RÉFLEXIONS pour Jr 39:1-18
La prophétie s'est accomplie: Jérusalem est tombée, le roi a été emmené en captivité, et avec lui une partie considérable du peuple a été envoyée en exil. Ceux qui restent reçoivent la possibilité d'organiser leur vie quotidienne sous le pouvoir des occupants, et certaines mesures du nouveau pouvoir peuvent paraître non seulement humaines, mais aussi conformes aux normes de la justice sociale, car les pauvres ont reçu des terres et des vignes enlevées aux anciens propriétaires. Mais, pour une raison quelconque, on n'a pas envie d'en remercier les conquérants, car le morceau pris au voisin finit tôt ou tard par rester en travers de la gorge.
Maintenant Nabuchodonosor lui-même veille à la sécurité de Jérémie. Il semblerait que le prophète ait désormais toutes les possibilités de s'élever au-dessus de ses compatriotes, et s'il était réellement le traître pour lequel on le prenait, il aurait su en profiter. Pourtant nous ne voyons de sa part aucune tentative d'utiliser la situation à des fins intéressées ou pour se venger de ceux qui l'ont offensé; bien plus, nous n'entendons pas non plus ses paroles immédiatement après la défaite. Sur la terre de Juda est suspendue une pause inquiète entre les anciens et les nouveaux malheurs; elle est venue aussi dans le ministère prophétique de Jérémie, mais grande est la profondeur de son silence.
