RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mt 15:12-21

Tous les systèmes religieux les plus marquants — qui, notons-le, se sont formés dans des régions chaudes — comportent une notion de pureté rituelle et, inversement, de souillure. On entend habituellement par là, à vrai dire, la saleté: la sueur, la poussière qui s'y colle, la suie, et ainsi de suite. Tout cela donne à l'homme une apparence telle qu'il est indécent de se présenter non seulement devant le Très-Haut, mais même devant les autres. L'Ancien Testament ne fait pas exception, bien que l'accent de la notion biblique de souillure se déplace sensiblement vers le domaine moral.

Le Christ ne rejette pas les notions mêmes de souillure et de purification. Mais, dit-il, ce ne sont pas des choses extérieures et accidentelles qui te rendent indigne du regard du Tout-Puissant, mais ce qui s'accomplit dans ton propre cœur. À l'hygiène de la chair, il oppose une sorte d'hygiène de l'esprit: ce ne sont ni la saleté ni la suie qui souillent l'homme — l'homme lui-même, selon la parole d'Abraham, n'est que poussière et cendre —, mais le fait de pratiquer activement le mal. C'est cela qui altère le dessein de Dieu sur le monde, c'est cela qui défigure la créature.

Il est naturel que nous en soyons scandalisés, comme les pharisiens, car il nous est bien plus commode d'établir une propreté extérieure que de nous libérer du mal dans notre propre cœur. C'est un point de contrôle essentiel de la vie spirituelle: ne préfères-tu pas l'apparence à la réalité?

Mais, entre autres choses, les paroles de Jésus-Christ dans l'Évangile d'aujourd'hui sont une révélation importante sur le Père. Jésus explique aux disciples et à nous-mêmes que le Tout-Puissant regarde l'essence des choses. Si tu essaies sincèrement d'aider ton prochain, c'est ce désir lui-même qui compte aux yeux de Dieu, et non la faiblesse de sa réalisation, car dans ce cas il supplée lui-même à ta faiblesse. Mais si tu commets une vilenie, elle demeure une vilenie aux yeux de Dieu, si respectable que puisse être sa forme extérieure.