RÉFLEXIONS pour Ga 2:19-21
Paul exprime simplement et brièvement l'essence de la vie chrétienne. Le christianisme est une vie avec le Christ dans Son Royaume, où nous partageons Sa vie au point qu'Il vit Lui-même, pour ainsi dire, dans notre cœur et que Sa volonté détermine notre vie non de l'extérieur, mais de l'intérieur. Cependant, la circoncision soulevait inévitablement une autre question : celle de l'observance de la Torah, à laquelle était précisément liée l'exigence d'une circoncision obligatoire pour les chrétiens. Les partisans de la circoncision demandaient probablement simplement aux nouveaux convertis s'ils comptaient suivre la Torah et, si oui, comment ils envisageaient de le faire sans se faire circoncire. La circoncision avait été prescrite dès Abraham ; cela ne se discutait pas.
Paul commence sa réponse en réfléchissant à ce qu'est, au fond, la Torah pour un chrétien. La justice ne vient pas de la Torah, mais du fait de la suivre. La Torah ne peut rendre l'être humain juste que s'il est sans péché ; or de tels hommes n'existent pas. On voit clairement ici le même problème que Paul décrit assez longuement dans une autre de ses lettres, l'Épître aux Romains : ici comme là, l'apôtre dit que la Torah tue ceux qui cherchent à la suivre. Non parce qu'elle serait mortelle en elle-même, mais parce que l'être humain déchu ne peut être libre du péché tant qu'il vit, alors que suivre sérieusement la Torah signifie devenir soi-même une Torah vivante, ne vivre que d'elle et de rien d'autre.
Mais c'est précisément ce que l'être humain déchu ne peut pas faire. Il tente de remplacer la qualité par la quantité, l'état de Torah vivante par l'accomplissement de nombreuses obligations religieuses, que l'apôtre appelle les « œuvres de la Torah », les « œuvres de la Loi ». Or ce chemin se révèle sans issue : aucune accumulation d'obligations religieuses accomplies ne transforme qualitativement l'état spirituel d'une personne. La loi du passage de la quantité à la qualité ne fonctionne pas ici ; la religiosité ne rend pas l'être humain spirituel. Si l'on peut atteindre la plénitude de la vie, c'est seulement par le Christ et dans le Christ ; tenter de reprendre l'ancien chemin, chercher de nouveau la justice dans la religion, c'est reculer spirituellement au lieu d'avancer.
