RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Lc 7:11-17

L'évangéliste Luc accorde une importance particulière aux guérisons accomplies par le Seigneur Jésus. Pour lui, en tant que médecin, peut-être mieux que pour d'autres, le caractère miraculeux de ces guérisons est visible et important. À plus forte raison la résurrection du fils de la veuve de Naïn ne pouvait manquer d'attirer son attention, et lui seul parmi les évangélistes en parle. Il est donc très important de lire attentivement son récit pour comprendre ce qui est essentiel pour l'évangéliste lui-même.

Luc parle du pouvoir du Seigneur Jésus Christ sur la mort, et nous voyons clairement le caractère divin de ce pouvoir. Les paroles du Christ résonnent comme un ordre : « Jeune homme, Je te le dis, lève-toi » (le slave « vostani » rend ici beaucoup plus précisément le sens du grec egertheti, qui est l'impératif de « ressusciter »). Il n'y a rien de commun ici avec ce que l'on appelait autrefois « galvanisation d'un cadavre » : le Seigneur ne commande pas simplement de se lever, mais de revenir à la vie depuis le seuil de la mort. En nous imaginant dans la foule qui entourait les funérailles, nous comprenons aisément pourquoi l'évangéliste souligne la crainte qui saisit tous. Dans cette résurrection, Dieu Lui-même entre dans notre vie, et l'évangéliste attire spécialement notre attention sur cela.

En lisant son récit, il est important de regarder de près certains détails. L'évangéliste dit que ce jeune homme était le fils unique de sa mère, qui était veuve. Par conséquent, avec sa mort, cette femme perdait tout. Non seulement son fils était mort, ce qui est en soi une tragédie indicible pour une mère, mais avec sa mort elle perdait tous ses droits et son statut. La femme, à cette époque, n'était pas un membre autonome de la société, comme c'est encore le cas aujourd'hui dans certains pays islamiques. Si elle n'était pas sous la protection d'un père, d'un mari, d'un frère ou d'un fils, elle n'était tout simplement pas considérée comme une personne. C'est précisément pour cette raison, notamment, que le Seigneur, du haut de la Croix, confie Sa Mère au disciple bien-aimé.

Et ici l'évangéliste Luc dit que le Seigneur eut compassion de la femme devenue sans soutien. Trois moments clés nous sont proposés par l'évangéliste : « terrible tragédie, Jésus eut compassion, ressuscite ! ». Ainsi, en même temps que Sa divinité et inséparablement d'elle, nous voyons dans le Seigneur ce qui nous est familier et que, pour cette raison, nous appelons humain. Les anciens théologiens de l'époque des controverses christologiques aimaient distinguer dans les actions du Christ le divin et l'humain. Ici nous voyons à quel point, en réalité, l'un est inséparable de l'autre.

Et, bien sûr, dans notre vie pratique, ce que fait le Christ a pour nous une immense importance. Le Seigneur ne se lance pas dans des explications, Il ne parle pas du sens purificateur de la souffrance ni de l'inévitabilité de la mort ; rien de semblable à notre « Dieu a donné, Dieu a repris » ne sort de Sa bouche. Car tout cela, ce sont des paroles qui ne peuvent consoler une femme en larmes. Que lui importent ces profondeurs théologiques... Jésus a pitié d'elle et de son fils, et Sa compassion renverse toutes les lois de ce monde. Car le jeune homme était sans doute malade de quelque chose, ou bien il y avait encore quelque autre cause « naturelle » à cette mort. Mais tout cela devient sans importance, parce que le Fils de Dieu a pitié de ces personnes et leur donne la vie. Au fond, c'est cela l'essentiel de l'Évangile, la Bonne Nouvelle de la miséricorde du Créateur.