RÉFLEXIONS pour Am 6:1-14
La lecture d'aujourd'hui décrit une situation bien connue de tout croyant. Il s'agit de personnes qui, ayant reçu de Dieu tout ce qu'elles possèdent, l'ont complètement oublié (v. 1-2, 8). Il leur semble qu'elles ont reçu ce qu'elles possèdent de plein droit, et que personne ne pourra jamais le leur enlever. Il semblerait que le monde entier vive ainsi. Peu de gens réfléchissent à savoir s'ils méritent ou non ce qu'ils ont, surtout si cela a été, comme on dit habituellement dans de tels cas, « acquis par un travail honnête ». Pour prendre conscience à quel point l'homme dépend de Dieu dans la vie quotidienne, il faut avoir avec lui des relations profondes et stables.
C'est précisément pourquoi Dieu ne rappelle pas ses bienfaits à ceux qui le connaissent peu ou ne savent rien de lui. Il n'a pas besoin de disciples qui le suivraient pour les mêmes motifs qui obligent un débiteur à tenir compte de son créancier, car de telles relations forcées n'ont rien de commun avec l'amour. Mais à son peuple, par le prophète, il le dit directement, en lui reprochant d'avoir oublié tout ce que Dieu a fait pour lui. Dieu rappelle qu'Israël est entouré de peuples qui le surpassent à tous égards, et que s'il n'a pas encore été effacé de la face de la terre, c'est seulement grâce à l'aide de Dieu, à laquelle le peuple ne pense pas du tout.
Pourquoi donc, dans ce cas, Dieu agit-il autrement? C'est précisément parce qu'il s'agit de son peuple. Car l'histoire du peuple juif est inséparable de la révélation qu'il a reçue: il s'est formé comme nation au temps de l'Exode, et sans l'intervention directe de Dieu dans l'histoire, ce peuple même n'aurait tout simplement pas existé. Dans de telles circonstances, oublier ses relations avec Dieu équivaut littéralement à la mort, et le Seigneur le rappelle aux habitants du Royaume du Nord par son prophète.
Nous n'avons pas ici devant nous le désir de reprocher l'ingratitude ou de rappeler d'anciens et d'actuels bienfaits, mais le rappel de ces relations sans lesquelles le peuple ne sera plus, sans lesquelles il disparaîtra tout simplement de la face de la terre. Et si Dieu reproche ici quelque chose à son peuple, ce n'est pas tant son ingratitude que le fait qu'il ait oublié les relations qui l'unissaient autrefois à son Dieu, le Dieu qui se souvient de tout, même lorsque les hommes seraient heureux de tout oublier.
