RÉFLEXIONS pour 1Co 13:4-7 — le 18 septembre 2026

RÉFLEXIONS pour 1Co 13:4-7

Avant même la venue du Christ, on admettait communément que l'amour de Dieu et du prochain contenait toute l'essence de « la Torah et des Prophètes », comme on appelait alors l'Écriture sainte. Mais, dans le contexte de la révélation chrétienne, la notion d'amour s'est chargée d'un contenu différent, nouveau. Certes, l'amour — du moins au sens biblique — désignait déjà avant tout une attitude envers autrui qui consistait à ne lui vouloir que du bien et à agir avec lui pour son bien. L'amour biblique a peu à voir avec les sympathies ou les antipathies, avec le fait que notre prochain nous soit humainement agréable ou désagréable, ni même avec sa conduite. Même s'il se révèle être un ennemi, on ne doit ni le haïr, ni se venger de lui, ni lui rendre le mal, bien qu'il faille parfois l'arrêter lorsqu'il cherche à nuire à quelqu'un, et l'arrêter assez fermement. Mais, même dans ce cas, l'amour du prochain suppose la possibilité de lui donner une nouvelle chance de rétablir des relations normales avec ceux dont il était l'ennemi, pour peu qu'il existe quelque raison d'espérer un tel rétablissement.

Tout cela faisait partie des conceptions de la justice et de l'attitude du juste envers son prochain qui s'étaient formées avant l'époque chrétienne. Paul insiste sur le fait que tout ce qui vient d'être dit reste valable pour les chrétiens. Mais il va plus loin. Auparavant, la justice était une possibilité qui pouvait ou non se réaliser dans la vie d'une personne. Celle-ci pouvait ne pas atteindre la plénitude d'une vie juste ; tout ce qu'elle avait accompli sur le chemin de la justice gardait néanmoins son sens. Même sans pouvoir manifester la plénitude de l'amour, elle pouvait parfois se dire qu'elle avait progressé dans la bonne direction, obtenu certains résultats. Paul, lui, dit : tout cela est très bien, mais si l'on ne va pas jusqu'au bout, si l'on n'apprend pas à construire avec son prochain des relations d'amour, tout le reste ne vaut rien.

Car, dans le Royaume, seules les relations d'amour sont possibles. Si elles sont absentes, si l'être humain n'a pas appris à construire de telles relations avec son prochain, il ne peut entrer dans le Royaume. Non parce que quelqu'un veut le punir ou méprise ses acquis, mais parce que, sans cette capacité, il est impossible de vivre de la vie du Royaume. C'est pourquoi l'apôtre parle de l'amour, qui seul donne sens à tous les autres accomplissements : sans amour, l'être humain restera de toute façon en dehors du Royaume, avec tous ses acquis.