RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Dt 32:26-52

Le destin du peuple sur la terre que Dieu lui a promise dépend de son état spirituel: tel est le message principal de l'hymne que nous trouvons dans la partie finale du Deutéronome. Si les événements extérieurs de l'histoire juive avaient toujours reflété l'état spirituel du peuple, il aurait perdu sa terre très vite, comme le dit l'hymne.

Ici retentit une vérité que nous connaissons bien par les livres du Nouveau Testament, et que les Juifs connaissaient déjà avant la venue du Christ: l'homme déchu, par définition, ne mérite rien de bon, non parce qu'il faudrait nécessairement le punir pour ses péchés, mais parce qu'il n'est pas capable de mériter quoi que ce soit. Pour mériter, il faut servir, servir Dieu, et Le servir comme il convient de Le servir. Autrement dit, il faut faire ce qu'aucun homme, dans l'état déchu, ne peut ni ne sait faire, et souvent, au fond de l'âme, ne veut même pas vraiment faire, bien que peu de croyants soient prêts à se l'avouer.

Le peuple de Dieu ne fait pas exception: il est de Dieu non en vertu de particularités nationales, ni parce que les lois du monde déchu ne s'appliquent pas à lui, mais parce que Dieu a à son sujet un plan particulier, qu'Il accomplit malgré tous les obstacles. Si le peuple peut rester quelque temps sur sa terre, c'est seulement parce que Dieu travaille avec lui sur cette terre, en essayant de faire de lui ce peuple-communauté qu'Il a conçu. Sans ce travail, la catastrophe connue sous le nom de captivité de Babylone aurait pu arriver beaucoup plus tôt.

Dieu ne punit pas le peuple pour ses péchés; le peuple se punit lui-même en se trouvant face aux conséquences de son choix et de ses actes. Dieu, au contraire, retarde autant que possible la venue des conséquences, mais seulement dans la mesure où ce retard s'inscrit dans Ses propres plans. Finalement viendra le moment où la formation du peuple-communauté exigera que le peuple rencontre face à face les conséquences de son choix spirituel, et alors la catastrophe éclatera.

Pour l'instant, au moment de la rédaction de l'hymne mentionné, des variantes sont encore possibles; il serait peut-être même encore possible d'éviter entièrement la catastrophe, mais à condition, bien sûr, d'un travail spirituel concentré et cohérent, dont parle le Deutéronome, comme toute la Torah dans son ensemble.