RÉFLEXIONS pour Ac 1:1-26
La lecture d’aujourd’hui nous raconte l’événement qui a précédé la Pentecôte: l’Ascension (v. 4-12). Au premier regard, il paraît plutôt triste que joyeux, car il s’agit de la séparation des disciples d’avec le Maître, ce qui, bien sûr, ne les enthousiasmait nullement. On aurait dit que tout ce que Jésus avait promis s’était accompli: Il était ressuscité d’entre les morts, comme Il l’avait annoncé, et les apôtres semblaient à peine commencer à s’habituer à la communion avec Lui dans cette nouvelle condition; quarante jours de rencontres constantes avec le Ressuscité, ce n’est pas peu, surtout compte tenu de la densité spirituelle de ces quarante jours (v. 1-3). Et voici qu’Il s’en va de nouveau, soudain: où? pourquoi?
La première pensée des apôtres fut naturellement celle du Royaume: le jour n’était-il pas enfin arrivé où le Royaume deviendrait pour tous une réalité indubitable, faisant irruption dans le monde avec autorité et évidente pour chacun? Car maintenant, leur semblait-il, il n’y avait vraiment plus rien à attendre; tout ce qui devait arriver était arrivé, d’autant plus que le Maître Lui-même n’avait parlé que de Sa résurrection, liant précisément à elle le triomphe du Royaume. Rien d’étonnant à ce que les apôtres posent à Jésus une question sur le Royaume: peut-être, maintenant enfin, le temps est-il venu (v. 6)? Peut-être le Maître s’en va-t-Il afin de revenir bientôt comme Roi triomphant du Royaume messianique? Et s’Il leur ordonne de retourner à Jérusalem (v. 7), n’est-ce pas pour qu’ils Lui y préparent un accueil solennel?
Rien d’étonnant non plus à ce qu’après la disparition de Jésus dans le nuage resplendissant de la gloire de Dieu (v. 9), les apôtres soient encore restés au même endroit, peut-être dans l’attente que le Maître apparaisse bientôt de nouveau. Seules les paroles des messagers de Dieu, confirmant l’indication donnée par Jésus Lui-même sur la nécessité d’aller à Jérusalem, les forcèrent à quitter les lieux (v. 10-12). Le triomphe du Royaume, qui semblait encore récemment si proche, si certain et si compréhensible, redevenait étrange, incompréhensible et, semble-t-il, même moins proche. Il ne restait qu’à retourner à Jérusalem, comme le Maître l’avait ordonné, et à attendre ce qui avait été promis.
