RÉFLEXIONS pour Is 26:19
Le thème de la résurrection universelle apparaît assez tôt dans la prédication prophétique. Isaïe de Jérusalem en parle déjà, semble-t-il, assez clairement. Quant à l'existence après la mort, heureuse ou malheureuse, les livres bibliques n'en disent pratiquement rien, et le peu qu'ils mentionnent repose non sur une révélation reçue par leurs auteurs, mais sur une expérience païenne antérieure à la Bible.
Cela n'a rien d'étonnant. Qu'est-ce donc, en effet, que cette existence après la mort longuement décrite, par exemple, dans les livres sacrés égyptiens et grecs? En fin de compte, c'est un état que l'on ne peut appeler une vie pleine que dans un sens très relatif. La conscience humaine se conserve certes dans l'état posthume décrit par ces sources: ce n'est pas le shéol biblique, ce monde des ombres où, à proprement parler, il n'y a aucune vie. Mais l'homme tel que Dieu l'a conçu et créé ne se réduit pas à la seule conscience, bien que la conscience de soi soit réellement le fondement de la vie spirituelle. L'homme est un être doté d'une nature aussi bien psychique que physique, et cette nature lui est nécessaire précisément pour une vie spirituelle pleine. La conservation de la seule conscience, même dans toute sa plénitude et sa clarté, ne suffit donc pas à une telle vie.
Et Dieu a révélé à son peuple qu'au terme du chemin ce n'est pas une existence après la mort qui attend chacun, mais la résurrection: ce retour à la vie dans toute sa plénitude transfigurée, la seule que l'on puisse tenir pour digne de l'homme créé à l'image de Dieu.
