RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Mc 7:14-24

Les paroles du Sauveur disant que rien de ce qui entre dans la bouche ne peut souiller l'homme sont parfois interprétées comme s'il n'y avait dans le monde rien d'impur en soi, de sorte que rien ne pourrait nuire à l'homme, sauf ce qui sort de son propre coeur. Or Jésus explique précisément pourquoi rien de ce qui entre dans la bouche ne peut souiller l'homme : cela traverse l'homme, et se trouve ainsi purifié. Cette affirmation, étrange au premier abord, se révèle pourtant tout à fait logique si l'on garde à l'esprit la seconde partie de l'explication, où il est question de ce qui sort du coeur. Il est supposé que, si le coeur de l'homme cesse de vomir dans le monde tout ce que le Sauveur énumère, rien d'impur ne pourra le souiller.

Bien sûr, Jésus ne parle pas d'impureté au sens du péché, mais au sens où la Torah en parle, c'est-à-dire un état psychophysiologique et spirituel particulier, qui gêne la communion avec Dieu et fait obstacle à la sanctification. C'est en ce sens que certains aliments sont appelés impurs (non casher) dans la Torah. Ils ne sont pas mauvais en eux-mêmes, mais ils ne conviennent pas à l'homme qui veut vivre une vie spirituelle pleine.

Il en était sans doute ainsi avant la venue dans le monde du Messie, qui a apporté avec lui le Royaume. Un Royaume où les notions de pureté et d'impureté deviennent réellement sans pertinence, parce que la plénitude des relations avec Dieu y est tout autre, incomparable à ce qu'elle était auparavant.

Pour l'habitant du Royaume, la nature demeure la nature ; tant que l'homme n'est pas totalement transfiguré, sa physiologie reste ce qu'elle était auparavant. Seulement, elle n'exerce plus sur l'état spirituel de l'homme l'influence qu'elle exerçait autrefois. Le processus de la digestion n'intervient plus dans la vie spirituelle. À une condition : que le coeur soit pur et qu'aucune saleté n'en sorte. Comme cela doit être chez un habitant du Royaume.