RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Gn 39:1-23

La lecture d’aujourd’hui nous raconte l’épreuve qui échut à Joseph en Égypte. On pourrait croire que la vente même de Joseph comme esclave était déjà une épreuve; que pouvait donc ajouter à cela la prison égyptienne où Joseph se retrouva (v. 19-20)? Et pourtant, aussi paradoxal que cela paraisse au premier abord, c’est précisément elle qui devint pour Joseph la première épreuve vraiment sérieuse, même si sa situation en détention ne peut pas être qualifiée de très lourde (v. 21-23). Car c’est justement là, en Égypte, que Joseph dut pour la première fois traverser une ascension et une chute dans sa vie.

Devenu intendant dans la maison de son maître (v. 1-6), Joseph, tout en restant juridiquement esclave, avait en fait fait carrière et occupé dans la société une position dont n’importe lequel de ses compatriotes n’aurait pu que rêver, et cela dans un pays où auraient estimé heureux de vivre non seulement des nomades à demi sauvages, mais aussi les habitants de nombreux pays voisins pleinement civilisés. Perdre une telle place, et encore de la manière dont Joseph la perdit, était un véritable effondrement de vie.

Ce qu’il y avait de plus terrible et de plus destructeur pour la vie spirituelle de Joseph, c’est que ce qui lui était arrivé était non seulement immérité, mais s’était produit précisément parce que Joseph suivait fermement les normes morales qu’il considérait, semble-t-il, comme absolument immuables pour lui (v. 7-18). Il est peu vraisemblable qu’arrivé en Égypte, Joseph ait pu oublier le Dieu de ses pères; et même si le Décalogue n’avait pas encore été révélé par Dieu à son peuple, Joseph, comme tous ses parents, devait connaître certaines normes morales, et les connaître précisément comme données par Dieu et donc immuables. Et voilà qu’en suivant ces normes données par Dieu, Joseph, au lieu d’une récompense, se retrouve dans une prison égyptienne! Un tel retournement des événements pouvait faire douter n’importe qui non seulement de la solidité des normes morales, mais de l’existence même de Dieu. Car à cette époque, les hommes étaient convaincus que la bienveillance des puissances supérieures entraînait bien-être et prospérité, tandis que tout malheur était vu comme un signe de colère d’en haut.

Joseph devait donc affronter maintenant une crise spirituelle très sérieuse: il lui fallait soit revoir entièrement ces représentations traditionnelles de son époque, soit perdre la foi. D’un autre côté, en traversant la crise et en conservant sa confiance en son Dieu, Joseph accédait à un nouveau niveau de relation avec lui, qui ne dépendait plus des succès ou des échecs de la vie. Et, à en juger par le fait que Dieu n’abandonne pas Joseph en prison (v. 21), Joseph n’a pas perdu la foi en traversant la crise. Alors s’ouvrit devant lui, comme cela arrive d’ordinaire en de tels cas, l’étape suivante de son chemin spirituel et vital.