RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Ac 21:27-22:30

Paul s'adresse maintenant à ses compatriotes depuis les marches de la forteresse romaine. Pour mieux comprendre la situation, il faut voir combien sa position est défavorable. Lui, accusé d'abandonner la loi de Moïse, est vu dans la ville en compagnie du «païen» Trophime; on l'accuse d'avoir profané le Temple, ce qui était puni de mort, et l'on veut le châtier. Notons que les chrétiens de Jérusalem issus des Juifs ne sont même pas mentionnés dans cet épisode; ils ne sympathisaient manifestement pas beaucoup avec la position de Paul. Mais le détachement du centurion romain, aux yeux des Juifs des envahisseurs et des occupants, empêche l'exécution de ce jugement qu'ils estiment légitime. Ils arrêtent Paul, assurant ainsi sa sécurité, et lui permettent de s'adresser au peuple.

Il serait tout naturel d'entendre de Paul une parole en défense du christianisme, le récit de sa rencontre avec le Christ, l'indication qu'il est légitime et juste pour un Juif de croire en Jésus, puisqu'Il est le Messie. Mais parler de la grâce faite aux païens et de leur appel à la vie éternelle, surtout pas ici ni dans cette situation, pas depuis la tour de la garnison de ces occupants! Les chrétiens de l'Union soviétique se sont sans doute trouvés dans une situation semblable lorsque, dans les territoires occupés pendant la Grande Guerre patriotique, les Allemands leur permettaient de rouvrir des églises dévastées par le pouvoir soviétique et d'apporter l'Évangile aux gens, par la faveur des ennemis. Paul accepte de respecter les sentiments de son peuple, de respecter ses vues et ses coutumes, comme nous l'avons vu dans la lecture précédente. Mais Paul ne peut pas renier les paroles du Seigneur Jésus ni sa vocation: porter aux païens et aux ennemis de son peuple le message du pardon des péchés et du salut par la foi dans le Christ.