RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Nb 2:1-34

Le camp des Juifs, tel qu’il est décrit dans le Livre des Nombres, n’est manifestement pas seulement un campement de nomades. C’est un véritable camp militaire, le camp d’une milice tribale prête au combat. Bien sûr, le peuple n’est pas devenu ainsi tout de suite: d’Égypte était sortie simplement une foule fuyant dans le désert et ayant échappé par miracle à l’anéantissement total. Cette foule ne pouvait être ni belliqueuse ni prête à la guerre.

Ici, dans le Livre des Nombres, nous avons précisément devant nous un camp militaire, où vivent des hommes prêts à la guerre et qui l’attendent. De tels changements dans le peuple n’ont pas pu se produire par hasard, d’eux-mêmes. Qu’est-il donc arrivé au peuple? D’un côté, on pourrait dire que la vie lui est arrivée. La vie dans le désert, parmi de nombreux dangers, où le lâche ne survit pas, où il faut apprendre à être courageux et combatif, ou mourir. Et la jeunesse avait grandi à ce moment-là, celle qui était née déjà dans le désert, après l’Exode. Elle ne tremblait plus à la pensée de la guerre, à l’idée qu’il faudrait prendre les armes et, les armes à la main, se frayer un passage vers cette terre dont ils avaient tant entendu parler par leurs pères.

Tout cela, ce sont des facteurs humains; mais il y en avait un autre, si visible dans la description du camp des Juifs. Ici, au centre, il y a Dieu. La Demeure. Le sanctuaire. C’est Dieu qui conduit Son peuple vers cette terre qu’Il a promis de leur donner. Tout le reste n’est qu’une conséquence. Dieu a fait sortir d’Égypte les descendants de Jacob. Dieu en a fait un peuple, à partir de cette foule qu’ils étaient lorsqu’ils fuyaient dans le désert.

Dieu conduisait dans le désert Son peuple en formation. Maintenant Dieu en a fait une armée qui pourra conquérir cette terre que Lui, Dieu, avait autrefois promise à Abraham. La primauté de Dieu, la conduite de Dieu se voient clairement dans l’organisation du camp militaire des Juifs. Il y a cependant ici aussi une composante humaine. Elle réside avant tout dans cette harmonie, dans cet ordre qui règne dans le camp. La Demeure est au centre, et autour se trouvent des rangs bien ordonnés.

Pour que les rangs soient bien ordonnés, la vie intérieure de ceux qui se tiennent dans ces rangs doit être elle-même ordonnée; autrement, l’ordre ne sera qu’extérieur, de parade, disparaissant aux premières difficultés. Cette structuration, intérieure et extérieure, est la composante humaine. Ici, le courage et l’esprit combatif ne suffisent pas; il faut cette intégrité intérieure, spirituelle, sans laquelle l’esprit combatif et le courage trahissent souvent ceux qui les possèdent. Le camp des Juifs donne précisément l’impression d’une telle structuration liée à l’intégrité intérieure. De ce qui est nécessaire pour conquérir la terre promise par Dieu.