RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Nb 6:24-26

Le yahvisme connaît des bénédictions traditionnelles, prononcées par les prêtres pendant le culte à la Demeure ou au Temple, dans lesquelles le nom de Dieu retentissait nécessairement. À un certain moment, on se mit à les considérer comme des formules rituelles traditionnelles, mais à l'origine toutes ces bénédictions avaient leur sens et leur destination.

Telles sont aussi les bénédictions que nous voyons dans le livre des Nombres. Le rapport au nom sacré était, dans l'Antiquité, particulier en général : le nom par lequel Dieu se révèle à l'homme, si on le prononce, pensait-on, unit l'homme à Dieu. Les païens aussi voyaient les choses ainsi ; dans le monde païen, on attribuait souvent même des propriétés magiques aux noms sacrés.

Le yahvisme, lui, ne supposait aucune magie : il s'agissait de l'intention que l'homme adresse à Dieu en L'appelant par Son nom. Employer les noms sacrés n'importe comment, en passant, pour faire joli ou par habitude, est une violation du troisième commandement du Décalogue, et dans l'ancien Israël on le savait bien.

Qu'est-ce donc qu'une bénédiction ? Dans son sens initial, le mot hébreu correspondant signifie la transmission, par celui qui bénit, de sa force (habituellement surnaturelle) à celui qui est béni. En bénissant l'homme, Dieu lui donne Sa force, et les prêtres, en bénissant le peuple, lui souhaitent que Dieu, devant qui ils venaient de se tenir, leur donne Sa force.

Cette force peut garder et protéger, surtout si Dieu fait resplendir Son visage sur l'homme. Rencontrer Dieu face à face signifiait vivre l'expérience d'une communion personnelle avec Dieu ; une telle expérience a été connue en tout temps. Mais cette rencontre pouvait être pour l'homme non seulement joyeuse : car l'homme pécheur se présentait devant Dieu tel qu'il était, et l'issue de la rencontre pouvait être pour lui tout à fait inattendue.

C'est pourquoi, dans les formules rituelles traditionnelles, retentissent les paroles sur la paix et la miséricorde : l'une et l'autre étaient absolument nécessaires à l'homme pécheur pour que la rencontre avec Dieu face à face ne se transforme pas pour lui en malédiction au lieu d'une bénédiction.

Bien sûr, Dieu ne maudit jamais l'homme pour ses péchés, sinon personne n'aurait de chance de salut. Mais la rencontre avec Dieu se révèle toujours pour l'homme une épreuve aussi, et non seulement une joie ; et les bénédictions traditionnelles prononcées par les prêtres contenaient aussi une demande pour que la rencontre avec Dieu devienne pour les bénis non pas une perdition, mais un renouvellement spirituel.