L'ange que rencontrent les femmes venues au tombeau du Maître leur annonce une nouvelle bouleversante : « Il est ressuscité ». Ainsi entre dans le monde le fait qui fonde la foi chrétienne. Je veux le souligner : non pas l'idée de la divino-humanité, non pas la beauté de l'enseignement moral de Jésus, mais le fait! Et le christianisme n'est pas une construction théologique, mais l'accueil de ce fait à l'intérieur de sa propre biographie. Voyez comment le contenu du verset que nous venons de lire y aide.
Avant tout, la nouvelle est apportée par un ange, un messager de Dieu ; l'information qu'il transmet possède donc un degré surnaturel de vérité. Il commence par les mots : « Ne vous effrayez pas ». C'est ainsi que Dieu commence presque tout contact avec l'homme, faisant comprendre que sa toute-puissance ne sera pas dirigée contre l'homme. « Vous cherchez Jésus de Nazareth » : il ne s'agit pas d'une idée abstraite, mais d'un Homme tout à fait concret qui a vécu une vraie vie terrestre. « Le crucifié » : sans la mort, plus exactement sans le sacrifice, plus exactement encore sans l'exécution volontairement acceptée pour mes péchés, Jésus n'a aucun rapport avec moi, avec ma biographie. « Il est ressuscité » : voilà le centre de la nouvelle, qui signifie la victoire du Christ sur la mort, sur toute mort, donc sur la mienne. « Il n'est pas ici » : le Christ ne peut être « capturé » par aucun lieu, pas même par le tombeau ; il est libre et capable de nous libérer. Mais tout cela n'est pas une simple abstraction, ni un événement purement spirituel : « Voici le lieu où on l'avait mis » ; tout cela se passe dans le temps et dans l'espace, là où se déroule aussi notre vie, désormais capable de recevoir la résurrection du Christ.