RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Mt 21:43-46

En poursuivant la discussion sur les paroles et les actes, dans la lecture évangélique d’aujourd’hui le Seigneur tire une sorte de conclusion de ce qui a été dit. Et Ses paroles sont si redoutables que les grands prêtres et les pharisiens cherchent à Le saisir et à Le détruire sur-le-champ, seulement pour ne plus les entendre. Puisque nous sommes tous, comme les grands prêtres et les pharisiens juifs, pénétrés de la logique de l’optimisme historique, il est tout aussi important pour nous d’entendre le Christ.

Un aspect est évident. Tout peuple, ou toute société, qui ressent ou prend conscience de sa vocation historique particulière n’a aucune raison de compter que tout lui sera pardonné pour cela. Au premier peuple porteur de Dieu dans l’histoire, les Juifs, il fut dit : « Je vous ai connus, vous seuls, parmi toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi Je vous demanderai compte de toutes vos iniquités » (Am 3:2). Ces paroles, comme celles de Jésus, « le Royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à un peuple qui en produira les fruits », dans l’Évangile d’aujourd’hui, s’appliquent à nous dans la mesure où nous nous considérons comme les élus du Créateur, participant à l’accomplissement de Ses desseins.

La mission d’être un peuple porteur de Dieu consiste à être prêt à ce qu’Il nous demande compte de toutes nos iniquités, et à consentir à Lui apporter les fruits du Royaume, c’est-à-dire à vivre selon les lois du Royaume, et non selon les « règles » de ce monde.

Il est clair que chacun de nous n’est pas également responsable des particularités de l’idéologie sociale. Néanmoins, l’optimisme historique nous est propre aussi au niveau quotidien. Nous espérons fermement que tout ira bien, et nous nous vexons contre le Créateur si des souffrances et des peines nous visitent. Ici aussi, les paroles mêmes de Dieu citées plus haut sont importantes : le fondement de l’optimisme historique personnel, comme de l’optimisme social, ne peut être que a) l’absence d’iniquités et b) le consentement à porter les fruits du Royaume. Or ce dernier implique la disponibilité à suivre le Christ par le chemin qu’Il te propose Lui-même : le chemin de la Croix.