RÉFLEXIONS pour Rm 13:8-10 — le 6 septembre 2026

RÉFLEXIONS pour Rm 13:8-10

En parlant des relations qui unissent ceux qui vivent dans le Royaume, Paul revient aux paroles du Sauveur prononcées lors de la Cène et rappelle l'amour. L'apôtre est convaincu que la plénitude réside précisément en lui. En effet, tous les commandements ont finalement été donnés afin que celui qui les suit puisse faire le bon choix entre le bien et le mal ; l'amour suppose que ce choix a déjà été fait. C'est donc celui qui aime son prochain qui manifeste la plénitude de l'accomplissement de la Loi. Ici, l'apôtre revient manifestement au thème de la « Torah vivante » que doit devenir celui qui cherche le Royaume. Pour Paul, la « Torah vivante » n'est véritablement possible que là, car la Torah est pour lui une réalité tout à fait objective. À l'époque de Paul, on admettait généralement que la Torah existait dans le dessein de Dieu avant même la création du monde et que, dans l'histoire, elle avait seulement été révélée au peuple de Dieu, lui aussi conçu dès l'origine.

Cette conception n'est pas très éloignée de la vérité si l'on admet—et la Bible part précisément de ce présupposé—que la Torah décrit la dynamique objectivement existante des relations entre Dieu et l'homme, ainsi que ses lois. Dans ce cas, elle doit exister au moins depuis aussi longtemps que l'homme lui-même, et peut-être même plus longtemps, si l'on admet que cette dynamique était connue de Dieu dans tous ses détails avant même qu'Il ne crée l'homme, hypothèse tout à fait fondée. La Torah ne peut alors être réduite aux seuls commandements ou lois ; elle est avant tout relation, qu'il s'agisse de la relation de l'homme avec Dieu ou de sa relation avec son prochain.

Mais la plénitude de la relation avec Dieu comme avec le prochain est nécessaire et possible précisément dans le Royaume. L'amour dont parle Jésus, cet amour que le monde ne connaît pas mais dont le Royaume est imprégné, constitue la chair, la substance spirituelle, de telles relations ; tandis que la Torah, cette Torah intérieure dont on débattait tant à l'époque de Paul, en forme la structure. C'est seulement dans la Torah que la substance spirituelle dont se compose le Royaume trouve sa forme, et la Torah, à son tour, ne trouve que dans le Royaume la substance spirituelle qui lui permet de s'incarner. Cela se produit dans l'homme et par l'homme, car, dans le Royaume, chacun devient une « Torah vivante », comme le Sauveur Lui-même l'est devenu pour ceux qui cherchent le Royaume. C'est apparemment cette expérience de la vie du Royaume que Paul a en vue lorsqu'il dit que le jour se lève déjà et que le salut est proche. S'abstenir des excès ne paraît plus ici être même un effort ascétique, mais simplement un état naturel, aussi naturel que peut l'être la vie dans le Royaume.