RÉFLEXIONS pour Lv 5:1-19
Parmi ce qui souille l'homme, le Livre du Lévitique mentionne entre autres le serment irréfléchi. Il s'agit d'une situation où l'homme a fait un voeu à Dieu sans penser aux conséquences. Comme, par exemple, le premier roi d'Israël, Saül : il fit voeu à Dieu, en cas de victoire sur l'ennemi, de lui offrir en sacrifice la première chose qui sortirait à la rencontre de Saül par les portes de sa maison ; or la première à venir à sa rencontre fut sa propre fille. C'est pour ce genre de cas qu'un sacrifice de purification spécial est prévu. On pourrait croire que la sottise n'est pas un péché dont il faudrait se repentir. Il arrive certes qu'on doive regretter les sottises commises, mais c'est déjà un autre sujet.
Pourtant, dans ce cas, le sacrifice de purification a un sens bien précis, et il n'est pas lié à l'expiation de la sottise humaine. Il s'agit plutôt de libérer l'homme du voeu qu'il a prononcé. Dieu, bien entendu, n'accepte pas les promesses de l'homme si leur accomplissement est lié à la transgression des commandements qu'il a donnés, et il n'a pas besoin d'un accomplissement du voeu qui viole sa volonté. Cependant, l'homme se sent souvent tenu d'accomplir le voeu prononcé coûte que coûte, comme Saül dans l'exemple mentionné.
Dans ce cas, il n'aurait guère fallu faire un voeu aussi indéterminé ; mais, même après l'avoir fait, il n'était absolument pas nécessaire de l'accomplir comme Saül décida de le faire. Pour Saül lui-même, pourtant, c'était évident : il fallait accomplir le voeu, sinon tout irait mal. Il y a là moins de foi que de superstition ; or c'est précisément la superstition qui pousse souvent l'homme à accomplir des actes « religieux » qu'il regrettera par la suite.
Le péché, dans ce cas, n'a pas commencé quand Saül s'est mis à insister pour sacrifier sa propre fille, ni même quand il a prononcé un voeu irréfléchi ; il a commencé avec l'attitude même de Saül envers le voeu comme envers quelque chose qui se suffit à soi-même et qui est séparé de Dieu, quelque chose qui agit par soi-même et qui peut s'abattre sur l'homme de toute sa force hostile si la promesse n'est pas tenue.
Voilà le paganisme à l'état pur, et c'est précisément de ce paganisme qu'il faut purifier l'homme. Cette purification est possible parce que l'homme ne reconnaît pas un voeu de ce genre comme quelque chose de païen ; s'il le reconnaissait, il est tout à fait possible qu'il n'aurait jamais fait un tel voeu. Il s'agit bien d'un péché involontaire, de ceux dont les conséquences peuvent être purifiées. À condition, bien sûr, de se tourner vers Dieu à temps.
