RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Ac 5:1-11

Nous autres humains sommes un peuple étonnamment inconséquent. Comme il nous fait peur de franchir la ligne après laquelle il n'y a plus de retour. Comme nous voulons nous garder une solution de rechange, un aérodrome de secours... Peut-être cela fonctionne-t-il dans la vie ordinaire, mais dans la vie spirituelle, comme le montre l'histoire d'aujourd'hui au sujet d'Ananie et de Saphire, nullement. Et maintenant il est assez facile de comprendre ce qu'avait de mauvais la « sagesse pratique » d'Ananie ; à plus forte raison en ce temps-là, où l'on ne cherchait pas la volonté de Dieu, mais où on la connaissait simplement et la voyait en soi, parce que l'Esprit les remplissait.

Cette histoire fut pratiquement la première tentative sérieuse du diable, tentative que nous comprenons aujourd'hui comme totalement vaine, de prendre sa revanche sur la Résurrection. Il avait déjà tenté de détruire de l'extérieur l'Église toute jeune, par l'intermédiaire de ces mêmes pharisiens et scribes qui lui sont si chers. Par ceux que le Christ accuse eux aussi d'inconséquence. Car s'ils avaient aimé le Seigneur et s'étaient appuyés sur lui de toute leur âme, et s'ils avaient été jusqu'au bout sincères dans leur foi, y compris dans leur foi aux paroles de Moïse, ils « m'auraient cru aussi, parce qu'il a écrit à mon sujet » (Jn 5:46). Mais il est plus commode pour eux, comme pour nous tous, de choisir comment croire et à quoi croire parmi ce qui est proposé, et ce qu'il faut laisser à notre propre discrétion.

Du reste, Dieu a de nouveau vaincu. Maintenant le Mauvais tente de faire s'effondrer de l'intérieur l'édifice fondé par son ennemi. Pourtant nous savons que « les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre » l'Église (voir Mt 16:18), même aujourd'hui, alors qu'elle est à bien des égards plus faible que la communauté des premiers apôtres. Et alors, au temps décrit dans les premiers chapitres des Actes, la force du Seigneur était si manifeste sur ses fidèles qu'un homme ayant laissé entrer en lui non l'Esprit du Seigneur, mais l'esprit du Mauvais, et prétendant pourtant participer au salut, ne pouvait tout simplement pas survivre : il est si physiquement impossible au péché de se trouver devant la face de Dieu. Nous, malheureusement, y parvenons déjà...