RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Ap 22:6-21

La vision de Jean s'achève par les paroles du messager de Dieu, qui annonce à l'apôtre que tout ce qu'il a vu doit arriver «bientôt» (v. 6-7). Il insiste pour que Jean ne cache pas ce qui lui a été révélé, précisément parce que «le temps est proche» (v. 10). Bien sûr, il ne s'agit pas de délais concrets, dont Jésus Lui-même refusait de parler en indiquant qu'ils ne sont connus que de son Père céleste (Mt 24:36). Il s'agit d'autre chose: les temps sont venus où rien ne nous sépare du Royaume. Nous vivons à l'époque du Royaume qui vient; dans le monde ont déjà lieu ces processus spirituels dont le sens fut révélé à Jean lorsqu'il en vit l'achèvement. Après la destruction du Second Temple en 70 apr. J.-C., a commencé une étape historique que l'on peut considérer comme la ligne droite finale sur le chemin du Royaume. Mais combien de temps durera cette ligne droite finale, Dieu seul le sait, peut-être aussi parce que sa durée est déterminée non seulement par Lui, mais, dans une mesure non moindre, sinon plus grande, par les hommes eux-mêmes. Du choix de chacun dépend le temps qu'il faudra pour que vienne le jour où l'on pourra dresser le bilan. Ce n'est pas par hasard que Jésus rappelle de nouveau à son apôtre le choix entre le chemin de la justice et le chemin du péché, choix qui attend chacun et qui, maintenant, à l'époque du Royaume qui vient, n'est pas moins important qu'auparavant (v. 11-17).

Ce n'est pas par hasard non plus que le livre dit qu'il ne faut rien y ajouter, ni rien en retrancher (v. 18-19). En effet, chacun connaît les nombreuses interprétations du livre de l'Apocalypse qui, bien souvent, ne font que déformer son sens spirituel en ramenant tout à des «histoires effrayantes» dans l'esprit et le style du catastrophisme si répandu aujourd'hui dans la littérature et le cinéma. Ce genre de littérature, d'ailleurs, n'est pas apparu aujourd'hui ni même hier: les auteurs d'autrefois aimaient aussi effrayer le lecteur par des tableaux «apocalyptiques» terrifiants. Il existait beaucoup de littérature de ce type au temps où Jean reçut sa révélation, c'est-à-dire dans les années 80 ou 90 du Ier siècle apr. J.-C. Or de tels livres n'aident aucunement ceux qui les lisent à se préparer spirituellement aux événements dont parle l'Apocalypse; ils ne font qu'agiter et effrayer le lecteur.

La tâche principale de Jean, qui a consigné ce qu'il avait vu, était d'orienter spirituellement les fidèles et de les préparer aux nouveaux défis qu'ils allaient devoir affronter dans les temps où ils allaient vivre, temps de lutte et d'affrontement du Royaume avec les forces des ténèbres, lutte qui n'a pas toujours l'apparence spectaculaire montrée dans les thrillers mystiques, mais qui n'en cesse pas pour autant d'être moins sérieuse ou moins terrible. L'Apocalypse n'est pas une «histoire effrayante»; elle a été écrite pour devenir une carte et une boussole pour ceux à qui il importe de ne pas s'écarter du chemin qui conduit au Royaume et de ne pas se tromper sur ceux qui cherchent à empêcher les fidèles d'avancer vers le but.