RÉFLEXIONS pour Mt 5:14
Dans le slavon d'Église, dans la traduction synodale, dans la traduction de l'évêque Cassien et dans d'autres traductions russes, il y a deux expressions différentes : lumière du monde et lumière pour le monde. Cette différence n'existe ni dans le grec, ni dans la Vulgate, ni dans les traductions en langues européennes modernes. Pourtant, ce point est très important pour nous, afin de comprendre correctement la lecture évangélique d'aujourd'hui. Nous voyons ici deux traditions spirituelles tout à fait différentes. Chacun est libre de choisir l'une ou l'autre, pourvu que ce choix soit conscient.
Mais cela ne nous empêche pas pour autant de nous tourner vers le sens général de ce qui est dit. Le mot principal qui vient à l'esprit lorsqu'on essaie de comprendre est sans doute : témoignage. « Nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu » (Ac 4,20). Nous ne pouvons que témoigner, rien d'autre ne nous est donné. Témoigner par la parole et par les actes. C'est précisément pourquoi Séraphim de Sarov disait : sauve-toi toi-même, et des milliers autour de toi seront sauvés. Et comme nous voudrions parfois qu'on nous conduise par la main au salut. Comme nous voudrions que notre père spirituel prenne sur lui la responsabilité de nos actes. Mais non. Les uns pour les autres, nous ne pouvons être que des témoins.
Et une autre chose vient à l'esprit en méditant sur le texte d'aujourd'hui. Souvenez-vous où l'on rencontre encore cette expression « lumière du monde ». « Les disciples lui dirent : Rabbi, il y a peu les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ? Jésus répondit : n'y a-t-il pas douze heures dans le jour ? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne trébuche pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde » (Jn 11,8-9) Réponse étrange. Comme si elle répondait à une autre question, mais il nous semble qu'elle donne beaucoup pour comprendre ce qu'est la lumière du monde.
