RÉFLEXIONS pour Ez 37:21-28
Toutes les prophéties messianiques de l'époque de l'exil parlent du retour à venir du peuple sur la terre de ses pères. Ézéchiel ne fait pas exception : lui aussi prophétise un retour prochain, annonce que Dieu rassemblera Son peuple sur la terre qu'Il lui a donnée, accomplissant la promesse faite dès Abraham. Mais ce retour n'a jamais été un retour vers le passé. Ézéchiel, comme Jérémie, le savait : le peuple de Dieu n'a pas de chemin vers le passé, il n'a qu'un seul chemin, en avant, vers l'avenir.
Sans Dieu, l'avenir du peuple aurait pourtant pu devenir ce même passé, seulement à une nouvelle étape. Le territoire serait plus grand, le peuple plus nombreux, le pays plus riche, et, en général, tout serait plus abondant qu'avant l'exil, y compris l'honneur et le respect des voisins. Mais Dieu avait Son propre plan, quelque peu différent. Il savait qu'après l'exil, après avoir traversé toutes les épreuves et gardé la foi, Son peuple deviendrait plus nombreux et plus fort qu'auparavant. Mais ce n'est pas pour cela que Dieu ramène Son peuple sur la terre des pères. Il veut que Son peuple acquière une qualité spirituelle nouvelle. Elle est inséparable du Messie et du Royaume messianique, mais le rôle du peuple n'a jamais été, dans les plans de Dieu, purement utilitaire.
Il ne s'agissait pas, après avoir joué son rôle dans la perspective messianique, que le peuple juif quitte la scène historique. C'est bien ce qui s'est produit, en un certain sens, si l'on pense à la catastrophe de l'an 70 apr. J.-C., mais cela s'est produit non parce que Dieu l'avait conçu ainsi, mais parce que le peuple ne s'est pas montré pleinement à la hauteur de ce qui concernait le Messie et Son service. Même de ce point de vue, il est difficile de parler de châtiment : les occasions manquées, y compris, lorsqu'il s'agit d'un peuple, les occasions historiques, se transforment toujours ensuite en échec, et parfois en catastrophe.
C'est ce qui est arrivé au peuple juif. Et cela est arrivé précisément parce que, aux temps évangéliques, beaucoup se représentaient le Royaume messianique non comme les prophètes, y compris Ézéchiel, l'avaient vu, mais comme voulaient le voir ceux pour qui la vie spirituelle se réduisait à la vie religieuse. Il leur fallait un vainqueur triomphant des païens, qui rétablirait un État juif puissant et le rendrait plus fort encore qu'il ne l'avait été sous David et Salomon, à l'âge d'or de l'ancien Israël.
Jésus de Nazareth ne convenait pas à ce rôle. Il est mort et ressuscité, et à Sa place on en trouva d'autres qui, semblait-il, convenaient davantage. Lui n'a pas osé défier les Romains ; eux l'ont osé. C'est ainsi que la Judée périt et que Jérusalem fut détruite. Le Messie est venu, le Royaume s'est manifesté, et le peuple est passé à côté. Il a suivi un mirage, dont le chemin s'est révélé non pas un chemin de vie, mais un chemin de mort.
