Jésus frappe de nouveau ses auditeurs par l'inattendu. Vraiment, pour Dieu, un seul homme serait-il plus important que 99? Et chacun de ces 99? Et qu'y a-t-il de mauvais dans la justice? Ne sommes-nous pas tous appelés à la justice?
Il me semble que ces paroles bouleversantes de Jésus peuvent nous conduire à deux pensées: premièrement, devant Dieu chaque personne se tient personnellement, et non collectivement. Nous avons tous des liens humains variés: familiaux, professionnels, de voisinage, ecclésiaux, et ils sont importants; mais la rencontre avec Dieu a lieu seulement face à face, et cette rencontre transfigure notre vie et introduit des changements qualitatifs dans nos relations avec les autres. Deuxièmement, avec quoi nous tenons-nous devant Dieu? Avec notre justice? Mais « il n'y a pas de juste, pas même un seul » (voir Rm 3:10)! Il est important ici de savoir si nous reconnaissons notre injustice, notre péché, et si nous demandons à Dieu de faire quelque chose avec cela, ou si nous estimons que nous ne sommes « pas pires que les autres » et ne voyons pas pour nous-mêmes la nécessité du repentir. Le premier chemin nous ouvre à la rencontre avec Dieu, tandis que le second creuse encore davantage l'abîme entre nous et lui.