RÉFLEXIONS pour Dn 2:1-49
Le livre de Daniel ne décrit pas seulement la fidélité des fidèles ; il contient aussi des descriptions de visions, dont certaines peuvent être considérées comme prophétiques, et d’autres comme apocalyptiques. À première vue, il n’y a pas de différence essentielle entre les unes et les autres : car Dieu révélait souvent aux prophètes quelque chose de très important précisément dans des visions, comme ce fut le cas, par exemple, pour Ézéchiel ; mais les visions apocalyptiques ont leurs particularités, liées non seulement à leur ampleur, généralement supérieure à celle d’une vision prophétique.
Le fait est que l’apocalyptique est inséparable de l’histoire. Les visions apocalyptiques sont toujours liées à la révélation du Royaume ; mais le Royaume n’apparaît pas dans le vide, il entre dans un ordre des choses déjà existant, qui ne peut pas ne pas réagir, d’une manière ou d’une autre, à cette entrée. Et l’apocalyptique reflète l’expérience de la révélation qui décrit l’époque de l’avènement du Royaume dans son rapport à l’histoire antérieure. Bien sûr, l’histoire terrestre elle aussi est alors perçue avant tout sous son aspect spirituel, et non social, politique ou économique. Et elle se révèle à Daniel précisément ainsi : lui, comme tous les visionnaires, ne voit pas les événements historiques qui se sont déjà produits ou qui se produiront encore dans l’avenir, mais le dessein de Dieu sur le Royaume et sur le monde, y compris l’histoire mondiale. C’est précisément la révélation par Dieu de Ses plans et de Ses desseins, et non la prévision ou la prédiction d’événements futurs : ce n’est pas un hasard si les mages et les sages païens se montrent incapables de deviner ce que le roi a vu dans son songe, comme d’expliquer ce qui a été vu (v. 1-11).
Daniel, lui, n’est ni un devin ni un voyant ; il ressemble plutôt à un prophète, recevant une révélation de Dieu (v. 17-23). Il ne se distingue des prophètes que par le fait que la révélation qu’il reçoit concerne des événements futurs, et non proches ; il voit l’avènement du Royaume, qui est encore à venir, tandis que les prophètes, en règle générale, témoignaient soit d’événements dont ils étaient contemporains, soit de ce qui s’y rattachait directement. Mais le sens de la vision révélée par Dieu au roi (v. 26-36) ne devient pas moins clair pour Daniel parce qu’elle concerne des temps futurs (v. 37-45).
Aujourd’hui, il n’est pas simple de déterminer de quels « royaumes » il s’agit ; il s’agit sans doute de la Babylonie, de la Perse, de l’Égypte hellénistique et de la Syrie hellénistique, qui se sont succédé et ont dominé la Judée (il faut se souvenir que cette vision, comme toutes les autres décrites dans le livre de Daniel, furent révélées à son auteur ou à quelqu’un d’autre dont il décrit l’expérience, vers le milieu du IIe siècle). Le sens principal de la vision est que les royaumes terrestres sont remplacés par un autre Royaume, nouveau, fondé non par des hommes, mais par Dieu (v. 44-45).
