RÉFLEXIONS pour Jos 1:1-18
Dans les études bibliques contemporaines, on considère généralement que le livre de Josué constituait à l'origine la sixième partie du corpus que nous connaissons sous le nom de Pentateuque, lequel était en réalité un Hexateuque. Il aurait existé sous cette forme depuis sa rédaction pendant la captivité à Babylone, au VIe siècle avant notre ère, jusqu'à la réforme d'Esdras, au milieu du Ve siècle avant notre ère. Le premier chapitre du livre montre clairement qu'il constitue la suite du Deutéronome : ce dernier s'achève sur le récit de la mort de Moïse et de la bénédiction qu'il donne à son successeur, tandis que celui-ci commence par les paroles que Dieu adresse à Josué, chargé de poursuivre et d'achever l'œuvre commencée par Moïse.
Les chefs viennent et s'en vont, mais Dieu et la Torah qu'Il a donnée demeurent immuables. Ce n'est pas un hasard si Dieu n'appelle pas seulement Josué à la fermeté et au courage, mais lui désigne aussi le Livre de la Torah, le « Livre de la Loi », comme le fondement spirituel sur lequel le nouveau chef devra bâtir son ministère et toute sa vie. Dieu répète ici ce qui a déjà été dit dans le Deutéronome : la Torah doit rester sur les lèvres de l'homme de Dieu, « ne pas s'éloigner de sa bouche ». Il ne s'agit évidemment pas simplement d'apprendre le texte de la Torah par cœur et de le répéter sans cesse, même si, au temps de Josué et de la conquête juive de la Palestine, on savait retenir de très longs textes. L'essentiel est que la Torah rappelle constamment à l'homme les règles qu'il doit suivre dans sa vie quotidienne. Selon le dessein de Dieu, la Torah et ses commandements devaient devenir pour l'homme un impératif spirituel et moral intérieur, déterminant entièrement sa vie.
Josué, à son tour, rappelle l'œuvre de Dieu à tout le peuple, y compris aux tribus de Ruben et de Gad et à la moitié de la tribu de Manassé, qui avaient déjà trouvé leur terre à l'est du Jourdain et n'avaient aucun intérêt personnel à la conquête de la Palestine. Il en parle comme de l'œuvre de Dieu, donc comme d'une tâche nationale à laquelle tous doivent participer : devant Dieu, le peuple constitue en quelque sorte un seul corps spirituel, comme l'enseigneront plus tard les rabbins de l'époque postexilique. Ce n'est qu'en demeurant un tel corps spirituel uni que le peuple pouvait espérer obtenir la terre promise par Dieu à Abraham.
