RÉFLEXIONS pour Za 8:19-23
Comme nous sommes habitués à voir le jeûne comme quelque chose de lourd et de sombre, qu'il faut traverser afin de se réjouir ensuite davantage de la lumineuse Résurrection du Christ. Même les vêtements des prêtres sont sombres et le voile du Temple est noir, funèbre. Bien sûr, le jeûne est une douleur. Mais, d'un autre côté, il nous est facile ici de tomber dans une attitude un peu enfantine envers le jeûne. Pâques n'est pas un bonbon qu'on donne pour bonne conduite pendant le jeûne. Mais le jeûne, dira-t-on, nous enlève tant de choses habituelles! Mais n'est-ce pas une joie de donner quelque chose par amour pour Dieu? Sinon, c'est qu'il est encore trop tôt pour jeûner. Car le jeûne, le jeûne lui-même, comme une très grande joie spirituelle, doit se mériter (le jeûne précisément, et non Pâques, car la joie pascale est donnée à tous, «à ceux qui ont jeûné et à ceux qui n'ont pas jeûné», comme il est dit dans l'homélie catéchétique de notre père parmi les saints Jean Chrysostome).
C'est probablement de cette joie même que parle le prophète Zacharie par ces mots: «le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième deviendront pour la maison de Juda une joie et une fête d'allégresse». Lorsque nous ressentirons précisément cela pendant le jeûne, si difficile que ce soit, alors nous aurons atteint quelque chose de vrai. Mais comment donc, dira-t-on, et la Croix, et les clous, et la lance? Oui, mais c'est pour la vie.
D'autre part, très souvent les gens disent qu'ils ressentent pendant le jeûne une vigueur particulière de l'esprit, puis Pâques arrive, et rien, sinon détente et fatigue, comme chez un coureur qui a parcouru un marathon. Il y a ici beaucoup de nuances subtiles.
