RÉFLEXIONS pour Lv 18:1-30
Le Lévitique accorde une attention particulière à la question des normes et règles liées à l'observance du septième commandement, à ce que l'on appelle aujourd'hui d'ordinaire la morale sexuelle. Non parce que la société où il est apparu aurait été puritaine ou hypocrite, mais parce que le sexe est lié dans la vie de l'homme à bien plus de choses qu'on ne le pense d'habitude. Aujourd'hui, le sexe et la sexualité nous apparaissent le plus souvent comme quelque chose de strictement physiologique, quelque chose qui peut apporter des problèmes ou du plaisir, et parfois les deux à la fois.
Or le dessein initial de Dieu sur l'homme ne prévoyait pas pour lui le sexe comme quelque chose de purement physiologique et séparé de cette plénitude de vie à laquelle l'homme était destiné ; et Dieu n'a certainement jamais prévu que le sexe devienne pour l'homme quelque chose d'interdit, de honteux ou d'impur. La sexualité devait devenir l'un des instruments de construction des relations entre les hommes, un instrument très important du point de vue de la nature humaine et de l'union de deux personnes au niveau naturel.
Il ne s'agit pas seulement de physiologie : il s'agit de toute la nature humaine dans son ensemble. Ce n'est pas un hasard si l'énergie qui se manifeste dans la sphère sexuelle se révèle si universelle : elle peut se transformer pratiquement en tout autre type d'énergie physique ou psychique lié à la nature humaine. Il n'est donc pas étonnant qu'une vie spirituelle normale, pleine, et la sanctification de l'homme soient impensables sans l'implication de l'énergie sexuelle dans ce processus.
Une telle implication n'est toutefois possible que lorsque l'homme n'abuse pas de ses possibilités dans ce qui concerne la vie sexuelle et ne considère pas le sexe exclusivement comme une source de plaisir dont il peut disposer à son gré. C'est précisément vers cela que tend le septième commandement ; tel est son sens profond. Bien sûr, la protection des relations familiales et conjugales est ici également importante, mais elle n'est qu'un des éléments d'une tâche plus complexe et plus vaste.
Cette tâche elle-même consiste à impliquer la nature de l'homme dans le processus de cette transformation spirituelle et naturelle que la Bible appelle transfiguration. Le commencement de la transfiguration est la sanctification, ce changement partiel et habituellement temporaire de la nature humaine qui était possible avant la venue du Christ. C'est précisément cette tâche que le Lévitique a en vue en prescrivant une régulation assez stricte de la vie sexuelle.
