RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour 1Tm 1:12-20

Paul illustre ses paroles sur la Torah, qui conduit les justes vers le Christ et dans le Royaume, par l'exemple de sa propre vie. Parlant de sa vie avant sa conversion, Paul reconnaît qu'il fut persécuteur des chrétiens, ce qui était évidemment connu de tous ceux qui connaissaient l'apôtre. Mais, selon ses propres paroles, il était alors aussi sincère qu'il le fut ensuite, après sa conversion au Christ, et il est devenu persécuteur des fidèles uniquement par ignorance (v. 12–14). Manifestement, pour l'apôtre, dans ce qui concerne la fidélité à la Torah, l'essentiel est la sincérité et la fidélité à ce que celui qui marche tient pour juste. Cela n'a rien d'étonnant: pour le juste importe avant tout l'intégrité spirituelle, qui se manifeste d'abord au niveau de la volonté, de la capacité et de la disposition à faire le bon choix, à prendre des décisions et à les suivre. Sans une telle intégrité spirituelle, une vie spirituelle normale est en principe impossible, tout comme, d'ailleurs, toute vie en général. Quant aux erreurs, à condition que la vie spirituelle soit normale, Dieu peut toujours les corriger en indiquant à celui qui cherche le bon chemin. C'est précisément ce qu'Il fit avec Paul, en lui arrangeant sur la route de Damas une rencontre avec le Ressuscité qui bouleversa toute la vie du futur apôtre.

Paul, manifestement, était spirituellement prêt à une telle rencontre. Il ne s'agit évidemment pas de dire qu'il attendait quelque chose de semblable: en ce sens, la rencontre avec le Ressuscité contredisait toutes ses vues et toutes ses convictions. Mais il était prêt en ceci qu'il se décida à s'en séparer dès qu'il lui devint clair où se trouvait désormais le chemin de la justice conduisant au Royaume. L'apôtre ne se fait aucune illusion sur son propre péché: il comprend parfaitement que la conversion au Christ, et même l'expérience du Royaume, ne l'ont pas rendu sans péché; aujourd'hui encore, des années après sa conversion, il continue à se dire pécheur, et il ne s'agit évidemment pas de ce qu'il faisait auparavant, lorsqu'il était persécuteur de l'Église, mais de ce qu'il se sait être maintenant, devenu témoin du Christ et du Royaume (v. 15). Mais il sait aussi autre chose, ce que savaient tous les justes de tous les temps: la justice n'est pas l'absence de péché, mais la capacité et la disposition à suivre Dieu et à témoigner de Lui malgré son propre péché. Pour Paul, témoigner de Dieu signifie bien sûr avant tout témoigner de sa rencontre avec le Christ et de l'expérience du Royaume qui lui fut ouverte lors de cette rencontre puis, plus tard, au cours de son ministère apostolique. Et il comprend évidemment parfaitement que, sans la participation directe du Sauveur Lui-même, rien de tel n'aurait existé ni n'aurait pu exister dans sa vie (v. 16). Paul montre par son propre exemple comment Dieu transforme un pécheur cherchant le chemin juste en habitant du Royaume.