Bible-Centre

La Bible pour les débutants pour le 6 juillet 2002

La Bible de Jérusalem (fr)

Ezéchiel, Chapitre 20

I. Avant le siège de Jérusalem> 1 Histoire des infidélités d’Israël.
La septième année, au cinquième mois, le dix du mois, quelques-uns des anciens d’Israël vinrent consulter Yahvé et s’assirent devant moi.
La parole de Yahvé me fut adressée en ces termes :
Fils d’homme, parle aux anciens d’Israël. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Yahvé. Est-ce pour me consulter que vous venez ? Par ma vie ! Je ne me laisserai pas consulter par vous, oracle du Seigneur Yahvé.
Vas-tu les juger ? Vas-tu juger, fils d’homme ? Fais-leur connaître les abominations de leurs pères.
Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Yahvé. Le jour où j’ai choisi Israël, où j’ai levé la main vers la race de la maison de Jacob, je me suis fait connaître à eux au pays d’Égypte, et j’ai levé la main vers eux en disant : « Je suis Yahvé votre Dieu. »
Ce jour-là, j’ai levé la main vers eux en jurant de les faire sortir du pays d’Égypte vers un pays que j’avais exploré pour eux et qui ruisselle de lait et de miel : c’est le plus beau de tous les pays.
Et je leur ai dit : Rejetez chacun les horreurs qui attirent vos yeux, ne vous souillez pas avec les ordures de l’Égypte, je suis Yahvé votre Dieu.
Mais ils se rebellèrent contre moi et ne voulurent pas m’écouter. Aucun ne rejeta les horreurs qui attiraient ses yeux ; ils n’abandonnèrent pas les ordures de l’Égypte. J’eus la pensée de déverser ma fureur sur eux et d’assouvir sur eux ma colère, au milieu du pays d’Égypte.
Mais j’eus égard à mon nom, et je fis en sorte qu’il ne fût pas profané devant les nations au milieu desquelles ils étaient, et aux yeux desquelles je me suis fait connaître à eux pour les faire sortir du pays d’Égypte.
10 Aussi je les fis sortir du pays d’Égypte et je les menai au désert.
11 Je leur donnai mes lois et je leur fis connaître mes coutumes, que l’homme doit pratiquer pour en vivre.
12 Et j’allai jusqu’à leur donner mes sabbats comme signe entre moi et eux, afin qu’ils sachent que c’est moi, Yahvé, qui les sanctifie.
13 Mais la maison d’Israël se rebella contre moi au désert ; ils ne se conduisirent pas selon mes lois, ils rejetèrent mes coutumes, que l’homme doit pratiquer pour en vivre, et ils ne firent que profaner mes sabbats. Alors j’eus la pensée de déverser ma fureur sur eux au désert, pour les exterminer.
14 Mais j’eus égard à mon nom et je fis en sorte qu’il ne fût pas profané devant les nations, aux yeux desquelles je les avais fait sortir.
15 Encore une fois je levai la main vers eux, au désert, pour jurer que je ne les mènerais pas au pays que je leur avais donné, qui ruisselle de lait et de miel : c’est le plus beau de tous les pays.
16 Car ils avaient rejeté mes coutumes, ne s’étaient pas conduits selon mes lois et avaient profané mes sabbats, car leur cœur suivait les ordures.
17 Mais j’eus pour eux un regard de pitié, pour ne pas les exterminer, et je ne les anéantis pas.
18 Et je dis à leurs enfants au désert : Ne vous conduisez pas selon les lois de vos pères, n’observez pas leurs coutumes, ne vous souillez pas avec leurs ordures.
19 Je suis Yahvé, votre Dieu. Conduisez-vous selon mes lois, observez mes coutumes et pratiquez-les.
20 Sanctifiez mes sabbats ; qu’ils soient un signe entre moi et vous pour qu’on sache que je suis Yahvé votre Dieu.
21 Mais les fils se rebellèrent contre moi, ne se conduisirent pas selon mes lois, n’observèrent pas et ne pratiquèrent pas mes coutumes, que l’homme doit pratiquer pour en vivre, et ils profanèrent mes sabbats. Alors j’eus la pensée de déverser ma fureur sur eux et d’assouvir contre eux ma colère, au désert.
22 Mais je retirai ma main et j’eus égard à mon nom, et je fis en sorte qu’il ne fût pas profané devant les nations aux yeux desquelles je les avais fait sortir.
23 Mais encore une fois, je levai la main vers eux, au désert, pour jurer de les disséminer parmi les nations et de les disperser dans les pays étrangers.
24 Car ils n’avaient pas pratiqué mes coutumes, ils avaient rejeté mes lois, profané mes sabbats, et leurs regards s’étaient attachés aux ordures de leurs pères.
25 Et j’allai jusqu’à leur donner des lois qui n’étaient pas bonnes et des coutumes dont ils ne pouvaient pas vivre,
26 et je les souillai par leurs offrandes, en leur faisant sacrifier tout premier-né, pour les frapper d’horreur, afin qu’ils sachent que je suis Yahvé.
27 C’est pourquoi, parle à la maison d’Israël, fils d’homme. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Yahvé. En cela encore vos pères m’ont outragé en m’étant infidèles.
28 Et pourtant je les ai menés au pays que j’avais juré solennellement de leur donner. Ils y ont vu toutes sortes de collines élevées, toutes sortes d’arbres touffus, et ils y ont offert leurs sacrifices et présenté leurs offrandes provocantes ; ils y ont déposé leurs parfums d’apaisement et versé leurs libations.
29 Et je leur ai dit : Qu’est-ce que le haut lieu où vous allez ? Et ils l’ont appelé du nom de Bama jusqu’à ce jour.
30 Eh bien ! dis à la maison d’Israël : Ainsi parle le Seigneur Yahvé. Est-il vrai que vous vous souillez en vous conduisant comme vos pères, en vous prostituant en suivant leurs horreurs,
31 en présentant vos offrandes et en faisant passer vos enfants par le feu ? que vous vous souillez avec toutes vos ordures jusqu’à ce jour ? Et moi, je me laisserais consulter par vous, maison d’Israël ? Par ma vie ! oracle du Seigneur Yahvé, je ne me laisserai pas consulter par vous.
32 Quant au rêve qui hante votre esprit, il ne se réalisera jamais ; quand vous dites : « Nous serons comme les nations, comme les tribus des pays étrangers, en servant le bois et la pierre. »
33 Par ma vie ! oracle du Seigneur Yahvé, je le jure : c’est moi qui régnerai sur vous, à main forte et à bras étendu, en déversant ma fureur.
34 Je vous ferai sortir du milieu des peuples et je vous rassemblerai des pays étrangers où vous avez été dispersés, à main forte et à bras étendu, en déversant ma fureur ;
35 je vous mènerai au désert des peuples et je vous y jugerai face à face.
36 Comme j’ai jugé vos pères au désert du pays d’Égypte, ainsi je vous jugerai, oracle du Seigneur Yahvé.
37 Je vous ferai passer sous la houlette et je vous amènerai à respecter l’alliance ;
38 je séparerai de vous les rebelles, ceux qui se sont révoltés contre moi, je les ferai sortir du pays où ils séjournent, mais ils n’entreront pas au pays d’Israël, et vous saurez que je suis Yahvé.
39 Et vous, maison d’Israël, ainsi parle le Seigneur Yahvé : Que chacun aille servir ses ordures, mais ensuite, on verra si vous ne m’écoutez pas ! Et vous ne profanerez plus mon saint nom par vos offrandes et vos ordures.
40 Car c’est sur ma montagne sainte, sur la haute montagne d’Israël — oracle du Seigneur Yahvé — que me servira toute la maison d’Israël, toute entière dans le pays. C’est là que j’accueillerai et que je rechercherai vos offrandes, le meilleur de vos dons et toutes vos choses saintes.
41 Comme un parfum d’apaisement, je vous accueillerai, quand je vous ferai sortir du milieu des peuples ; je vous rassemblerai des pays où vous êtes dispersés, je serai sanctifié par vous aux yeux des nations,
42 et vous saurez que je suis Yahvé, lorsque je vous ramènerai sur le sol d’Israël, au pays que j’ai juré solennellement de donner à vos pères.
43 C’est là que vous vous souviendrez de votre conduite et de toutes les actions par lesquelles vous vous êtes souillés, et vous éprouverez du dégoût pour vous-mêmes, à cause de tous les méfaits que vous avez commis.
44 Et vous saurez que je suis Yahvé, quand j’agirai envers vous par égard pour mon nom, et non pas d’après votre mauvaise conduite et vos actions corrompues, maison d’Israël, oracle du Seigneur Yahvé.
Lire la suite:Ezéchiel, Chapitre 21
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 j) Juillet-août 591.


5 k) Dans un geste de serment.


9 l) Ici, la longanimité de Yahvé pour son peuple, en dépit de ses péchés, est expliquée par le seul motif de l’honneur du nom divin.


25 m) La théologie primitive attribue à Yahvé les institutions et les déformations dont les hommes sont en réalité responsables. Ézéchiel semble viser ici le commandement d’offrir les nouveau-nés (Ex 22.28-29), dont les Israélites donnèrent souvent une interprétation d’un matérialisme scandaleux, cf. Lv 18.21.


29 n) Jeu de mots. Yahvé demande « Qu’est-ce que le haut lieu (habbamah) où vous allez (habba ’îm) ? » D’où le nom de Bama.


35 o) L’expression désigne le désert de Syrie.


37 p) Comme le berger fait passer devant lui ses brebis pour les compter, cf. Lv 27.32 ; 34.1.


À la différence du livre de Jérémie, celui d’Ézéchiel se présente comme un tout bien ordonné. Après une introduction, 1.3, où le prophète reçoit de Dieu sa mission, le corps du livre se divise clairement en quatre parties : 1° les chap. 4-24 contiennent presque uniquement des reproches et des menaces contre les Israélites avant le siège de Jérusalem ; 2° les chap. 25-32 Sont des oracles contre les nations, où le prophète étend la malédiction divine aux complices et aux provocateurs de la nation infidèle ; 3° dans les chap. 33-39, pendant et après le siège, le prophète console son peuple en lui promettant un avenir meilleur ; 4° il prévoit enfin, chap. 40-48, le statut politique et religieux de la communauté future, rétablie en Palestine.

Cependant, cette logique de la composition dissimule de sérieuses failles. Il y a de nombreux doublets, ainsi 3.17-21 = 33.7-9 ; 8.25-29 = 33.17-20, etc. Les indications sur le mutisme dont Ézéchiel est frappé par Dieu, 3.26 ; 24.27 ; 33.22, sont séparées par de longs discours. La vision du char divin, 1.4 – 3.15, est interrompue par celle du livre, 2.1 – 3.9. De même, la description des péchés de Jérusalem, 11.1-21, fait suite au chap. 8 et coupe manifestement le récit du départ du char divin qui, de 10.22, se continue en 11.22. Les dates données dans les chap. 26-33 ne se suivent pas. Ces maladresses sont difficilement imputables à un auteur écrivant son ouvrage d’un seul jet. Il est beaucoup plus vraisemblable qu’elles sont le fait de disciples travaillant sur des écrits ou des souvenirs, les combinant et les complétant. Le livre d’Ézéchiel a donc eu, dans une certaine mesure, le sort des autres livres prophétiques. Mais l’égalité de la forme et de la doctrine nous assure que ces disciples nous ont gardé fidèlement la pensée et, généralement, la parole même de leur maître. Leur travail rédactionnel est surtout sensible dans la dernière partie du livre, 40-48, dont le noyau remonte cependant à Ézéchiel lui-même.

D’après l’état actuel, Ézéchiel a exercé toute son activité parmi les exilés de Babylonie entre 593 et 571, les dates extrêmes données par le texte, 1.2 et 29.17. On s’est étonné que, dans ces conditions, les oracles de la première partie paraissent adressés aux habitants de Jérusalem et que parfois Ézéchiel ait l’air d’être corporellement présent dans la ville, surtout 11.13. On a donc émis l’hypothèse d’un double ministère d’Ézéchiel : il serait resté en Palestine et y aurait prêché jusqu’après la ruine de Jérusalem en 587. C’est seulement alors qu’il aurait rejoint les captifs de Babylonie. La vision du rouleau en 2.1–3.9 marquerait la vocation du prophète en Palestine, celle du char divin, 1.4-28 et 3.10-15, marquerait l’arrivée chez les exilés. Le transfert de cette vision au début du livre en aurait changé toute la perspective. Cette hypothèse sert à répondre à certaines difficultés, mais elle en soulève d’autres. Elle entraîne de sérieux remaniements du texte, elle doit admettre que, même pendant son ministère « palestinien », Ézéchiel vivait ordinairement en dehors de la ville, puisqu’il y est « transporté », 8.3, et il est curieux que, si Ézéchiel et Jérémie ont prêché ensemble à Jérusalem, ni l’un ni l’autre ne fasse allusion au ministère de son confrère. D’autre part, les difficultés de la thèse traditionnelle ne doivent pas être exagérées : les reproches adressés aux gens de Jérusalem servaient de leçon aux exilés et, lorsque Ézéchiel paraît être dans la Ville Sainte, le texte dit explicitement qu’il y est transporté « en vision », 8.3, comme il en est ramené « en vision », 11.24. L’hypothèse d’un double ministère ne garde que peu de partisans.

Quelle que soit la solution adoptée, la même grande figure se dégage du livre. Ézéchiel est un prêtre, 1.3. Le Temple est sa préoccupation majeure, qu’il s’agisse du Temple présent qui est souillé par des rites impurs, 8, et que quitte la Gloire de Yahvé, 10, ou du Temple futur, dont il décrit minutieusement le plan, 40-42, et où il voit revenir Dieu, 43. Il a le culte de la Loi et, dans son histoire des infidélités d’Israël, 20, le reproche d’avoir « profané les sabbats » revient comme un refrain. Il a horreur des impuretés légales, 4.14, et un grand souci de séparer le sacré du profane, 45.1-6. En qualité de prêtre, il réglait des cas de droit ou de morale, et son enseignement prend de ce fait un tour casuistique, 18. Sa pensée et son vocabulaire s’apparentent à la Loi de Sainteté, Lv 17-26. Cependant on ne peut démontrer ni qu’il s’en soit inspiré ni que la Loi de Sainteté dépende de lui, et les contacts les plus frappants se trouvent dans des passages rédactionnels. Il reste que les deux ensembles ont été transmis dans des milieux de pensée très voisins. L’œuvre d’Ézéchiel s’intègre au courant « sacerdotal » comme celle de Jérémie appartenait au courant « deutéronomiste ».

Mais ce prêtre est aussi un prophète d’action. Plus qu’aucun autre, il a multiplié les gestes symboliques. Il mime le siège de Jérusalem, 4.1 – 5.4, le départ des émigrants, 12.1-7, le roi de Babylone à la croisée des chemins, 21.23s, l’union de Juda et d’Israël, Ez 37.15s. Jusque dans les épreuves personnelles que Dieu lui envoie, il est un « signe » pour Israël, 24.24, comme avaient été Osée, Isaïe et Jérémie. Mais la complexité de ses actions symboliques contraste avec la simplicité des gestes de ses prédécesseurs.

Ézéchiel est surtout un visionnaire. Son livre ne contient que quatre visions proprement dites, mais elles occupent une place considérable : 1-3 ; 8-11 ; 37 ; 40-48. Elles ouvrent un monde fantastique : les quatre animaux du char de Yahvé, la sarabande cultuelle du Temple avec son grouillement de bêtes et d’idoles, la plaine d’ossements qui s’animent, un Temple futur dessiné comme sur un plan d’architecte, d’où jaillit un fleuve de rêve dans une géographie utopique. Ce pouvoir d’imaginer s’étend aux tableaux allégoriques que trace le prophète : les deux sœurs Ohola et Oholiba, 23, le Naufrage de Tyr, 27, le Pharaon-Crocodile, 29 et 32, l’Arbre Géant, 31, la Descente aux Enfers, 32.

En contraste avec cette puissance visuelle, peut-être comme sa rançon et comme si l’intensité des images étouffait l’expression, le style d’Ézéchiel est monotone et gris, froid et dilué, d’une indigence rare quand on le compare à celui des grands classiques, à la pureté vigoureuse d’Isaïe, à la chaleur émouvante de Jérémie. L’art d’Ézéchiel vaut par ses dimensions et son relief, qui créent comme une atmosphère d’horreur sacrée devant le mystère du divin.

On voit que, si par bien des traits Ézéchiel se relie à ses prédécesseurs, il ouvre néanmoins une voie nouvelle. Et cela est vrai aussi de sa doctrine. Ézéchiel rompt avec le passé de sa nation. Le souvenir des promesses faites aux Pères et de l’Alliance conclue au Sinaï apparaît sporadiquement mais, si Dieu a sauvé jusqu’ici son peuple souillé dès sa naissance, 16.3s, ce n’est pas pour accomplir les promesses, c’est pour défendre l’honneur de son nom, 20 ; s’il doit remplacer l’Alliance ancienne par une Alliance éternelle, 16.60 ; 37.26s, ce n’est pas en récompense d’un « retour » du peuple vers lui, c’est par une bienveillance pure, nous dirions une grâce prévenante, et le repentir viendra après, 16.62-63. Le messianisme d’Ézéchiel, d’ailleurs peu exprimé, n’est plus royal et glorieux : il annonce bien un futur David mais celui-ci ne sera que le « berger » de son peuple, 34.23 ; 37.24, un « prince », 24.24, et non plus un roi, pour lequel il n’y a pas de place dans la vision théocratique de l’avenir, 45.7s. Il rompt avec la tradition de la solidarité dans le châtiment et affirme le principe de la rétribution individuelle, 18 ; cf. 33. Solution théologique provisoire qui, trop souvent contredite par les faits, conduira lentement à l’idée d’une rétribution outre-tombe. Prêtre si attaché à son Temple, il rompt, comme avait déjà fait Jérémie, avec l’idée que Dieu est lié à son sanctuaire. En lui se marient l’esprit prophétique et l’esprit sacerdotal qui étaient restés souvent opposés : les rites – qui subsistent – sont valorisés par les sentiments qui les inspirent. Toute la doctrine d’Ézéchiel est centrée sur le renouvellement intérieur : il faut se faire un cœur nouveau et un esprit nouveau, 18.31, ou plutôt Dieu lui-même donnera un « autre » cœur, un cœur « nouveau », et mettra dans l’homme un esprit « nouveau », 11.19 ; 36.26. Comme pour la bienveillance divine qui prévient le repentir, on est ici au seuil de la théologie de la grâce, que développeront saint Jean et saint Paul.

Cette spiritualisation de toutes les données religieuses est le grand apport d’Ézéchiel. Quand on l’appelle le père du Judaïsme, on se réfère souvent à son souci de séparation du profane, de pureté légale, à ses minuties rituelles, et l’on pense aux Pharisiens. Cela est tout à fait injuste : Ézéchiel, comme Jérémie mais d’une autre manière, est à l’origine du courant spirituel très pur qui a traversé le judaïsme et débouche dans le Nouveau Testament. Jésus est le Bon Pasteur qu’Ézéchiel avait annoncé et il a inauguré le culte en esprit que celui-ci avait appelé.

Par un autre de ses aspects, Ézéchiel est à l’origine du courant apocalyptique. Ses visions grandioses préludent à celles de Daniel et il n’est pas étonnant que dans l’Apocalypse de saint Jean on retrouve si souvent son influence.

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