En un clin d’œil, je les ferai déguerpir de là,
pour y établir celui que je choisirai.
Qui en effet est mon égal ?
Qui pourrait m’assigner en justice ?
Quel est donc le pasteur qui tiendrait devant moi ?
45 Aussi apprenez le dessein
que Yahvé a formé contre Babylone
et le plan qu’il a résolu
contre le pays des Chaldéens :
certainement on les traînera comme les plus petits du troupeau !
Certainement on va saccager leur prairie devant eux !
46 Au bruit de la prise de Babylone, la terre tremble,
un cri se fait entendre parmi les nations.
Lire la suite:Jéremie, Chapitre 51
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 b) Dans les oracles qui suivent, reviennent surtout deux thèmes la chute de Babylone et le retour de l’Exil. Jérémie attendait ces événements, mais non dans l’immédiat, cf. 27.7 ; 29.10, 28. Ici la perspective de la chute de Babylone (538) paraît proche, comme dans le Deuxième Isaïe.


2 c) Bel, « le Maître » (cf. Baal), nom usuel de Marduk (ou Mérodak), dieu principal de Babylone, cf. 51.44 ; Isa 46.1 ; Ba 6.40 ; Dn 14.


4 d) Ici comme au v. 33 et à 51.5, ce sont sans doute des glossateurs qui ont ajouté la mention de Juda à côté d’Israël, cf. de même 31.3, 4, 31. En fait, ces gloses sont inutiles car « Israël » représente ici l’ensemble du peuple de Dieu.


5 e) « Attachons-nous » syr. ; « et ils s’attacheront » hébr.


8 f) « Sortez » qeré, versions ; « ils sortiront » ketib.


11 g) « dans l’herbe » baddeshe’ cf. grec (« des veaux dans l’herbe ») ; « qui foule » dashah hébr.


19 h) Galaad et Bashân, en Transjordanie, étaient réputés pour leurs pâturages, cf. Nb 32 ; Am 4.1 ; Mi 7.14 ; le Carmel (dont le nom signifie « verger ») et les collines boisées d’Éphraïm (cf. Jos 17.18) évoquent sans doute aussi, pour ces exilés, l’image d’un pays fertile et accueillant.


21 i) L’ordre est donné au peuple qui attaque les Babyloniens. Meratayim, équivalent du mot babylonien marâtu , « lagunes », désigne la région de l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate. Peqod, cf. Ez 23.23, est le nom d’une population de l’est de la Babylonie.


21 j) « jusqu’au dernier » (litt. « leur dernier ») ’aharîtam Targ. ; « derrière eux » ’aharêhem hébr.


26 k) Sens incertain. Le mot signifie normalement « fin », « extrémité » mais peut parfois désigner un ensemble, une totalité (« sans exception », « de tous côtés »).


29 l) C’est le péché d’orgueil et de démesure (l’hybris en grec), cf. Gn 3 ; 11.1-9 ; Isa 14.12-13 ; Ez 28 ; Am 4.


41 m) Cet oracle reprend contre Babylone la menace d’un ennemi venant du Nord proférée contre Juda, 6.22-24, et l’oracle contre Édom, 49.19-21.


Un peu plus d’un siècle après Isaïe, vers 650 av. J.-C., Jérémie naissait d’une famille sacerdotale installée aux environs de Jérusalem. Mieux que pour aucun autre prophète, sa vie et son caractère nous sont connus par les récits biographiques à la troisième personne qui parsèment son livre et dont voici la suite chronologique : 19.1 – 20.6 ; 26 ; 36 ; 45 ; 28-29 ; 51.59-64 ; 34.8-22 ; 37-44. Les « Confessions de Jérémie », 11.18 – 12.6 ; 15.10-21 ; 17.14-18 ; 18.18-23 ; 20.7-18, proviennent du prophète lui-même. Elles ne constituent pas une autobiographie, mais elles sont un témoignage émouvant des crises intérieures qu’il a traversées et qui sont décrites dans le style des Psaumes de lamentation. Appelé tout jeune par Dieu, en 626, la treizième année de Josias, 1.2, il a vécu la période tragique où se prépara et s’accomplit la ruine du royaume de Juda. La réforme religieuse et la restauration nationale de Josias éveillèrent des espoirs qui furent anéantis par la mort du roi à Megiddo en 609 et par le bouleversement du monde oriental, la chute de Ninive en 612 et l’expansion de l’empire chaldéen. Dès 605, Nabuchodonosor a imposé sa domination à la Palestine, puis Juda s’est révolté à l’instigation de l’Égypte qui intriguera jusqu’à la fin et, en 597, Nabuchodonosor conquiert Jérusalem et déporte une partie de ses habitants. Une nouvelle révolte ramène les armées chaldéennes et, en 587, Jérusalem est prise, le Temple est incendié, une seconde déportation a lieu. Jérémie a traversé cette dramatique histoire, prêchant, menaçant, prédisant la ruine, avertissant en vain les rois incapables qui se succèdent sur le trône de David, accusé de défaitisme par les militaires, persécuté, incarcéré. Après la prise de Jérusalem, et bien qu’il vît dans les exilés l’espoir de l’avenir, Jérémie choisit de rester en Palestine auprès de Godolias, nommé gouverneur par les Chaldéens. Mais celui-ci fut assassiné et un groupe de Juifs, craignant les représailles, s’enfuit en Égypte, entraînant Jérémie. C’est probablement là qu’il mourut.

Le drame de cette vie n’est pas seulement dans les événements auxquels Jérémie fut mêlé, il est aussi dans le prophète lui-même. Il avait une âme tendre, faite pour aimer, et il a été envoyé « pour arracher et renverser, pour exterminer et démolir », 1.10, il a eu à prédire surtout le malheur, 20.8. Il était désireux de paix et il a eu toujours à lutter, contre les siens, contre les rois, les prêtres, les faux prophètes, tout le peuple, « homme de querelle et de discorde pour tout le pays », 15.10. Il a été déchiré par la mission à laquelle il ne pouvait pas se soustraire, 20.9. Ses dialogues intérieurs avec Dieu sont semés de cris de douleur : « Pourquoi ma souffrance est-elle continue ? » 15.18, et le passage poignant qui annonce Job : « Maudit soit le jour où je suis né... », 20.14 et la suite.

Mais cette souffrance a épuré son âme et l’a ouverte au commerce divin. Ce qui nous rend Jérémie si cher et si proche, c’est la religion intérieure et cordiale qu’il a pratiquée, avant de la formuler dans l’annonce de la Nouvelle Alliance, 31.31-34. Cette religion personnelle l’a conduit à un approfondissement de l’enseignement traditionnel : Dieu scrute les reins et les cœurs, 11.20, il rend à chacun selon ses actes, 31.29-30 ; l’amitié avec Dieu, 2.2, est rompue par le péché, qui sort du cœur mauvais, 4.4 ; 17.9 ; 18.12. Ce côté affectif l’apparente à Osée dont il a subi l’influence ; cette intériorisation de la Loi, ce rôle du cœur dans les rapports avec Dieu, ce souci de la personne individuelle le rapprochent du Deutéronome. Jérémie a certainement vu avec faveur la réforme de Josias qui s’inspirait de ce livre, mais il a été cruellement déçu par son inefficacité pour changer la vie morale et religieuse du peuple.

La mission de Jérémie a échoué de son vivant, mais sa figure n’a cessé de grandir après sa mort. Par sa doctrine d’une Alliance nouvelle, fondée sur la religion du cœur, il a été le père du Judaïsme dans sa ligne la plus pure, et l’on relève son influence dans Ézéchiel, la seconde partie d’Isaïe et plusieurs Psaumes. L’époque maccabéenne le compte parmi les protecteurs du peuple, 2 M 2.1-8 ; 15.12-16. En mettant les valeurs spirituelles au premier plan, en dévoilant les rapports intimes que l’âme doit avoir avec Dieu, il a préparé la Nouvelle Alliance chrétienne, et sa vie d’abnégation et de souffrance au service de Dieu, après avoir pu fournir des traits à l’image du Serviteur dans Isa 53, fait de Jérémie une figure du Christ.

Cette influence durable suppose que les enseignements de Jérémie ont été souvent lus, médités et commentés. Cette action de toute une lignée spirituelle se reflète dans la composition de son livre. Il ne se présente pas, loin de là, comme une œuvre d’un seul jet. En dehors des oracles poétiques et des récits biographiques, il contient des discours en prose dans un style proche de celui du Deutéronome. Leur authenticité a été contestée et on les a attribués à des rédacteurs « deutéronomistes » d’après l’Exil. En fait, leur style est celui de la prose judéenne du VIIe et du début du VIe siècle av. J.-C., leur théologie est celle du courant religieux auquel appartiennent aussi bien Jérémie que le Deutéronome. Ils sont l’écho authentique de la prédication de Jérémie, recueillie par ses auditeurs. Toute cette tradition jérémienne ne s’est pas transmise sous une forme unique. La version grecque offre une recension qui est notablement plus courte (un huitième) que le texte massorétique et souvent différente dans le détail ; les découvertes de Qumrân prouvent que les deux recensions existaient en hébreu. De plus, le grec met les oracles contre les nations après 25.13 et dans un autre ordre que l’hébreu, qui les rejette à la fin du livre, 46-51. Ces prophéties ont peut-être formé d’abord une collection particulière et elles ne proviennent pas toutes de Jérémie : au moins, les oracles contre Moab et Édom ont été fortement retravaillés et le long oracle contre Babylone, 50-51, date de la fin de l’Exil. Le chap. 52 Se donne lui-même comme un appendice historique, qui est parallèle à 2 R 24.18 – 25.30. D’autres compléments de moindre étendue ont été insérés dans le cours du livre et témoignent de l’usage qu’en faisaient et de l’estime qu’en avaient les captifs de Babylone et la communauté renaissante après l’Exil. Il y a aussi une abondance de doublets, qui supposent un travail rédactionnel. Enfin, les indications chronologiques, qui sont nombreuses, ne se suivent pas. Le désordre actuel du livre est le résultat d’un long travail de composition, dont il est bien difficile de retracer toutes les étapes.

Le chap. 36 nous donne cependant les indications précieuses : en 605, Jérémie dicta à Baruch les oracles qu’il avait prononcés depuis le début de son ministère, 36.2, c’est-à-dire depuis 626. Ce rouleau, brûlé par Joiaqim, fut récrit et complété, 36.32. Sur le contenu de ce recueil, on ne peut faire que des hypothèses. Il semble avoir été introduit par 25.1-12 et groupait les pièces antérieures à 605 qu’on trouve dans les chap. 1-18, mais il contenait aussi, d’après 36.2, des oracles anciens contre les nations, auxquels se réfère 25.13-38. Les compléments qui y furent ajoutés ensuite sont, dans les mêmes sections, des pièces postérieures à 605 et d’autres oracles contre les nations. On y inséra les feuillets des « Confessions », dont le détail a été donné plus haut. On y joignit deux petits livrets, sur les rois, 21.11 – 23.8, et sur les prophètes, 23.9-40, qui ont pu avoir existé d’abord à part.

On isole déjà ainsi deux parties dans le livre : l’une contient des menaces contre Juda et Jérusalem, 1.1 – 25.13, l’autre des prophéties contre les nations, 25.13-38 et 46-51. Une troisième partie est constituée par 26-35, où l’on a rassemblé dans un ordre arbitraire des morceaux qui ont un ton plus optimiste. Ces pièces sont presque toutes en prose et proviennent en grande partie d’une biographie de Jérémie, qu’on attribue à Baruch. Il faut mettre à part les chap. 30-31 qui sont un livret poétique de consolation. La quatrième partie, 36-44, en prose, continue la biographie de Jérémie et donne le récit de ses souffrances pendant et après le siège de Jérusalem. Elle se termine par 45.1-5, qui est comme la signature de Baruch.

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