RÉFLEXIONS pour Mt 6:16-24
Les recommandations sur la manière de pratiquer le jeûne sonnent avec une étonnante actualité, comme si deux mille ans ne s'étaient pas écoulés. D'ailleurs, en relisant l'Évangile, on se rappelle plus d'une fois ces mots: «le christianisme ne fait que commencer». Imiter la piété en observant un régime de carême avec une «mine de carême» s'est révélé beaucoup plus simple que de grandir spirituellement en traversant le jeûne. Mais il est vain de jouer la comédie devant Celui qui voit les véritables motifs de nos actes.
À ce qui est dit sur l'accumulation des trésors, il semble qu'il n'y ait rien à ajouter: chaque jour nous recevons bien des occasions d'observer comment tombe en poussière ce sur quoi les hommes essayaient de fonder leurs espérances. Pourtant, chaque jour nous tentons encore et encore d'accroître ces mêmes trésors terrestres peu fiables. Ils ne sont pas nécessairement des trésors au sens littéral; leur rôle peut être tenu par des bagatelles quotidiennes comme par des objets domestiques nécessaires. Mais même le nécessaire peut être transformé en idole qui cache Dieu. Et lorsque se dresse devant nous un choix tranchant: Dieu ou Mammon? il devient très facile, après avoir choisi Dieu en paroles, de Le renier par ses actes.
Si nous sommes vraiment avec Lui, Sa lumière habite en nous et éclaire notre chemin, nous empêchant de nous égarer sur les routes difficiles. Mais en nous éloignant de Lui, nous nous détournons aussi de Sa lumière, même si nous ne l'admettons pas tout de suite. Et alors, avec une vision spirituelle déformée, nous commençons à prendre les ténèbres qui habitent en nous pour de la lumière.
Mais si le mal qui se déguise en nous en lumière, et qui est donc «adouci», est monstrueux même sous cette forme affaiblie, que dire des ténèbres du mal à découvert, vers lesquelles nous risquons de nous diriger en nous détournant de la Source de la Lumière?
