RÉFLEXIONS pour Ez 39:1-29 — le 16 septembre 2026

RÉFLEXIONS pour Ez 39:1-29

Parlant du combat universel que mène le Seigneur contre les forces du mal, le prophète Ézéchiel nous annonce l'essentiel dont notre espérance a besoin : Dieu vaincra. Ce sera une victoire complète et définitive sur le mal, et, au sujet du jour où elle s'accomplira, le prophète parle au nom du Seigneur : « Je ferai connaître Mon saint nom. » Ces paroles nous renvoient aussitôt aux derniers chapitres de l'Évangile selon Jean, où, dans Sa prière sacerdotale au Père céleste, le Seigneur Jésus dit : « J'ai manifesté Ton nom aux hommes », et encore : « Père, glorifie Ton nom. » Ces deux textes, la prophétie et son accomplissement, sont très étroitement liés, et toute la compréhension du chapitre 39 du prophète Ézéchiel n'est possible qu'en rapport avec la Cène et le dernier entretien du Christ avec Ses disciples. Le tableau apocalyptique du combat correspond non au déroulement extérieur des événements de la Semaine sainte, mais à leur tension spirituelle intérieure. La défaite des hordes de Gog annoncée par le prophète s'accomplit littéralement lorsque le Seigneur Jésus prononce ces paroles : « C'est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors. »

Après avoir dit que tout le peuple de Dieu participera à l'ensevelissement des forces du mal vaincues, le prophète énonce la volonté de Dieu au sujet d'un certain repas sacrificiel, et le sens de ses paroles ne peut manquer de nous frapper. Tout d'abord, ce repas, comme le combat contre le mal, a un caractère universel. Toute la création, y compris les oiseaux du ciel et les bêtes des champs, est invitée à y participer. Il ne s'agit pas simplement d'un sacrifice au Temple conforme aux prescriptions de Moïse et de Salomon. Toute la création y participe, et lors de ce repas sont consommés la chair et le sang, dont l'usage est pourtant catégoriquement interdit. En outre, le Seigneur dit de ce sacrifice qu'Il l'immolera Lui-même pour nous, tandis que les sacrifices de l'Ancien Testament sont au contraire immolés par les hommes pour Dieu. Il s'agit donc de quelque chose d'exceptionnel : non pas d'un sacrifice parmi d'autres, mais de l'unique Sacrifice.

Ses détails sont cachés au regard du prophète. Cela n'a rien d'étonnant, car l'Incarnation du Fils de Dieu est un événement trop incroyable pour que même des hommes doués spirituellement puissent le comprendre et l'exprimer avant qu'il ne se réalise. On peut encore moins attendre d'un prophète qui voit dans l'Esprit l'essence de l'événement, mais pense dans les catégories de sa propre expérience, qu'il parle de la Chair et du Sang du Fils de l'homme. Il voit et annonce néanmoins le Sacrifice du Seigneur, qui s'accomplit en relation avec Sa victoire.

Ainsi, selon la parole du prophète, la victoire de Dieu et l'établissement du Royaume du Descendant de David seront liés au Sacrifice que Dieu Lui-même offrira, ainsi qu'au repas auquel le monde entier est invité : toutes les nations qui verront le jugement de Dieu et toute la création. Presque à partir de ce moment, le repas deviendra l'un des symboles les plus répandus du Royaume des Cieux dans la tradition spirituelle d'Israël, tradition que suivra le Seigneur Jésus-Christ lorsqu'Il recourra si souvent à cette image.

Le chapitre s'achève par des paroles incroyables et inattendues, mais si ardemment désirées par les exilés, sur le retour des enfants du peuple de Dieu déportés et dispersés. Un demi-siècle avant le roi Cyrus et presque six siècles avant la Nouvelle Alliance, le prophète annonce que Dieu, qui a frappé et purifié Israël, le rassemblera de nouveau dans la Terre promise et ne l'abandonnera plus. Ici, comme dans tout le livre, le prophète revient au thème essentiel pour lui de l'individualité humaine et de la responsabilité personnelle. Contrairement à d'autres prophètes qui annoncent eux aussi qu'au dernier jour Dieu n'abandonnera plus Son peuple, Ézéchiel parle avec plus de précision : « Je ne laisserai plus aucun d'entre eux là-bas... parce que Je répandrai Mon Esprit. » Autrement dit, l'effusion promise de l'Esprit fera qu'aucun homme ne sera éloigné de Dieu, mais que Dieu sera proche de chaque homme. Une fois encore, nous voyons chez le prophète Ézéchiel l'annonce de cette incroyable proximité de Dieu qui sera accordée au jour de la Pentecôte.