RÉFLEXIONS pour Lv 10:1-20
L’histoire du «feu étranger» est, à sa manière, révélatrice: elle montre une fois de plus clairement que, lorsqu’il s’agit du culte, il n’est pas seulement question de rituel. Il est question d’un espace sacré, et là, il y a ses lois et sa logique propres.
Même le simple fait de s’y trouver est soumis à cette logique. Nadab et Abihou voulaient, de toute évidence, offrir un sacrifice: le sacrifice prescrit, celui que les prêtres offraient sur ce même autel. Le résultat, lui, fut pour eux tout à fait inattendu et nullement conforme à ce qu’ils attendaient.
Extérieurement, tout donne l’impression que ces hommes ont violé une certaine norme qui n’autorisait le sacrifice qu’à certaines personnes, après des rites de purification et d’autres rites bien déterminés. En réalité, le problème se trouve avant tout chez ceux qui offrent le sacrifice eux-mêmes. Dans leur état spirituel. L’espace sacré, contrairement à l’espace ordinaire, réagit directement à l’état spirituel de l’homme qui y entre. Non pas, bien sûr, parce qu’il possède des propriétés magiques particulières, mais parce que le mode même de son existence est déterminé par la présence de Dieu directement, et non indirectement comme dans l’espace ordinaire du monde déchu. Si, d’ordinaire, dans le monde déchu, la réaction à l’état spirituel de l’homme est médiatisée ou n’existe pas du tout, dans l’espace sacré elle suit immédiatement, parce qu’ici l’homme, où qu’il soit et quoi qu’il fasse, se trouve face à face avec Dieu.
Tel est aussi le Royaume apporté dans le monde par le Sauveur: en lui, comme dans l’espace sacré, on se trouve à tout moment et en tout lieu face à face avec Dieu; et si nous ne subissons pas à chaque instant ce qui est arrivé à Nadab et Abihou, ce n’est que par la miséricorde du Roi de ce Royaume. Devant Dieu, tout est toujours sérieux: vérité dont la connaissance a coûté cher au peuple de Dieu.
