RÉFLEXIONS pour Ez 18:1-32
Au chapitre 18, par la bouche du prophète Ézéchiel, le Seigneur s'élève une fois de plus contre l'idée humaine d'un héritage de la culpabilité et du châtiment du péché. Cette idée, si répandue et si compréhensible pour les hommes, rend Dieu semblable à nous-mêmes, car c'est nous qui ne distinguons pas les personnes, mais les jugeons par catégories. Dieu nous dit au contraire qu'Il établit Sa relation personnellement avec chacun de nous ; chaque personne prise séparément est jugée selon ses propres actes. Cette Révélation annonce la Nouvelle Alliance, dans laquelle les hommes entreront non pas par nations entières, mais chacun individuellement.
Le Seigneur en parle très en détail en examinant des cas concrets. Si le père est juste et le fils impie, le père a trouvé faveur auprès de Dieu, tandis que le fils périra dans ses péchés. Comme les Juifs refusent d'entendre cela ! Lorsque d'autres prophètes, et le Christ Lui-même, disent la même chose, cela provoque chez eux un accès de fureur. Voyez, nous avons eu de si merveilleux et saints ancêtres, et pourtant nous-mêmes serons jugés selon nos actes, sans réduction pour l'hérédité... C'est pour cela qu'ils haïssaient le prophète Jérémie, Jean le Baptiste et le Seigneur Jésus Lui-même. Il faut remarquer que nos exclamations convulsives sur la Sainte Russie s'inscrivent elles aussi souvent dans cette logique. Pourtant, la promesse du Seigneur d'accorder Sa faveur au juste, même si ses ancêtres étaient impies, est bien plus importante pour chacun de nous : elle s'applique à nous qui vivons dans l'espace post-soviétique bien davantage que la nostalgie d'une grandeur passée.
Mais le Seigneur ne se limite pas à ces déterminations généalogiques. Dans la seconde moitié du chapitre, Il proclame la grande Révélation de la miséricorde envers ceux qui se repentent. Le pécheur repentant sera accueilli par Dieu, et toutes ses transgressions, dit le Seigneur, ne lui seront pas rappelées. Et voici que retentissent ici pour la première fois ces grandes paroles : « Est-ce que Je désire la mort du méchant ?... N'est-ce pas plutôt qu'il se détourne de ses voies et qu'il vive ? » Cela est dit de chacun des hommes, car, comme le répète souvent la parole de Dieu, nous sommes tous d'une manière ou d'une autre coupables devant l'amour du Créateur. Mais Il veut le salut de chacun, même du pécheur le plus endurci. En même temps, le Seigneur parle aussi de l'autre face du principe de la responsabilité des hommes pour leurs actes : il faudra répondre du mal, et s'en repentir est nécessaire au salut. Aucun mérite ne couvrira les mauvaises actions ; seul un cœur contrit peut délivrer une personne.
Le chapitre 18 s'achève sur une exclamation douloureuse : la maison d'Israël refuse une telle miséricorde de Dieu, parce qu'elle ne veut pas assumer sa responsabilité ni se repentir de ses transgressions, comptant précisément sur ses mérites passés. Cela leur est refusé, comme à tous ceux qui viendront à Dieu. Dans les derniers versets, répétant une fois encore qu'Il ne veut pas la perte des hommes, mais veut qu'ils trouvent le salut, le Seigneur adresse au peuple cet appel : « Faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau... pourquoi mourriez-vous ? »
D'un côté, c'est un appel à changer de vie, à ce même repentir dont Dieu a dit qu'il effacerait toutes les transgressions ; c'est un appel à se rapprocher de Dieu de toutes les forces de son cœur. Et en même temps, cet appel paraît profondément ambigu, car il est difficilement possible de l'accomplir. Le Seigneur avait dit pratiquement la même chose, quoique en des termes un peu différents, peu auparavant par le prophète Jérémie, et le prophète s'était écrié avec amertume : « Un Éthiopien peut-il changer sa peau, et un léopard ses taches ? Alors vous pourrez faire le bien, vous qui êtes habitués à faire le mal » (Jr 13:23). Qui peut se faire un cœur nouveau et un esprit nouveau ? Même si le cœur d'une personne cherche le repentir, comment pourrait-elle arracher le péché de son propre être ? Ces paroles reflètent l'impasse tragique de l'époque et posent la question la plus importante : « Que faire, si cela est impossible aux hommes ? » Dans la seconde moitié du livre, le prophète Ézéchiel donnera une réponse à cette question en parlant de la venue du Christ et de la conclusion de la Nouvelle Alliance, lorsque Dieu Lui-même donnera à celui qui se repent un cœur nouveau et un esprit nouveau.
